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A vous la parole : David Geijo

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Chaque semaine, une personnalité du football vaudois nous livre son point de vue sur une thématique de son choix. David Geijo, actuel directeur sportif du FC La Sarraz-Éclépens, a décidé de nous parler de ce rôle si important au sein d’un club amateur ainsi que du manque d’infrastructures.

Depuis 2016, David Geijo s’est imposé comme une figure importante du FC La Sarraz-Éclépens. Si le club a su trouver une réelle stabilité au cours des trois dernières saisons, c’est en grande partie grâce à l’ancien joueur de Baulmes. Actuellement en position de relégable, il est allé chercher Julien Marendaz, qui avait quitté le club à l’été 2025 pour les féminines du FC Thoune, afin de lui confier une mission maintien pour le second tour.

Un rôle complexe

Entre les clubs amateurs et ceux évoluant plus haut dans la hiérarchie du football suisse, la fonction de directeur sportif peut prendre des contours très différents. Une réalité que David Geijo connaît parfaitement et qu’il a tenu à rappeler, fort de son expérience sur le terrain comme dans les coulisses du FC La Sarraz-Éclépens.

Dans le football professionnel, le cadre est généralement bien défini et les responsabilités clairement délimitées. « Directeur sportif dans un club professionnel ? Pour moi, le rôle est uniquement dédié à la partie sportive : les discussions avec les joueurs, la gestion des arrivées et des départs lors des mercato, ou encore la construction de l’effectif », nous a-t-il expliqué. Une vision qui contraste fortement avec la réalité du football amateur, où la polyvalence est souvent de mise.« Dans le football amateur, le champ d’action est bien plus large », a-t-il poursuivi. « On échange évidemment avec les joueurs et les entraîneurs, mais il faut aussi s’occuper de nombreux aspects organisationnels ».

Au-delà de la première équipe et de ses plus fidèles soldats, comme Loïc Funcasta, le travail de David Geijo s’étend à la coordination générale entre tous les étages du club. @juanjo_creation

Planification du championnat, organisation des préparations estivales et hivernales, coordination entre les différentes équipes du club : le directeur sportif amateur se retrouve à jongler entre plusieurs casquettes. Une charge de travail parfois méconnue, mais essentielle au bon fonctionnement de la structure.
« Il ne s’agit pas uniquement de penser au terrain, mais aussi à tout ce qui gravite autour afin que les équipes puissent évoluer dans les meilleures conditions possibles », a-t-il souligné. Un rôle exigeant, souvent exercé dans l’ombre, mais déterminant pour assurer une certaine stabilité sportive et organisationnelle, surtout dans un contexte amateur où les ressources humaines et financières restent limitées.

Un déficit d’installations sportives

L’un des problèmes qui persistent du côté des Sarrazins concerne le morcellement des infrastructures. Voilà un défi supplémentaire de taille dans le quotidien de David Geijo. La gestion des terrains et des créneaux d’entraînement représente un véritable casse-tête, d’autant plus pour un club qui compte plusieurs équipes à différents niveaux.

« À La Sarraz, nous ne sommes pas gâtés, mais nous ne sommes clairement pas les seuls clubs à souffrir de ce manque d’infrastructures », a-t-il tempéré. « Les jours et les horaires des entraînements doivent être planifiés avec beaucoup de rigueur. Nous n’avons pas qu’une seule équipe à gérer et je dois m’assurer que chacune puisse s’entraîner correctement sur l’un des sites disponibles, de la première équipe jusqu’à l’école de foot ».

Le terrain principal du Centre sportif En Gravey est souvent ménagé pendant la semaine pour assurer la continuité des matchs. @juanjo_creation

Cette situation devient encore plus délicate lorsque les terrains sont utilisés de manière intensive sur plusieurs jours consécutifs. À terme, l’usure des surfaces et les aléas météorologiques finissent par impacter l’organisation sportive du club. « Lors du dernier tour, de nombreuses équipes ont vu leurs entraînements annulés en raison des conditions météorologiques. C’est évidemment frustrant, mais nous devons aussi penser à préserver les terrains pour les matches du week-end afin d’éviter de devoir les repousser indéfiniment ».

Une problématique qui renforce, selon lui, la nécessité d’investir dans des infrastructures modernes et durables. Convaincu des avantages qu’offre ce type d’installation, David Geijo plaide pour l’implantation d’un terrain synthétique. « Si cela ne tenait qu’à moi, La Sarraz disposerait déjà d’un terrain synthétique. Plus largement, je pense que chaque club devrait en posséder un, afin de pouvoir s’entraîner en continu, en extérieur, tout au long de l’année », a-t-il déclaré.

Une préparation écourtée

De mauvaises conditions météorologiques ou des infrastructures vétustes peuvent rapidement impacter la préparation d’une équipe. « Que ce soit en juniors ou en actifs, les clubs disposant d’un terrain synthétique ont un avantage sur leur préparation physique », a-t-il analysé. « En termes d’entraînements, ils peuvent rapidement retoucher le ballon, retrouver le rythme, et cela se voit dès la reprise : sur les résultats, la fatigue et la cohésion ».

Les conditions d’entraînement impactent considérablement le contenu d’une préparation pour les Rouge et Jaune. @juanjo_creation

« Le but n’est pas de dire aux joueurs : la préparation commence à telle date, puis de leur demander, pendant les trois semaines précédentes, de faire plusieurs fois le tour du village en courant par -1 degré », a-t-il poursuivi. «Ça ne va pas leur plaire. Le football reste un sport dont la caractéristique est le jeu avec le ballon. Si l’on doit rallonger la préparation par manque d’infrastructures, il est clair que pour attirer des joueurs, ce n’est pas toujours le plus simple».

En poste depuis 2016, David Geijo n’est toutefois pas près de quitter le FC La Sarraz-Éclépens. Déterminé, il compte bien surmonter ces obstacles et poursuivre le développement du club sur le long terme.

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