Claudio Morelli, à Vernier avec enthousiasme et émotion

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L’entraîneur du mois / Le nouvel homme fort du FC Vernier retourne dans le club de sa jeunesse pour y relever un nouveau défi. Interview.

Rien, pas même les centimètres de neige et le froid ne lui enlèvent le plaisir de diriger une équipe. Claudio Morelli vient d’enfiler son équipement, et par la même occasion, ses nouvelles couleurs. En réalité, ces couleurs, elles ne sont pas inconnues pour cet entraîneur de 38 ans qui revient dans le club de sa jeunesse. Car c’est bien au FC Vernier que Claudio Morelli a effectué ses classes juniors pendant plus de dix ans. Puis il y a eu les actifs, en tant que joueur, naviguant entre la 2ème et la 3ème ligue : Aïre-le-Lignon, Saint-Jean et Donzelle, où il dit avoir eu ses plus belles années sportives et humaines.

L’année 2007 a été celle de  la reconversion. Alors revenu jouer à Aïre, Claudio Morelli se blesse, puis il est nommé entraîneur des « Orange ». Deux ans aux pieds des tours du Lignon et la fin de la collaboration à l’été 2009. Mais l’appel du banc est trop tentant. Claudio s’engage alors aux côtés de son ami Auro Duarte pour accompagner le FC Geneva dans son aventure en deuxième ligue inter. Aujourd’hui, c’est Vernier qui a fait appel à lui pour succéder à Patrick Tami, et c’est avec émotion qu’il s’apprête à relever le défi.

 

Proxifoot : Claudio, la dernière fois que nous t’avons approché, tu étais à la tête du FC Aire-Le-Lignon, où tu semblais destiné à travailler sur le long terme et les résultats étaient plutôt positifs. Alors pourquoi vous êtes-vous séparés ?
Claudio Morelli : Il est vrai que je ne me voyais pas dans un autre club si vite. Il y avait un beau projet sportif mais aussi social avec le projet Aïre 2010 chapeauté par Christophe Dulex et le Président René Schmid, avec qui je garde un très bon rapport. J’ai passé deux belles années et mon projet, sur 3 ans, devait se concrétiser cette saison. Malheureusement, le rôle d’un entraîneur peut vite changer et il dépend énormément de sa relation de confiance avec son Comité. Dans mon cas, le relais avec l’exécutif du club n’était pas fiable. Ces conditions et certaines valeurs étant absentes, je suis parti. J’ai expliqué aux joueurs que je ne pouvais pas rester. Un entraîneur se régénère grâce à la passion, la flamme qui l’anime quotidiennement et pour ce faire, il doit pouvoir évoluer dans un environnement où il se sent bien. J’ai toujours privilégié l’honnêteté et la franchise… Avec le temps, tu apprends, surtout dans une société caractérisée par beaucoup d’hypocrisie, qui sont tes amis et tes ennemis. Je préfère, si vous le permettez, ne plus revenir sur ce sujet, et parler du présent et de mon futur qui s’appelle FC Vernier.

