Personne ne les attendait à ce niveau la saison passée, jusqu’à cette déception en finale face à Dardania. Un tour plus tard, le FC Bavois II a confirmé : Invaincue, solide et sereine, la réserve bavoisanne domine le groupe 1 de 2e ligue avant deux chocs décisifs face à ses poursuivants directs, Bursins-Rolle-Perroy et Chavornay.
Qui aurait imaginé que la réserve du FC Bavois se retrouverait à seulement 90 minutes de réaliser l’exploit de monter en 2e ligue inter, au détriment de Dardania Lausanne ? Après un match aller aux Peupliers où le score aurait pu basculer en leur faveur, puis un retour où les Bavoisans menaient 2-0 après dix minutes, tout s’est malheureusement écroulé. Une désillusion immense venue conclure une saison pourtant exceptionnelle, où Bavois II n’était absolument pas attendu parmi les prétendants à la promotion.
« On ne va pas le nier, il y a eu de la déception au vu des deux matchs », a admis l’entraîneur Sacha Puntener. «En face, l’effectif était plus complet, plus étoffé. On n’est pas tombé sur une équipe de hasard. Mais au final, nous avons très vite tourné la page. Les joueurs ont pris conscience de la qualité du groupe et ont eu envie de revivre ce qu’on a vécu l’année passée». Et le coach des Nord-Vaudois a su transformer cette frustration en moteur collectif.
Du côté des joueurs, le sentiment était le même, entre amertume et apprentissage. «Il y a eu beaucoup de déception, mais ça a surtout créé de l’expérience pour beaucoup de gars qui n’avaient jamais disputé de finales», a confié Benjamin Joao, présent dans le groupe depuis plusieurs saisons. « Avec le temps, on le prend du bon côté ».

Les Bavoisans étaient passés tout près de l’exploit en juin dernier face à Dardania Lausanne. Alain Schmitz.
Un nouveau départ
Après une saison pleine, il ne restait plus qu’à confirmer ce statut de candidat à la montée. Très peu de mouvement à l’intersaison : cinq départs pour cinq arrivées, avec l’intégration de jeunes talents comme Eliott Rossi ou André Ribeiro. Le groupe a ainsi gardé son ossature tout en injectant de la fraîcheur.
Malgré un revers d’entrée en BCV CUP face à Ecublens, formation de 3ème ligue, rien n’a perturbé la dynamique en championnat. « On est dans la continuité de notre deuxième tour de l’an dernier. Selon moi, le niveau était plus relevé que cette année, avec des équipes comme Nyon, par exemple, qui était très forte et qui est en reconstruction cette saison », a estimé Joao. « L’avantage, c’est qu’on n’est pas une équipe en reconstruction, mais un groupe qui se connaît et qui sait où il va ».
Lors des neuf premiers matchs, Sacha Puntener n’a quasiment jamais aligné le même onze de départ. Une preuve supplémentaire de la profondeur et de la cohésion du collectif, où chaque joueur tire à la même corde.
Une invincibilité à préserver
Avec huit victoires et un match nul, Bavois II est actuellement la seule équipe invaincue des championnats de 2e ligue. Une régularité impressionnante qui force le respect et soulève une question : qui pourra bien les arrêter ? L’équipe semble complète dans tous les secteurs. « Ce groupe a évolué. Il attaque différemment et défend beaucoup mieux qu’avant », a déclaré le coach. « L’année passée, on était l’une des meilleures attaques, mais aussi l’une des pires défenses. Aujourd’hui, on a trouvé un équilibre. Ça montre la progression du groupe ».
Seule ombre au tableau lors des précédentes saisons : les points laissés en route face aux équipes du bas de classement. Par exemple, les Nord-Vaudois se souviennent encore de Donneloye, relégué de 2e ligue en 2023-2024, contre lequel ils avaient perdu leurs deux confrontations de la saison. Cette saison, le problème a été corrigé : Bavois fait désormais le plein face à ces adversaires réputés piégeux.

