Ex-UGS et Chênois, Yanis Cavaglia nous a quittés

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Le monde du football amateur franco-suisse perd un joueur emblématique. Un leader qui, sportivement et humainement, a toujours fait l’unanimité partout où il est passé.

« Un guerrier s’en est allé. Repose en paix Yanis… », tweetait Pascal Dupraz, actuel entraîneur de Toulouse. C’est en effet une triste nouvelle qui a secoué le football franco-suisse mercredi soir suite au décès de Yanis Cavaglia, 34 ans, des suites d’une grave maladie qu’il combattait depuis un an.

Ce défenseur robuste et impérial dans les airs, capitaine partout où il est passé en Suisse, était surtout connu de l’autre côté de la frontière, où il a été formé à Monaco avec notamment Plasil et Givet, avant de porter les couleurs de Beauvais, Trélissac, Gazélec Ajaccio, Croix-de-Savoie et ETG, où il a côtoyé Dupraz. En 2009, il traverse la frontière pour arriver à Colovray, où il porte pendant trois saisons les couleurs du Stade Nyonnais et se fait un nom également en Suisse, aux côtés de Fred Besseyre, Anthony Andreu ou Karim Chentouf, pour ne citer qu’eux. Jean-Michel Aeby, qui l’a coaché pendant une saison à Nyon, nous raconte son expérience à ses côtés : « Je l’ai eu une saison comme arrière central. Il était déjà à Nyon quand je suis arrivé, c’était un joueur important de l’équipe, un joueur confirmé. Il avait amplement le niveau Challenge League. C’était une personne respectueuse, très agréable, très assidue. Il avait plus d’expérience que les autres et était très rigoureux avec lui-même, très concerné par son physique car il était très affuté. Au niveau de la personne, il était apprécié de tous. 34 ans seulement, c’est terrible… ».

Après Nyon, c’est à UGS, en 1ère ligue, qu’il confirme son statut de patron, avant d’arriver à Chênois, en 2ème ligue inter, son dernier club. A chaque fois, c’était sous les ordres de David Joye, son dernier entraîneur, particulièrement touché par sa disparition : « Je l’avais eu à UGS et je l’ai fait venir à Chêne l’année dernière car je savais qu’il pouvait apporter ce qu’il nous manquait dans le vestiaire. C’était un leader, quelqu’un qui avait toujours le bon mot. En plus d’être un bon joueur, il était vraiment apprécié de tout le monde. Il arrivait à faire passer son message, autant auprès des anciens que des plus jeunes ».

Malheureusement, il ne joue qu’une demi-saison aux Trois-Chêne. A la fin du premier tour de la saison dernière, il avertit David Joye qu’il va faire des examens car il est « tout le temps fatigué ». Des examens qui se sont avérés plus graves que prévu et qui le contraignent à arrêter le football. « Je m’en rappellerai toujours, détaille Joye, quand il m’a annoncé la nouvelle, il a passé toute la discussion à s’excuser de ne pas pouvoir continuer avec l’équipe pour le deuxième tour. C’était incroyable à quel point il était pro. Et depuis, tout est allé très vite, dans le mauvais sens malheureusement. C’est quelqu’un qui a fait l’unanimité, partout où il est passé. C’était un sage, il a pris sa maladie avec beaucoup de sagesse, il ne nous en parlait jamais, il ne parlait que du sportif. Le mois dernier il me disait encore : « J’espère que le deuxième tour va bien se passer pour l’équipe, il faut continuer à se battre ». Il a gardé la tête haute jusqu’au bout ».

Par ces quelques lignes, la rédaction de Proxifoot adresse ses sincères condoléances à la famille et aux proches de Yanis.

Avec UGS, toujours capitaine, toujours en patron

 

L’hommage du journaliste et écrivain français Romain Molina :

 

Photos : OneClick-Photo et Shooting Foot

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