Mattia Petrini : “Zubi avait l’air dépité au moment de mon goal”

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Pour fêter l’inauguration de notre site tout beau et tout neuf, quoi de mieux qu’une interview d’un mec pas si neuf mais tout aussi beau ! Formé au Servette et ayant joué en Challenge League avec Meyrin, Mattia Petrini évolue aujourd’hui à Perly, où il partage ses tâches entre joueur de la première et entraîneur des vétérans. Interview.

Photo officielle avec Etoile Carouge.

Bonjour Mattia ! Comme le veut l’habitude, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut à tous! Je joue actuellement au FC Perly-Certoux en 2ème ligue interrégionale. Après avoir été formé au Servette FC, j’ai joué deux saisons en Challenge League au Meyrin FC (saisons 2003-2004 et 2004-2005). Lors de cette deuxième saison, une grave blessure à la hanche m’a tenu éloigné des terrains pendant deux ans. Grâce à Sébastien Fournier et Jean-Michel Aeby, et avec l’accord de M. Vinas, alors Président du club, j’ai profité de quelques mois d’entraînement avec Servette pour me remettre en forme. J’ai ensuite officiellement repris en 1ère ligue au Etoile Carouge FC, en janvier 2007, où j’ai évolué durant une saison et demie. Je suis ensuite parti six mois en Australie pour parfaire mon anglais et à mon retour, en janvier 2009, j’ai signé au FC Perly-Certoux.

 

La hanche, c’est plutôt rare comme blessure, non ? Peut-on dire qu’elle t’a empêché de faire quelque chose dans le football ?

Disons que ça n’y a pas aidé pour le moins. Cette blessure (une déchirure du labrum, sorte de ménisque de la hanche) a mis du temps à être diagnostiquée déjà, et, malgré les soins, une récupération à 100% n’était pas garantie. Je m’étais imposé en Challenge League, à Meyrin, qui était alors le club genevois évoluant au plus haut niveau (ndlr : Servette évoluait en 1ère ligue). J’étais jeune et plein d’envie. J’étais en pleine confiance aussi. Alors on peut imaginer beaucoup de choses. Mais je n’ai jamais ruminé cette blessure. C’est comme ça, le destin en a voulu ainsi, et l’orientation que ma vie a prise par la suite m’a réservé de très belles rencontres et de très beaux moments.

 

Il paraît que tu as marqué un but à Zuberbühler contre le grand FC Bâle, c’est vrai ça ?

Oui c’est juste! On jouait les 1/16 de finales de la Coupe suisse 2004-2005. Record d’affluence à Bois-Carré (maintenant stade des Arbères)! J’ai égalisé d’un plat du pied droit sur corner juste avant la mi-temps (ndlr: Bâle s’imposera 1-3, voir le résumé de la TSR). C’est drôle, je me souviens assez bien de la tronche de Zubi au moment du goal. Il avait l’air assez dépité, et avec ses grandes pognes c’est assez amusant quand j’y repense… Mais attention, magnifique souvenir d’un point de vue individuel certes, mais l’année précédente on avait fait mieux encore puisqu’on s’était fait sortir par le FC Zürich en 1/4 de finale seulement (voir le résumé de la TSR)…

 

Quel est le meilleur joueur avec lequel tu as joué, celui qui t’a le plus impressionné ?

Ce n’est pas la première fois qu’on me pose cette question. Et je dois dire que je continue à donner la même réponse sans jamais beaucoup hésiter : il s’agit de Fabrizio Zambrella, aujourd’hui au FC Sion. A l’époque des M-21 du Servette FC, il savait déjà allier aisance technique et intelligence de jeu. Quel plaisir de jouer à ses côtés! Maintenant, j’ai aussi envie de citer Philippe Senderos, qui fait, malgré les blessures, une grande carrière. Ce qui m’avait impressionné chez Philippe, c’était sa facilité à s’intégrer à l’équipe et à s’imposer en son sein malgré son jeune âge (c’était aussi au Servette en M-21). Ouvert aux autres, intelligent sur et en dehors du terrain, convaincu de ses qualités mais toujours humble… Très belle personnalité!