La formation nord-vaudoise a passé un cap cette saison, avec plus de points récoltés contre les adversaires de bas de tableau. Alain Schmitz.
Place désormais aux deux chocs de fin de premier tour : BRP (3e) ce samedi 25 octobre et Chavornay (2e) le 1er novembre, pour un derby nord-vaudois qui s’annonce électrique.
« Ce sont deux belles équipes. On a un petit confort de six points sur Chavornay, le but est clair : garder cette avance », a affirmé calmement Puntener. « Mais on doit, et surtout on va, aborder ces matchs comme les autres, sans pression particulière ».
Benjamin João partage le même état d’esprit, avec une touche d’ambition. « Si on peut terminer le tour invaincus, ce serait déjà bénéfique pour toute l’équipe », a-t-il souri. « Après, rêvons plus grand : si on peut faire le même deuxième tour que le premier, je ne dis pas non ».
Des ambitions claires mais mesurées
Après avoir échoué aux portes de la montée, l’idée de viser la promotion s’impose naturellement. Mais du côté rouge et blanc, on préfère rester mesuré. « L’objectif du club, ce n’est pas forcément la montée », a précisé Puntener. « On veut d’abord faire les finales. Après, n’importe quelle formation qui arrive à ce niveau a envie de monter. Mais il faut garder en tête que la division supérieure a un coût, et la première équipe représente déjà un gros investissement. Cela dit, le président nous a toujours assuré de son soutien si l’occasion se présentait».
Rien n’est donc encore joué, mais le ton est donné : Bavois veut revivre les émotions du printemps dernier, avec un effectif encore plus mûr et compétitif.
Des axes d’amélioration toujours présents
Même si tout se passe pour le mieux du côté nord-vaudois, quelques réglages restent à faire selon le technicien. « J’insiste sur le fait qu’on doit mieux maîtriser nos matchs dans le jeu », a détaillé le coach, fidèle à son exigence. « L’objectif, c’est de déplacer l’adversaire et faire mal quand il y a la possibilité. On travaille beaucoup sur la maîtrise de balle et sur le rythme à imposer au bon moment ».
La marge de progression reste réelle, mais elle s’inscrit dans une dynamique saine où le collectif passe avant tout.
Une collaboration solide avec la première équipe
Le Bavois II connaît une situation plutôt rare : être la réserve d’un club dont la première équipe évolue en Promotion League, le troisième échelon national. Ce contexte offre de réelles opportunités de progression aux jeunes. « La collaboration avec la Une est excellente. Depuis la saison passée, deux joueurs ont intégré le groupe : Romain Risse, qui rentre souvent ces derniers temps, et Gérard Alonzo, qui avait très bien commencé, mais pour qui c’est un peu plus dur actuellement », a expliqué Puntener « Nous-mêmes on prend très peu de joueurs de la Une, sauf s’il y a vraiment besoin de temps de jeu ».
Une configuration idéale pour entretenir l’ambition des jeunes et maintenir un niveau d’exigence élevé. L’équipe tourne, progresse, et nourrit la motivation de se montrer auprès du staff de la Une.

Sans le déclarer comme objectif principal, l’équipe de Sacha Puntener veut retenter sa chance en finale de promotion en fin de saison. Alain Schmitz.
Et maintenant ?
Bavois a tout pour réaliser une saison exceptionnelle. Pour le coach, la plus grande satisfaction ne serait pas seulement sportive. Au-delà des résultats, il retient surtout la progression collective, la cohésion du groupe et la mentalité affichée depuis plus d’un an. « Si des joueurs peuvent monter avec la Une, ça voudra dire que notre travail a été bien fait », a conclu Sacha Puntener avec le sourire. « Et si le groupe vit bien, alors oui, mon souhait serait de les gagner, ces finales ».
Le rendez-vous est pris : ce samedi 25 octobre à 18h à Bursins-Rolle-Perroy, Bavois II tentera de confirmer son statut de leader invaincu avant de défier Chavornay dans un derby qui s’annonce déjà bouillant. Une fin de premier tour qui pourrait bien valider la maturité d’un groupe ambitieux, solide et fidèle à sa ligne de conduite : progresser sans se brûler les ailes.
Photo de couverture : Alain Schmitz
