Yves Miéville : « Pour l’instant, on profite un maximum »

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Après un départ canon, Collex est co-leader du groupe 1 de 2ème ligue inter. Parole à l’entraîneur des Chevaliers. 

Une année après avoir assumé la lourde responsabilité de succéder à Pierre-Yves Liniger et ses 24 années à la tête du FC Collex-Bossy, Yves Miéville semble y avoir trouvé ses marques. Après une première saison qui a débuté difficilement, lors de laquelle le maintien semblait compliqué à la trêve hivernale mais a été brillamment acquis, les Collesiens sont co-leaders du championnat après six journées de championnat, après leur large victoire vendredi soir contre Amical Saint-Prex (4-0). Avec cinq victoires et une seule défaite, le bilan est exactement l’inverse que l’année dernière à la même période (une victoire, cinq défaites). Alors, qu’est-ce qui a changé ? Interview.

 

Proxifoot : Après six journées, vous avez cinq victoires et une défaite, alors qu’il y a un an, c’était l’inverse. Pourtant, le contingent n’a pas trop bougé. Qu’est-ce qui a changé ?
Yves Miéville : Il n’y a pas eu beaucoup de mouvements dans mon onze du départ du moment, à part les arrivées de Jung de Perly et Tupin de Champel. C’est simple : cette année, les joueurs ont fait une préparation complète, contrairement à l’année passée. On l’avait déjà vu l’hiver dernier. On a fait un super deuxième tour car la plupart des joueurs ont fait la totalité de la préparation hivernale. Physiquement, une préparation, ça change, ça c’est une certitude. Il y a aussi un état d’esprit et une complicité entre les joueurs depuis la fin du premier tour. Il a fallu un peu de temps pour que cela se mette en place et cela s’est déjà vu au printemps dernier, on a fait un second tour correct. Maintenant, cette saison on a eu beaucoup d’événements en notre faveur durant les matchs. Pour l’instant, on profite un maximum. 

Avec six buts en autant de journées, Jonathan Jung est un peu la belle découverte, n’est-ce pas ? Lui qui n’avait pas flambé à Perly la saison passée (2 buts).
Il était en concurrence avec Mboli à Perly et il a eu en plus des problèmes de genou. C’est un attaquant que j’avais repéré quand Perly avait joué contre nous l’année dernière. Je l’avais trouvé top et il se complète bien avec notre système de jeu. Il nous amène de la profondeur dans notre jeu, chose qu’on n’avait pas avant. Et il est efficace devant le but. 

L’hiver dernier, le maintien semblait un peu difficile. Quel était l’état d’esprit à la trêve ?
On croyait au maintien car on n’a jamais été très loin de la barre. Après, on a fait un super deuxième tour car on a gagné tous les matchs à la maison et on a fait quelques points à l’extérieur. On a quand même réussi à finir devant des équipes comme Bernex et Conthey, c’était une belle satisfaction. On n’a jamais rien lâché et moi j’ai toujours cru au maintien.

On a entendu que l’ambiance au sein du groupe a beaucoup changé par rapport à l’année dernière, c’est quelque chose que tu confirmes ?
L’année dernière, au premier tour, on a dû faire des choix de dernière minute peu fructueux avec des joueurs qui étaient disponibles tout de suite. Cette année, on a eu plus de choix, avec des joueurs qui correspondaient plus à l’état d’esprit du groupe et du club. Il n’y a pas eu de gros changements, c’est une construction qui a été faite sur le long terme.

Vous avez la meilleure attaque et la meilleure défense, où va s’arrêter l’équipe ?
Le plus haut possible (rires) ! Je sais bien qu’un jour ou l’autre, une claque on va se la prendre. On va essayer de jouer chaque match à 200% pour retarder l’échéance. En défense, j’ai deux anciens comme Canedo et Izquierdo, qui sont là depuis de nombreuses années, l’un a plus de 36 ans. J’ai deux latéraux qui progressent match après match, j’ai un gardien qui est un peu sorti de nulle part, il venait de descendre en 3ème ligue avec Champel et fait des super matchs. En attaque, j’ai des couloirs intéressants (Lhoneux et Schedler) et j’ai deux buteurs devant qui sont réguliers (Amide et Jung). C’est simple, il n’y a rien de compliqué, mais pour l’instant c’est efficace.

4-4-2, c’est un système qui te tient à coeur ?
Ce n’est pas ce qui me tient à coeur mais je m’adapte au profil des joueurs que j’ai. C’est sûr que si on a deux bons numéros 9, autant en profiter. Quelque part, cela pénalise nos milieux car la plupart des équipes jouent à trois milieux et nous à deux. On est en infériorité au milieu mais jusqu’à présent, on a réussi à combler ce manque. A la récupération du ballon, on se projette rapidement devant et c’est là qu’on pose des problèmes aux équipes adverses. On a beaucoup marqué comme ça.

Ce début de saison a-t-il changé les objectifs fixés avant le début du championnat ?
L’objectif premier, comme beaucoup d’équipes, ça reste le maintien. Après, si on peut jouer le haut du tableau le plus longtemps possible, on va le faire. Et s’il faut aller au bout, on ira. Tant qu’on aura cette stabilité et cette fraîcheur physique, je pense qu’on sera compétitifs avec les autres équipes du haut du tableau. Avant le championnat, je mettais Monthey, Servette et Olympique comme favoris. Sur le papier, il y a aussi des équipes intéressantes comme Veyrier ou Morges. Nous, pour l’instant, on a joué des équipes de bas de tableau, et aussi Interstar qui n’était pas encore prêt et qu’on a battu 7-1. Comme je l’ai dit, on a beaucoup d’événements qui sont en notre faveur en ce moment. Et je l’ai dit au groupe, ils en sont conscients. Et on en profite, quoi!

A titre personnel, comment te sens-tu à Collex ? Penses-tu à ton avenir ?
Je m’y sens bien. On est un peu comme la géographie du canton, on est à l’écart, on est tranquilles sur notre terrain. Personne ne vient nous embêter et je peux travailler tranquillement. Plus le temps passe, plus on s’y plaît. C’est un club familial, je savais où j’allais. Les installations sont magnifiques et l’ambiance est bonne. Et si on gagne, c’est encore mieux (rires) ! J’ai eu six premiers mois compliqués, mais maintenant c’est que du bonheur. Pour l’instant, je ne pense pas trop à l’avenir, je suis à fond dans ce que je fais. Mon objectif personnel est que l’équipe progresse. Le reste, je n’y pense même pas.

 

Photo : jlap.ch
 






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