 

Sous les couleurs d’Etoile Carouge lors d’un match de 1ère ligue. © Photo : Le Nouvelliste

Es-tu du genre à payer 500 francs pour les dernières F50 personnalisées avec ton nom dessus ou une paire de bonnes vieilles Copa Mundial fait l’affaire ?

(rires) J’aurais répondu qu’une bonne vieille paire de Copa me conviendrait parfaitement si je ne jouais pas avec des… F50 ! Le fait est que depuis bientôt trois ans je joue avec des F50, et quand je remets parfois mes vieilles Copa Mundial, j’ai l’impression d’avoir des poids aux pieds! Il faut quand même dire que le prix des chaussures de football est devenu complètement exorbitant. On paie le double qu’à une certaine époque pour des chaussures qui durent deux fois moins longtemps! Et en plus maintenant je dois jouer avec des pompes oranges et jaunes… Quelle horreur…

 

Il paraît que tu supportes l’AC Milan. Entre nous, qui est le plus fou, Antonio Cassano ou Laurent Zapico, ton coéquipier au FC Perly-Certoux ?

Oui, depuis cette mémorable finale au Camp Nou en 1989 contre le Steaua Bucarest, je vois rouge et noir! 4-0, deux buts de Ruud Gullit, deux buts de Marco Van Basten! Un stade plein à craquer de tifosi rossoneri! C’est LE match que je me repasse de temps en temps. Avec le 4-0 de 1994 au Barça aussi… Pas mal cette finale…

Sinon, tu veux rire ou quoi!? Antonio Cassano n’arrive même pas à la cheville de Lolo Zapico en termes de folie! Il faut voir Lolo qui met un assist, par exemple un centre, pour un goal dans un match : il part à l’opposé du buteur! Le but de Rooney en retourné exceptionnel contre Manchester City l’année dernière : si Lolo avait été l’auteur du centre, il ne serait pas allé vers Wayne! Il aurait attendu sans un sourire que Wayne vienne le remercier pour l’offrande! Et quand il marque un goal, même si la frappe est déviée par 12 tibias, je ne sais pas si Usain Bolt le rattraperait tellement il court vite dans son exultation! Je le taquine bien sûr… Lolo est un très bon joueur de football quand il le veut, et surtout un homme très intelligent et fondamentalement bon. Ouais… En fait il est quand même sacrement taré… Je me souviens du moment où il a vu Stevan Jovetic (ndlr : joueur de la Fiorentina) en boîte à Majorque lors d’un voyage d’équipe. Départ sur le dancefloor à lâcher des pas incroyables… On voyait dans les yeux de Jovetic et dans son sourire sincère un mélange d’admiration et d’interrogation… Mais il sort d’où celui-là!?

 

Un peu plus sérieusement, cette équipe de Perly mérite mieux que cette 7ème place et ces 17 points non ?

Difficile à dire… On a tout de même pris peu de points aux équipes qui se trouvent devant nous au classement. Il est vrai que, hormis le couac de Bernex, nos bonnes performances face à ces équipes, malgré les résultats, nous laissent un petit goût amer.

 

Lors d’une lourde défaite face à Signal Bernex cette saison. © Photo: OneClick-Photo

Les points perdus en tout début de championnat (un point obtenu lors des 5 premières journées) se reflètent au classement à la trêve. Comment expliques-tu ce début de saison raté (comme la saison passée) ? Le championnat, qui débute à la mi-août, reprend-il trop tôt ?

Ce qui est frustrant, c’est de faire si peu de points contre des équipes qui intrinsèquement ne nous sont pas supérieures. Le championnat de 2ème ligue inter reprend clairement trop tôt pour nous. A Perly, en août, l’équipe n’est pas prête. Pour diverses raisons extérieures au football à proprement parler (joueurs en vacances par exemple). Mais c’est comme ça. Attention, en revanche, ne me fais pas dire que si on avait rencontré ces équipes plus tard, on aurait fait quinze points. Pas du tout. Mais quand je vois qu’on a arrêté le 5 novembre pour reprendre le 9 mars, je me dis qu’il y a quelque chose à faire au niveau du calendrier… Et je suis convaincu qu’au sein de la plupart des clubs de la Ligue Amateur on partage cette opinion. Franchement, même le championnat russe n’a pas une si longue trêve!

 

Tu es également devenu entraîneur des vétérans perlysiens, avec notamment un titre de champion genevois en juin dernier. Comment es-tu arrivé à la tête de l’équipe ?

