Bleron Mulliqi a rejoint le SC Brühl, deuxième de Promotion League. À 23 ans, le Genevois ne manque pas d’ambitions. Interview.
Nouveau challenge pour Bleron Mulliqi. Le milieu défensif s’est récemment engagé avec l’ambitieux SC Brühl, dauphin de Promotion League et déterminé à monter à l’échelon supérieur. À l’image de son nouveau club, le Genevois est ambitieux et compte bien franchir un cap dans sa carrière. Interview.
Proxifoot : Tu passes du 16e de Promotion League, Bulle, au 2e, Brühl. Comment s’est présentée cette opportunité ?
Bleron Mulliqi : “J’avais commencé la préparation hivernale avec Bulle, puis, Brühl a manifesté son intérêt. J’ai eu contact avec l’entraîneur (Denis Sonderegger, ndlr) et le directeur sportif (Rogger Bigger, ndlr). Ils m’ont présenté le projet, m’ont fait une offre, et j’ai accepté”.
Quel projet t’a été présenté concrètement ?
“Ils veulent absolument monter. Ils m’ont dit qu’ils me voyaient comme un joueur-clé pour atteindre cet objectif. Ils ne me prennent pas dans l’optique de me tester, même si je suis conscient que je devrai prouver sur le terrain et confirmer les attentes à mon égard. Ils m’ont aussi assuré qu’ils ne me bloqueraient pas si je devais recevoir des offres venant des divisions supérieures. De plus, J’aurai un appartement et un meilleur salaire qu’à Bulle. Nous avons discuté de tout cela avec mon agent (Guilherme Afonso, ndlr) et en avons conclu que c’était une bonne idée de venir”.
On peut voir le fait de changer de club à la mi-saison comme un risque, sachant que les choses se passaient plutôt bien pour toi à Bulle et que tu avais du temps de jeu…
“J’ai hésité avant de prendre ma décision. Est-ce que ça valait la peine de partir à l’autre bout de la Suisse, où j’allais à nouveau devoir prouver mes qualités ? Dans un premier temps, j’ai refusé. Mais il se trouve que j’ai de la famille à Saint-Gall et que l’entraîneur de Brühl a appelé mon oncle, qu’il connaît, pour le convaincre. Après ça, il m’a rappelé et ça s’est fait en deux jours”.
Même si tu restes pour le moment en Promotion League, à quel point as-tu l’impression de faire un pas en avant en rejoignant Brühl ?
“Je pense que c’est un grand challenge. C’est en Suisse allemande, je n’ai jamais joué ici, je ne parle pas la langue… C’est un gros risque que je prends. C’est un peu quitte ou double : je n’ai pas d’autre choix que de performer pour continuer de me mettre en valeur et aider le club à monter. Tout va se passer très vite, en 3-4 mois. Il faudra être prêt directement et répondre présent. À Bulle, J’étais dans un confort. Là, ça sera quand même autre chose, en tout cas dans un premier temps. Rien qu’en terme de dépaysement, je pourrai difficilement rentrer à la maison au moins une fois par semaine comme je le faisais à Bulle”.
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Quelles différences majeures as-tu remarqué lors de tes premiers jours à Brühl, par rapport à Bulle ?
“Sincèrement, c’est la mentalité qui est différente chez les Suisses allemands que chez les Romands. Ça me convient, car je pense qu’en tant que Genevois, c’est un petit peu ce qu’il nous manque. Il y a aussi beaucoup plus d’intensité dans les duels, de rigueur, de discipline…”.
Et avec tes nouveaux coéquipiers, comment se passent les choses ? Il y en a que tu connais ?
“Personne. Uniquement de nom ou comme adversaires. Mais je dois dire que j’ai été agréablement surpris, car l’équipe m’a vraiment très bien intégré, en me mettant à l’aise et en venant me parler. Il y a quelques Albanais dans l’équipe, donc c’est plus facile de communiquer avec eux. Et je parle aussi anglais avec certains”.
Et le Suisse allemand ?
“Mon oncle va m’inscrire à des cours d’allemand, mais à l’heure actuelle, c’est pas terrible… (rires)”.
En attendant tes débuts officiels avec Brühl, qu’est-ce que tu retiens de cette saison et demie à Bulle ? À quel point elle t’a aidé dans ton développement ?
“Ça a quand même été une belle vitrine pour moi. J’ai eu beaucoup de temps de jeu et j’ai pu engranger de l’expérience. Je me suis développé sportivement et humainement. J’ai aussi pu me rendre compte des quelques limites que je pouvais avoir dans le jeu et de la marge de progression qu’il me reste”.
Où dirais-tu que se situe ta plus grande marge de progression ?
Je pense que je dois mettre encore plus d’impact dans mon jeu.
On se souvient de toi comme d’un milieu défensif également capable de jouer en défense, quel est ton poste préférentiel ?
J’ai même joué comme numéro 8 lors de ma dernière saison à Carouge (2023-24, ndlr). À Bulle, quand je suis arrivé, il y avait beaucoup d’absents derrière, et c’est là que j’ai joué. Mais ensuite, je suis repassé en 6, et ça reste le poste qui me convient le mieux. C’est là que j’ai été formé”.
Ton poste sur le terrain a aussi varié en fonction des entraîneurs que tu as eu. Lesquels t’ont le plus apporté durant ta carrière ?
“Adrian Ursea à Carouge, d’abord. Tactiquement, dans la manière de bouger dans les espaces avec et sans ballon, dans la manière de presser… Il a amélioré ma manière de voir le foot. J’aurais bien sûr aimé continuer avec lui, mais il valait mieux obtenir davantage de temps de jeu ailleurs, avant de découvrir la Challenge League. À Carouge, je n’avais pas encore tout prouvé. À Bulle, Jean-Philippe Lebeau m’a aussi beaucoup apporté en peu de temps, notamment au niveau mental. Et plus tôt dans ma carrière, Alexis Thébaux a également été très important pour moi”.
À 23 ans, tu signes pour un club ambitieux de Promotion League. Quels objectifs te fixes-tu dans le 2 à 3 prochaines années ?
“Je pense que j’ai le potentiel pour arriver en Super League. D’ici 6 mois, j’aimerais évoluer en Challenge League, soit avec Brühl, soit ailleurs, après m’être mis en valeur ici. On sait que tout peut aller très vite. Mais d’ici deux ans, j’aimerais jouer en Super League. Je pense avoir le profil pour et j’estime que d’ici-là j’aurai acquis la maturité nécessaire pour y être”.
Tu avais été champion de Promotion League avec Etoile Carouge en 2024. Par rapport à ton expérience et à la situation actuelle de Brühl, qu’est-ce qui fait la différence pour réussir à aller au bout lorsqu’on joue le titre ?
“Il faut qu’il y ait tout un groupe uni, qui tire sur la même corde. Que tout le monde soit impliqué, amène sa pierre à l’édifice et comprenne son importance. En match, il faut être constant et ne pas calculer les autres équipes, réussir à enchaîner les victoires et ne pas se relâcher”.

Avec Etoile Carouge, Bleron Mulliqi a décroché la promotion en Challenge League en mai 2024. © @docvisuals
On s’est déjà fait une petite idée au vu de tes réponses, mais que peut-on te souhaiter dans un premier temps d’ici la fin de saison…?
“La montée en Challenge League en étant un joueur important dans cet accomplissement”.
Photo de couverture : FC Bulle (Facebook)












