Abdel Gasmi : « Nous serons l’équipe à battre »

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Le FC Versoix a terminé champion d’automne à l’issue de ce premier tour. Emmené par son duo Rabhi-Rugovaj (10 et 8 buts respectivement), le club nourrit de grandes ambitions pour la suite. Entretien avec l’entraîneur Abdel Gasmi, arrivé sur le banc cet été.

Avec 24 unités au classement, le FC Versoix a terminé en tête du premier tour de 2ème ligue. À sa tête : Abdel Gasmi, arrivé cet été pour succéder à Diego Sessolo, parti à Team Vaud M18 une semaine après sa nomination en remplacement de Samuel Singarella. Agé de 38 ans, Gasmi a entraîné plusieurs années à l’US Terre-Sainte, ainsi qu’au Meyrin FC, où il a d’ailleurs été champion suisse avec les Juniors A Inter. Sur le banc versoisien depuis cet été, le jeune entraîneur découvre, avec succès, l’élite du football genevois. Entretien sur ses ambitions et ses attentes.

Proxifoot : Vous vous y attendiez à être champion d’automne ?
Abdel Gasmi : En toute franchise, non. Lorsque j’ai pris l’équipe en juillet, je ne connaissais pas le niveau du championnat de 2ème ligue, ni réellement celui de mon équipe. Disons que c’est durant notre préparation estivale, au fur et à mesure des entraînements, et avec l’arrivée des joueurs qui revenaient de vacances, que j’ai vu le potentiel de mon équipe. Le match amical face à Lyon Duchère AS (3ème division française) m’a également conforté sur le niveau de l’équipe. On a joué à l’extérieur, contre la troisième garniture du club lyonnais, qui évolue en National 3 (5ème division française). On a fait 4-4, et l’on menait 4-2 jusqu’à la 80ème minute.

Mais quel était l’objectif au début de saison ?
L’an dernier, le FC Versoix a terminé au pied du podium. J’ai dit à mes joueurs qu’il fallait faire mieux, c’est-à-dire au moins être parmi les trois premiers. Après, avec l’effectif que j’avais sous la main, indéniablement on se montre ambitieux. L’an dernier, à la même période, le club avait obtenu 17 points au premier tour, et l’Olympique de Genève, qui avait terminé champion d’automne, en avait 23. Donc l’idée était d’arriver dans cette zone.

Et vous avez même fait mieux, puisque vous êtes seuls en tête avec 24 points…
Je suis très fier de mes joueurs et du travail accompli. C’est un très beau chemin parcouru. Après, nous ne sommes qu’à la mi-saison, mais c’est encourageant pour la suite. Ce titre de champion d’automne est honorifique, car il gratifie la discipline et le sérieux de mon équipe.

D’ailleurs, lors des quatre dernières saisons, trois fois le champion d’automne a terminé également vainqueur en fin de saison. Est-ce que cela vous rajoute de la pression ?
Non, mais nous sommes conscients que nous repartirons avec une légère avance par rapport à nos adversaires lors du second tour. Avec ce statut de leader, nous serons l’équipe à battre. Ceci dit, vous savez, au fond, l’objectif pour tous les coachs est, dans un premier temps, de décrocher le maintien. Le premier palier que nous devons rejoindre est à 28 points.

Revenons quelques mois en arrière. Vous êtes nommés « dans l’urgence » après la démission de Diego Sessolo, une semaine après sa nomination. Comment le FC Versoix vous a-t-il approché ?
C’est simple, on m’a appelé en me disant que le club cherchait un entraîneur. J’ai rencontré Simon Pidancet (ndlr : l’ancien président du FC Versoix), on a discuté et on s’est très vite mis d’accord. Le projet m’a vraiment tout de suite plu. Il faut dire que je ne plongeais pas dans un univers inconnu. Je connaissais en effet Bernard Ditzoff, l’adjoint de la première, ainsi que certains joueurs que j’avais entraînés auparavant. Sans oublier que j’habite à Versoix depuis maintenant près de quinze ans. Et surtout, j’étais sans club.