Avant de te lancer dans cette nouvelle aventure, pourquoi avoir rejoint le FC Geneva?
Je voulais prendre du recul, aller de l’avant avec mes diplômes et me concentrer sur mes obligations professionnelles. Puis durant l’été, mon ami et ancien coéquipier à l’époque du FC Saint-Jean, Auro Duarte, m’a appelé. Je n’ai pas pu résister et je suis reparti de plus belle pour lui donner un petit coup de main. Je dois dire qu’au-delà des résultats que nous espérions être plus positifs, j’ai vécu de remarquables expériences sportives et humaines ! Quelle belle ambiance ! Que dire de plus, j’ai retrouvé de belles sensations et je veux à nouveau remercier Auro ainsi que tout le FC Geneva.
Ayant suivi le FC Geneva durant le premier tour, tu connais donc très bien cette équipe. Quel est ton pronostic ? Maintien ou relégation ?
Je ne suis pas très objectif puisque je suis le premier supporter d’Auro et de sa troupe, mais mon cœur dit maintien. Bonne chance à eux.
Venons-en au FC Vernier : tu démarres une nouvelle aventure à la tête de cette équipe, quelles sont tes sensations en cette période de reprise ?
Et bien un mélange d’enthousiasme débordant et d’émotion. Je reviens au club de mes débuts, où j’ai passé plus de dix ans en juniors. Je retrouve aussi d’anciens coéquipiers et habitants du chemin Louis-Pictet et de Vernier qui, je l’espère, viendront nombreux pour suivre nos rencontres et profiter de notre agréable buvette. Je ne cache être aussi très ému de me revoir dans les couloirs du Centre Sportif de Vernier où de vieux souvenirs effleurent mes pensées : parmi celles-ci, les entraînements sous la neige avec Mister Tollot en 1985 ; ou le FC Vernier en première ligue et ce qu’il représentait à cette époque. Que de belles années avec des joueurs talentueux de la commune : les frères Antonazzo, Gendre, Rohrer, Tenud, Paratore et j’en passe et des meilleurs. Je ne te cache  pas vouloir redonner ces sensations à notre grande Commune, notre club et nos supporters.
Y aura-t-il du changement dans le contingent de la première équipe de Vernier ?
Oui, nous étions forcés de le faire. J’ai hérité d’un groupe de joueurs qui était à mes yeux insuffisant pour faire un second tour performant. Mon objectif était celui de compléter numériquement et qualitativement notre groupe, d’augmenter la concurrence au sein de l’équipe et finalement de donner, dans la mesure du possible, un peu plus d’expérience à un groupe certes talentueux, mais un peu jeune pour tenir tête aux équipes qui sont devant nous. Je pense ici au FC Compesières et au FC Regina notamment. Question transferts, tous les joueurs qui étaient présents durant le premier tour sont restés et ils se montrent très motivés. Avec les arrivées d’Araujo (FC Zurich M-21), Charlot, Clemente, Pose, Stalder (FC Aïre-Le-Lignon) et Anastasi (ex-Laconnex), je suis persuadé que nous avons les ingrédients pour créer un cocktail explosif.
L’équipe est actuellement classée 7ème du championnat. Quels sont les objectifs du club pour le deuxième tour ? Et les tiens ?
Mes objectifs sont aussi ceux de mon club. Dès mon arrivée, nous avons beaucoup discuté avec mon staff (Melcarne, Pavillon et Anspach), avec notre nouveau directeur sportif R. Paratore ainsi que le Comité. L’objectif est de se donner les moyens pour retrouver la 2ème ligue au plus vite ; mais pas à n’importe quel prix. Nous n’allons pas précipiter les choses. Je dois prendre connaissance du potentiel sportif et humain de mon équipe, mais aussi des opportunités futures qui se trouvent auprès de nos talentueux juniors A et B. Nous essaierons de faire évoluer notre équipe, sans créer de révolution, mon prédécesseur Patrick Tami ayant fait un travail fantastique. Au-delà de l’aspect quantitatif, mon objectif est aussi de redonner de l’enthousiasme à travers de nouvelles méthodes de travail, de nouvelles idées et de créer un groupe uni.
Neuf points vous séparent de la tête du classement. La montée en 2ème ligue te semble-t-elle un objectif atteignable ?
A l’heure de notre interview, il est encore trop dur de dire où peut aller cette équipe. Le premier contact avec les joueurs me laisse très optimiste. La qualité humaine et technique est bonne. Je ne peux pas garantir le résultat, mais je peux garantir le sérieux et la concentration que je demanderai à chacune de nos rencontres. Tous les matches commenceront à 0-0, à nous de modifier le résultat en notre faveur pour essayer de changer l’histoire de notre championnat. Rendez-vous au mois de juin. Pensons maintenant à bien nous préparer.
Tu hérites d’une équipe qui a gardé le même entraîneur pendant de nombreuses années. En tant que successeur, est-ce une difficulté supplémentaire ?
Je te remercie de me poser cette question car je veux remercier Patrick Tami (avec qui j’ai partagé plus de dix ans de foot à Vernier et sur les bancs de l’Ecole de Commerce) pour le travail que lui et son staff ont effectué depuis toutes ces années. C’est un gars qui a laissé un souvenir splendide, je lui souhaite de tout cœur beaucoup de succès dans son nouveau challenge professionnel. Pour revenir à votre question, je ne vois aucune difficulté. Mon approche a été celle d’écouter mon staff, tous les joueurs et le comité pour comprendre de manière détaillée la situation de notre équipe. Dans un souci de continuité, j’ai décidé de rester avec le même staff,  des amis d’enfance et des verniolans : Antonio Melcarne (Adjoint), Olivier Pavillon (Entraîneur des gardiens) et Cédric Anspach (Masseur). Je pense plutôt que mon arrivée pourrait être une opportunité unique pour se remettre en question et pour trouver de nouvelles motivations afin d’amener l’équipe le plus haut possible. Je termine en vous félicitant pour votre travail et pour apporter de la vie au football genevois. Bonne année à tous, ce n’est jamais trop tard pour le dire quand ça vient du cœur.

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