Disons que je manage l’équipe oui en effet, depuis un an maintenant. Alors que je pensais raccrocher en tant que joueur, mes deux amis Patrice Gras et Massimo Cipriano, qui étaient en charge de l’équipe à ce moment-là, m’ont proposé le poste afin de pouvoir se consacrer uniquement à leur rôle de joueur. Nous avons été champions genevois la saison dernière et cette année, avons perdu 4-2 en coupe suisse des seniors contre Malley, avec des buts de Chapuisat (2), Celestini et Isabella, c’est pas rien… L’équipe est d’un très bon niveau. Malheureusement, cette saison, nous avons perdu deux matchs contre nos deux adversaires pour le titre, et sincèrement sans mériter ces deux défaites. C’est une très belle expérience que j’ai la chance de vivre. Je suis avide d’émotions, positives ou non, et là mon panel s’est encore élargi…

 

Cela ne te fait pas bizarre de “coacher” des joueurs bien plus vieux que toi ?

Tu aurais pu dire “un peu plus âgés que toi” (rires)… Il est certain que je ne pense pas qu’on soit beaucoup dans mon cas. Ca peut paraître étrange c’est vrai. Il ne faut pas non plus amplifier mon rôle. Je pense avoir acquis le crédit nécessaire à ce qu’ils écoutent les quelques consignes que je leur donne avant chaque match. J’essaie surtout de leur transmettre ma passion pour le football, le match de football en lui-même, qu’on joue pour gagner, en seniors aussi quoiqu’on en dise. Et comme j’ai à faire à des joueurs tout aussi passionnés pour la plupart, notre différence d’âge n’est de loin pas (ou plus) un souci.

 

Est-ce que ce petit rôle chez les “vété” a éveillé une envie de devenir entraîneur ? Te vois-tu développer ce rôle à l’avenir ?

J’aime coacher, c’est certain. Beaucoup d’aspects dans le coaching m’intéressent énormément. Il est donc possible que j’entraîne un jour une équipe à proprement parler. Mais j’aime aujourd’hui encore tellement jouer au football. Le plaisir que j’éprouve en tant que joueur après une victoire, les émotions par lesquelles on passe sur le terrain sont si grands qu’une autre fonction dans le football n’est pour le moment pas d’actualité.

 

Y a-t-il une question que tu aurais voulu que l’on te pose ?

Oui! Est-ce que Perly va faire un grand 2ème tour? J’en suis sûr! Ce groupe est sain. Il est dirigé par un duo humble, passionné, compétent, ambitieux (Stéphane Hilty, l’entraîneur, et Yves Nkidiaka, son assistant). Les joueurs arrivés au club cet été se sont parfaitement intégrés. L’ambiance est excellente. Les jeunes sont de qualité et à l’écoute de nous, anciens, qui sommes parfois exigeants car toujours animés par une volonté de vaincre à toute épreuve. Il nous faudra par contre travailler plus encore, courir plus encore, transpirer plus encore, lutter plus encore… Et qui sait, un grand 2ème tour pourrait peut-être jeter les bases d’une grande saison 2012-2013…

Un but inscrit la saison passée lors d’un derby contre Signal Bernex. © Photo: OneClick-Photo

BIO EXPRESS…

Date de naissance: 15 mai 1982

Parcours
1988-1994 : Lancy-Sports, juniors
1994-2003 : Servette FC, jusqu’en M-21
2003-2005 : FC Meyrin, Challenge League
2006-2008 : Etoile Carouge, 1ère ligue
Depuis 2009 : Perly-Certoux, 2ème ligue inter

2 sélections en équipe de Suisse M-17

 

Un club : AC Milan, “il club piu titolato al mondo”…

Un stade : San Siro bien sûr…

Un entraîneur : Pascal Besnard, sous ses ordres une saison extraordinaire…

Un joueur : Marco Van Basten sans hésitation…

Un plat : La salade d’algues j’adore ça…

Un chanteur/groupe : En ce moment Theophilus London en boucle, mais aussi beaucoup d’electro, Slove en tête…

Une femme : Ma mère ça fait un peu cucul non ? Alors je vais dire Amy Winehouse, une belle soirée en tête à tête… Dommage…


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