David Joye : « Chênois, ça ne se refuse pas »

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L’ancien entraîneur d’UGS notamment prendra la place d’Angel Bua sur le banc des Trois-Chênes pour une « opération maintien » en 2ème ligue inter.

La trêve à peine entamée, les changements d’entraîneur continuent dans le foot genevois. Sans club depuis juin dernier et son départ d’UGS, David Joye débarque du côté de Chênois en lieu et place d’Angel Bua.

Le club des Trois-Chênes, en perte de vitesse depuis quelques années, espère retrouver son passé glorieux. Pour cela, le maintien en 2ème ligue inter – un seul point le sépare de la barre – est primordial et constitue la première étape. Ensuite, des aspirations plus grandes pourront peut-être avoir lieu.

Habitué à travailler sur le long terme, celui qui a passé près de 10 ans à UGS ne s’attendait pas à retrouver si rapidement un club, mais la proposition de Chênois ne pouvait être refusée. Joye a devant lui un joli défi dans un club qui possède toutes les infrastructures pour viser plus haut. Pour cela, il dispose d’un staff de confiance composé d’anciens joueurs de Chênois, club dans lequel il a évolué en étant que joueur dans ses jeunes années.

 

David, comment se sont passées les approches entre Chênois et toi ?
Les dirigeants, Bisetto, etc., je les connais depuis longtemps. Les premières discussions sont arrivées il y a à peu près un mois. Au départ, je me voyais plutôt dans un rôle de directeur technique ou directeur sportif, quelque chose un peu plus en dehors du terrain. Et de fil en aiguille, on en est arrivés à une situation où eux voulaient vite changer d’entraîneur. Ils ont pris cette décision dans l’urgence, qui s’imposait pour eux.

Est-ce pour un projet de 6 mois ou à plus long terme ?
Je n’ai pas l’habitude de bosser sur du court terme. Maintenant, c’est clair qu’il y a une étape qui est vraiment capitale pour le club, qui est de maintenir l’équipe en 2ème ligue inter. On va déjà y aller avec ça et après le but sera bien sûr de travailler sur du long terme. Mais la première étape, ce sont ces quatre mois de compétition du deuxième tour.

Tu as passé presque 10 ans à UGS, à plusieurs rôles mais principalement celui d’entraîneur de la première équipe. Te vois-tu également prendre racine du côté des Trois-Chênes ?
Dans le football moderne, prévoir c’est vraiment compliqué, donc je n’en sais rien. Aujourd’hui, des gens qui restent 10 ans dans des clubs, c’est vraiment très rare. Après, on sait pas de quoi demain sera fait. Comme je l’ai dit, j’aime bien travailler sur le long terme, mais le plus important d’abord c’est de sauver l’équipe.

Au mois de juin dernier, tu nous avais dit que tu voulais prendre un peu de recul après ton aventure à UGS.
L’année passée a été une saison vraiment éprouvante à tous les niveaux. J’avais le sentiment d’être arrivé à bout de souffle à la fin, j’étais « cramé ». Cela m’a vraiment fait du bien de passer tout l’été à faire autre chose que le foot. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’occupations et de centres d’intérêt. C’est clair que le foot reste toujours dans le coin de la tête. Après UGS, le but c’était d’avoir un club semblable. Il n’y a pas quinze mille clubs comme UGS. C’est vrai que Chênois fait partie de ces clubs à Genève qui ont une histoire, des installations et un certain potentiel, au niveau des juniors et des membres. Cela fait partie de ces jolis clubs. Je n’étais pas vraiment affamé de football mais c’est clair qu’une occasion comme ça qui se présente, ça ne se refuse pas.

Le football ne te manquait pas ?
J’ai pris du recul, ça m’a fait beaucoup de bien. Oui, ça me manquait mais c’était pas non plus une nécessité, j’en étais pas malade. Mais la possibilité s’est présentée : le projet, le challenge, le club et la possibilité peut-être de s’y installer. Il faut parfois prendre le train tant qu’il est là. C’est un joli défi.

Au niveau du contingent, de grands changements sont à prévoir ?
C’est clair qu’il faudra changer des choses. Dès maintenant, je vais commencer par appeler tous les joueurs qui étaient là, leur parler pour savoir comment ils ressentent la chose, comment ils voient leur premier tour. Après, et c’est ce que veulent aussi les dirigeants, il faudra amener du sang neuf. Donc je pense qu’il y aura des changements relativement importants. Il nous faut des joueurs qui apportent surtout au niveau de la mentalité. Au deuxième tour, il va falloir lutter et dans ces combats-là, ce ne sont pas seulement les qualités footballistiques qui font la différence, c’est souvent le coeur. Je ne connais pas l’état du groupe encore. Je ne sais pas encore comment vit l’équipe, ce sera à moi de sonder et ensuite d’apporter des modifications avec des joueurs que j’ai côtoyés et qui peuvent s’inscrire dans ce projet-là. Avant tout, il faut que ce soient des joueurs qui aient envie de jouer dans ce club, parce que Chênois, c’est un club qui doit donner envie. Le stade, des tribunes, les vestiaires… Les installations, pour un club de 2ème ligue inter, sont exceptionnelles.

Et au niveau du staff ?
Je retrouve Mirko Pagotto (ndlr : entraîneur des gardiens) avec qui j’ai l’habitude de travailler. J’ai travaillé quasiment 10 ans avec lui. Julien Baumann va me rejoindre dans le staff également. C’est un ancien gars de Chênois, il pourra parler de son vécu, de son expérience. Moi j’ai joué en juniors à Chêne, les gars de la buvette, je les connais, ils m’ont vu grandir. Pagotto aussi. On va essayer un maximum d’avoir des personnes comme ça. Aujourd’hui, c’est dur, les jeunes ne s’identifient plus vraiment au club.  Il me faut des joueurs qui ont l’amour du maillot.

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