Adriano Piccoli, entre crampons et politique

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Écumant les différentes pelouses du canton sous les maillots de Chênois, Carouge et Veyrier notamment, Adriano Piccoli se lance dans le grand bain de la politique à l’occasion des élections au Grand Conseil. Rencontre avec ce membre du PDC à quelques jours des élections.

 

 

Bonjour, Adriano. Pourquoi se lancer dans le grand bain de la politique ?

Bonjour. Pour la simple et bonne raison que la politique m’intriguait en tant que citoyen et que je suis curieux de nature. A mes débuts, je désirais mieux comprendre les enjeux politiques de notre canton en devenant membre d’un parti. Une meilleure compréhension des enjeux m’a donné l’envie de m’engager de plus en plus dans le but de partager mes idées au sein du groupement. Par la suite, mon investissement au sein des Jeunes Démocrates-Chrétiens (JDC) m’a permis de prendre des responsabilités en commençant par être trésorier puis vice-président. Après cela, les élections s’approchaient et mes collègues de parti m’ont poussé à présenter ma candidature au Grand Conseil genevois.

 

Bien connu par les spécialistes du football genevois, souhaites-tu obtenir la même notoriété dans les coulisses de l’Etat genevois ?

Si j’avais la même notoriété dans les coulisses de l’Etat genevois que dans le football des talus, j’aurais peu de chance de siéger au parlement. Blague à part, ce serait déjà un joli début pour mettre un pied dans le monde de la politique genevoise.

 

Comment parviens-tu à concilier les deux ? La politique te prend-elle beaucoup de temps ?

En effet, entre mes études, mes veilles de nuit et le football, la politique rajoute encore des obligations à mon emploi du temps. J’essaie un maximum d’être présent aux trois entraînements de la semaine mais au minimum deux car c’est un moment de la semaine où je retrouve mes potes du Veyrier-Sports… et j’ai également envie d’être sur le terrain le week-end.

Quant aux réunions politiques, il n’y en a pas tant que cela, c’est plutôt en période de campagne que la fatigue se fait ressentir car il faut être constamment visible et actif sur les stands durant la semaine et le weekend, sur les réseaux sociaux à longueur de journée et dans les soirées organisées par le parti. Tout cela prend du temps mais je ne le ferais pas si je n’en tirais aucun plaisir. Par contre, si j’ai la chance d’être élu, à ce moment-là, je devrai faire des choix.

 

En tant que footballeur, tu es connu comme quelqu’un de plutôt besogneux qui ne rechigne pas sur le travail et la répétition des efforts. Ces qualités te correspondent-elles aussi dans la vie de tous les jours et dans tes fonctions de représentant du peuple ?

Disons que ces qualités sur le terrain et à l’entraînement me correspondaient plus il y a quelques années en arrière. Par contre, aujourd’hui, dans la vie de tous les jours, cet investissement est le minimum que je dois donner si je veux, un jour, apporter mes idées au parlement.

 piccoli

Dans un monde où les politiques ne cessent d’être critiqués, ne crains-tu pas les railleries voire l’indifférence de la part des membres du football genevois ?

Au contraire, je pense que l’engagement politique d’un sportif pourrait motiver certains à faire usage de leurs droits civiques. En effet, si je désire accéder au parlement, c’est en partie pour défendre les intérêts du sport dans une politique où il n’est pas suffisamment pris en considération.

 

La violence est en constante augmentation ces dernières saisons sur et aux alentours des terrains. Qu’en penses-tu ? Quelles seraient tes solutions pour l’éradiquer ?

Je ne pense pas que la violence sur et aux alentours des terrains ait augmenté ces dernières années, au contraire, elle a diminué. Les derniers chiffres de la Swiss Football League le montrent, il y a eu un apaisement des cas de violence entre 2008 et 2013. Je pense plutôt que la prévention doit continuer à se faire à l’école et ceci à deux niveaux, chez les enfants et chez les parents.

Deuxièmement, les clubs de football ont récemment engagé des éducateurs pour les tout-petits dans le but d’avoir un apport pédagogique et pas seulement sportif. Ensuite, si l’on compare la violence en Suisse à nos voisins européens, elle reste passablement inférieure. Enfin, je dirais qu’on ne pourra jamais totalement endiguer la violence sportive mais il faut être capable de prendre les mesures adéquates pour la maîtriser un maximum.

 

Que préférerais-tu ? Une élection le 6 octobre ou une promotion avec le FC Veyrier-Sports en fin de saison ?

Question difficile. L’idéal serait les deux mais si je veux continuer à concilier le football et la politique, une montée en 2ème ligue inter prendrait plus de temps le week-end. Et puis, pour avoir joué plus haut, je dois avouer que le football régional m’apporte tout ce dont j’avais besoin : le plaisir du sport pour le sport et l’extraordinaire ambiance qui règne dans cette équipe de Veyrier. En clair, continuer à jouer en 2ème ligue et siéger au parlement pour soutenir le sport serait une combinaison idéale.

 

Que ferais-tu pour promouvoir le football genevois ?

Je pense que le football genevois a pris de l’ampleur ces dernières années notamment grâce à Proxifoot par le biais des articles et des prix décernés en fin de saison, ceci permet de donner de l’importance au football régional. Les associations jouent un grand rôle dans la promotion du football et il est nécessaire de les soutenir.

En terme de promotion, je souhaite apporter mon soutien au développement du sport-études pour les jeunes talents dans le secondaire et le post-obligatoire, mettre en place une organisation qui permet de suivre le programme scolaire actuel durant la matinée dans le but de laisser l’après-midi à une vraie formation sportive comme on le voit en Italie notamment. Enfin, plus globalement, on oppose trop souvent dans les politiques actuelles, le sport et la culture. Les investissements financiers ne doivent pas être réparti plus ou moins dans l’un ou dans l’autre domaine, l’Etat doit investir dans les infrastructures sportives comme elle le fait actuellement dans les infrastructures culturelles. Ce serait au bénéfice de toute la population genevoise et personne ne serait lésé.

 

 

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