The Football Business Academy, l’université qui veut rendre le football plus éthique

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Lancée en septembre, The Football Business Academy veut continuer à se développer. Et souhaite attirer des candidats issus de la région genevoise.

« Une université du football ». C’est ainsi qu’on a tendance à surnommer les Masters liés au monde du ballon rond, très connus dans le milieu (Liverpool, Bruxelles, FIFA Master, Johan Cruyff Institute). Un petit nouveau est arrivé en septembre. Son nom ? The Football Business Academy (The FBA), et il a la particularité d’avoir son siège à Genève, même si la plupart des cours ne s’y déroulent pas.

Des Genevois à l’origine

A la base de ce projet, il y a des Genevois, footballeurs amateurs dans le canton par le passé. « Nous sommes actuellement 10 dont 6 Genevois, qui avons tous fait du foot dans des clubs de la rive gauche, à Saint-Paul, Coheran, Meinier, Geneva ou encore Etoile Espagnole », détaille Dorian Esterer, qui fait partie des fondateurs. Le Master a accueilli ses 10 premiers étudiants en septembre dernier, qui proviennent du monde entier : USA, Brésil, Inde, Colombie, Espagne, France, Angleterre, Italie… Et la Suisse ? « Il y a actuellement un étudiant lausannois, mais pas de genevois. Mais nous accueillerons notre premier élève genevois à la rentrée de mars et nous en sommes fiers », se réjouit le co-fondateur, qui attire également l’attention sur la présence d’une étudiante. « C’est très important pour nous d’avoir une étudiante. Le fait d’avoir également comme professeure Mayi Cruz Blanco, ancienne responsable du développement du football féminin au sein de la FIFA, est un énorme atout pour nos étudiants. Si on regarde les chiffres, les dirigeants dans le football restent majoritairement des hommes. L’un de nos objectifs est de contribuer à remettre la parité ».

Du côté du FBA, on espère que cela attirera d’autres étudiants de la région, tant Genève possède la particularité de réunir un nombre très élevé d’amateurs de football dans une petite superficie (16’000 licenciés à l’ACGF, à titre d’exemple). Mais y a-t-il besoin forcément d’être un mordu du ballon rond pour s’inscrire à cette formation ? Dans l’idéal, oui, contrairement à des organisations géantes comme l’UEFA ou la FIFA où être un fan de foot n’est pas vraiment un critère de sélection. Dorian Esterer sait de quoi il parle : « J’avais fait un stage à l’UEFA quand j’avais 18 ans. J’ai dit à l’entretien que j’étais un grand fan de foot, on m’avait dit qu’il ne fallait pas croire que c’était une entreprise de foot, mais une entreprise normale. Ce n’est pas mon avis. Moi je pense que quand on a un attachement au jeu, quand on connaît le terrain et les valeurs du football, c’est plus simple d’y travailler. Ce sera toujours difficile de corrompre quelqu’un qui est passionné, par exemple. Les nôtres sont en tout cas tous passionnés de foot ». 

Accent mis sur la pratique

Que propose de différent The FBA par rapport aux autres formations liées au monde du football ? « La personnalisation du programme », tranche Dorian Esterer, qui insiste sur le côté pratique du Master.  30 étudiants maximum seront acceptés par volée, ce qui facilite la proximité avec les professeurs. L’idée, c’est que chaque élève ait son mentor, un professeur qui va l’aider et le guider dans sa future carrière. « Nous sommes très orientés pratique, c’est nous qui trouvons les stages dans les clubs professionnels, fédérations ou sociétés liées au monde du football », ajoute le Genevois de 28 ans. Les professeurs, eux, sont tous issus de l’industrie du football : l’ancien Directeur Sponsorship du Real Madrid, le Directeur du Marketing du Borussia Dortmund, l’ancienne Directrice du Développement du Football Féminin de la FIFA, etc. Ainsi qu’un certain Jérôme Champagne. « Ces profs ne sont pas académiques, on préfère avoir des gens du terrain qui ont de l’expérience, c’est beaucoup plus intéressant ».

Concrètement, comment se compose cette formation qui dure 12 mois ? La semaine d’introduction est faite en partenariat avec l’entreprise Soccerex, qui est le premier forum ‘business to business’ dans le monde et qui attire plus de 3000 participants. « C’est une énorme plus-value pour les étudiants d’y participer. Pour la rentrée de mars, ce sera en Chine et on espère les Etats-Unis pour septembre 2018 », poursuit Dorian. Ensuite, les étudiants ont 2×10 semaines de cours en ligne, ce qui leur permet de travailler à côté et de payer la formation qui coûte tout de même une trentaine de milliers de francs, ce qui reste moins cher que ses concurrents. Ils ont ensuite quatre mois de stage et finissent les deux derniers mois à Genève, pour des cours au Stade de Genève et à l’Université de Genève. Et, cerise sur le gâteau, durant ces deux derniers mois, les étudiants se rendent dans six stades européens (‘field trips’) pour y suivre également des cours et assister à des matchs.

La première volée du FBA a pu rencontrer Juan Mata

Un premier bilan positif

Après trois mois de cours, le co-fondateur peut tirer un premier bilan positif : « Pour nous, ce qui était le plus important, c’est que nos étudiants soient satisfaits. Notre règle d’or, c’est que tous nos étudiants trouvent un travail dans le business du football à la sortie du Master. Les cours et les modèles de formation ont été mis en oeuvre dans ce sens-là. Là où on est satisfaits, c’est que nos étudiants sont déjà en train de trouver des stages pour la suite ».

Mais au fait, que représente un job-type dans le monde du foot ? Il n’y en a pas vraiment à proprement parler, tant les métiers du ballon rond sont divers et variés. Dorian Esterer s’explique : « Comme je le répète souvent, nous nous basons sur le modèle de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, dont je suis issu. Dans le monde du foot, on peut trouver de professions dans le marketing, sponsorship, gestion d’un stade, légal, community manager (réseaux sociaux), on peut créer sa propre société car on a aussi des cours d’entrepreunariat… la palette est très large. Il n’y a pas de métier-type. On ne touche pas au métier d’agent par contre, mais tout ce qui est administration dans le business du football ».

Mais à une période où le football connaît une crise sans précédent au niveau des instances et où la priorité doit être mise sur le jeu, les costards ne sont-ils pas mal vus autour d’un terrain ? « Absolument pas, se défend-il. Au contraire, cette période est un avantage pour nous. Pour régler les problèmes du foot comme le FIFAgate, le fair-play financier, l’attribution de la Coupe du Monde au Qatar… il n’y a qu’une seule solution, c’est l’éducation. Notre seul objectif, c’est de rendre le football plus étique et professionnel en formant les prochaines générations de manière propre. C’est ce qui manquait au football ».

Le Genevois conclut avec un exemple qui lui tient à coeur : « Prenez le cas de Genève. On a connu ou frôlé trois faillites en l’espace de 10 ans. On doit être la seule ville du monde qui a connu ça. Les Servettiens, nous avons eu malheureusement trois fois mal au cœur. Le Genevois devrait se rendre compte qu’il y a aussi un gros défi à relever ici : le Stade de Genève, le Servette FC… De par la situation sportive et économique qui a été connue ici, c’est un champ d’étude idéal. On attend des Genevois qui à l’avenir voudront s’investir au Servette, participer à son développement. Je pense que Didier Fischer le fait très bien, je suis persuadé qu’il va ramener le club au sommet ».

 

The Football Business Academy
the-fba.com

 





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