Luca Sciuto a l’objectif de devenir entraîneur professionnel. Le Genevois de 25 ans a commencé tard, mais a déjà accumulé des belles expériences à l’étranger. Portrait.
Il faut du cran, pour assumer vouloir faire carrière dans le monde du foot pro. D’autant plus sans y avoir encore mis un pied dedans, à 25 ans. Luca Sciuto en est conscient. Celui qui a découvert le rôle d’entraîneur sur le tard du côté d’Interstar, avant d’enchaîner avec des expériences en Angleterre et en Espagne, n’a toutefois pas froid aux yeux : “Je sais que je n’ai encore rien fait, mais je ne pense qu’à ça. Je rêve d’être entraîneur pro et je vais tout faire pour être à la hauteur de mes ambitions”. Portait d’un jeune homme ambitieux et audacieux.
Coach sur le tard
D’abord joueur, le Genevois a évolué à Chênois et à Interstar pendant ses plus jeunes années, sans ne jamais réellement accrocher : “J’avais même fait une pause pour jouer au basket”, se remémore amusé le principal intéressé. “À vrai dire, après une dizaine d’années passées à jouer, ça commençait à m’ennuyer”.
C’est une fois les crampons rangés que les choses ont basculé. Sans que cela ne soit initialement planifié. “Le président du CS Interstar de l’époque, Frédéric Simoes, était également mon prof de géographie”, explique Luca Sciuto. “Il m’a proposé de prendre une équipe de Juniors au club. Et j’ai accroché. Tout est parti de là”. Accompagné de Naïm Bekirov pendant une grande partie de son parcours au sein du club de Varembé, le jeune coach y a fait ses premières armes pendant plus de deux saisons. Jusqu’au premier tournant.
Déclic en Angleterre
“À l’été 2022, lorsque j’ai terminé mon école de commerce à Genève, j’étais en pleine réflexion quant à la suite de mes études”, raconte celui qui avait dans le même temps démarré la pré-saison avec des juniors A du CSI. “J’ai pensé que ça serait une bonne idée de partir étudier en Angleterre, la terre du football. Je m’intéressais notamment à la direction sportive des clubs de foot à ce moment-là. C’est d’ailleurs ce qui a motivé mon choix de filière universitaire”. Le Genevois s’envole ainsi pour Newcastle, où il démarre un cursus de quatre ans en management du sport à la Northumbia University.
Outre-Manche, Luca Sciuto donne d’abord la priorité à ses études. Lors de sa première année, il garde un pied dans le coaching, en se cantonnant toutefois à des cours extra-scolaires au sein de la Andrew Cartwright Football Coaching Academy de Sunderland. “Il me manquait tout de même la compétition, la préparation des matchs… C’était une expérience formatrice, mais j’étais parfois frustré par rapport à ça”.
Le jeune coach va trouver chaussure à son pied lors de sa deuxième année. “J’ai trouvé un poste d’analyste vidéo à Darlington, en 6e division. C’était une belle opportunité pour moi, d’autant plus que je n’avais jamais occupé un tel rôle. Je me souviens de mon premier match : j’arrive sur place et je découvre qu’en fait, je suis juste le caméraman. L’équipe gagne 1-0, devant 3.000 personnes, et je me rends compte que le football, là-bas, c’est autre chose. J’ai vraiment senti des fortes émotions sur ce premier match, ça a été comme un déclic. À partir de ce moment-là, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai assumé que je voulais devenir coach”.
Au sein du club situé à quelques kilomètres de Middlesbrough, le Genevois prend du grade au fil de la saison. “Petit à petit, l’entraîneur m’a accordé sa confiance. Je m’occupais de faire des montages, des analyses, il me demandait mon avis sur le match, j’avais accès au vestiaire, aux entraînements… Puis, il y a eu un changement de coach et ça a été plus compliqué. On est passé d’un jeune dynamique à un coach plus âgé et plutôt conservateur dans ses méthodes, complètement fermé notamment à l’analyse vidéo…”. Heureusement pour Luca Sciuto, une nouvelle opportunité pointe le bout de son nez.
Saison de rêve à Villarreal
La troisième année est celle qui, des dires du principal intéressé, l’a fait “le plus prendre en expérience”. Une déclaration qui ne surprend pas vraiment, puisque celle-ci a été marquée par un stage au sein de l’académie de Villarreal. “Un stage d’un an était prévu dans mes 4 années à l’Université, et j’ai eu cette opportunité”. Une expérience aussi bien dans les bureaux que sur le terrain, où il accompagne notamment les équipes U19 et U16 en tant que troisième assistant.
“C’était des journées de fou”, se souvient Luca Sciuto. “J’habitais à Valence, pas loin de Villarreal. Je partais à 8h du matin et je revenais à 22h. Ça a été une année incroyable où, même sans être sur le banc pour les matchs de championnat, j’ai énormément appris. J’avais des vraies responsabilités au niveau de l’organisation des séances, des entretiens tactiques individuels… Et puis, j’ai fait des rencontres marquantes. Notamment avec Kris O’Hare, un psychologue de l’académie, qui a été comme un mentor pour moi. C’est une rencontre qui m’a encore plus persuadé que c’est cette voie que je voulais suivre”.

Kris O’Hare (2e depuis la gauche) et Luca Sciuto (au centre) avec d’autres membres du staff de l’académie de Villarreal.
Retrouver un banc
Revenu à Newcastle pour sa dernière année universitaire après avoir également accompagné les Juniors B Inter de Meyrin en fin de saison dernière aux côtés de Yann Mazamay, le Genevois compte sur son expérience accumulée lors des précédentes saisons pour se lancer dans le grand bain une fois ses études terminées. “J’ai reçu quelques offres pendant l’été, notamment de cinquième division anglaise, mais les conditions ne me convenaient pas. Je suis conscient que je ne dois pas brûler les étapes et que j’ai encore beaucoup à apprendre. Ma manière de voir le football a déjà tellement évolué pendant ces dernières années… Le vestiaire me manque et j’espère pouvoir bientôt reprendre une équipe de jeunes comme coach principal”. Le diplôme B-UEFA que ce dernier prévoit de passer d’ici la fin d’année devrait l’aider à lui ouvrir des portes, que ce soit en Angleterre, en Espagne, en Suisse ou ailleurs…