Vous avez découvert le championnat de 2ème ligue genevoise. Quelles sont vos impressions sur son niveau ?
Le niveau est bon. La plupart des équipes prennent des risques. Je pense notamment à Lancy, ou CS Italien, qui déploient du football offensif. Je suis un amateur de ce jeu-là. Après, j’ai aussi remarqué qu’il y avait plusieurs tendances. Certains clubs vont plutôt privilégier la contre-attaque, d’autres la possession du ballon. C’est un championnat qui propose chaque week-end un spectacle différent. Et je dois dire qu’il y a également de très bons joueurs.

Vous avez commencé timidement ce championnat, avec seulement quatre points lors des trois premiers matchs. Quelle a été votre recette pour enchaîner ensuite sur cette série de résultats positifs ?
Rien de très surprenant. L’équipe a énormément changé cet été. Après cette vague de départs et d’arrivées, il a fallu créer un groupe. Cela prend du temps, et c’est normal. Les joueurs ont dû également s’adapter à ma façon de travailler. Dans ce premier tour, deux matchs nous ont fait du bien. La défaite face au FC Grand-Saconnex, où l’on prend une gifle (5-2), et le match à Plan-les-Ouates, dans lequel on accroche un match nul dans les arrêts de jeu (3-3). Ces rencontres nous ont servi de tremplin pour la suite.

Rugovaj, lors d’une défaite à Grand-Saconnex

Ceci dit, vous avez fait trois matchs nuls, dont deux contre les derniers du classement (Onex et Veyrier). Comment expliquez-vous cette difficulté contre ces adversaires ?
Nous avons affronté ces équipes en tant que leader. Et c’est bien connu, lorsqu’on affronte le premier du classement, on se donne à 200%. Donc forcément, c’est toujours compliqué d’affronter les équipes de bas de tableau. Il n’y a pas de match facile.

Ombre au tableau, cette élimination en coupe genevoise face à Champel en 1/8 de finale. Au vu de votre effectif, comment justifiez-vous cette défaite face à un adversaire de 3ème ligue ?
Je crois beaucoup au destin. Le fait qu’on ait perdu en semaine face à Champel a eu l’effet de motiver davantage mes joueurs à affronter Aïre lors de cette dernière journée du premier tour (victoire 3-2). Pour ce qui est de ce 1/8 de finale, nous sommes passés complètement à côté du sujet. Cela arrive, et c’est humain. Mais, encore une fois, cette défaite a dynamisé mon équipe.

L’occasion de faire un doublé championnat-coupe s’est envolée…
Nous allons être concentrés sur un seul objectif, le championnat. C’est peut-être un mal pour un bien.

Ce premier tour a été marqué par l’avalanche de buts inscrits par Rabhi et Rugovaj (10 et 8 buts). Que répondez-vous à ceux qui résument vos victoires à votre duo d’attaquants?
C’est réducteur, bien entendu. Après, je suis très content de les avoir dans mon équipe. Qui se priverait de la vitesse de ces deux-là ? Ce sont mes Flèches d’Argent (rires).

Ils représentent tout de même plus de 50% des buts inscrits par Versoix (18 sur 33)…
Les buteurs sont en vitrine. Mais il ne faut pas oublier que derrière, il y a toute une équipe qui travaille dur. Ne l’oublions pas, le football est un sport d’équipe.

Avec un tel premier tour, j’imagine qu’ils vont être approchés par des équipes blasonnées, et de rang supérieur. Resteront-ils au printemps ?
Aujourd’hui, ils sont avec nous. Je ne peux néanmoins empêcher que des équipes viennent les courtiser. Ce qui est certain, c’est que nous voulons les garder, pour continuer cette aventure ensemble.

Rabhi, 10 buts jusqu’à présent

Dans ce championnat très serré, quels adversaires redoutez-vous le plus ?
Sans arrogance, je ne crains aucune équipe. Je sais qu’au second tour, les cartes sont pratiquement redistribuées. Les points vaudront de l’or, et de belles batailles nous attendent. À mon avis, les cinq ou six premiers matchs seront déterminants pour nous. Et le mercato sera le premier signe annonciateur du second tour. À voir comment les équipes vont se renforcer.

Justement, en ce qui concerne le mercato, allez-vous vous renforcer pour le printemps ?
Oui, comme toutes les équipes. Après, c’est toujours délicat, car il ne faut pas perturber un groupe qui a triomphé. Le recrutement sera fait en fonction des besoins de l’équipe actuelle. Je ne peux en dire davantage. Nous observerons aussi comment les autres équipes vont opérer.

 






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