Le CS Italien sort la tête haute

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En 1/32 de finale de la coupe de Suisse, le club du Bois-de-la-Bâtie s’incline 4-0 face au ténor du championnat suisse dans une rencontre que les Rhénans ont joué avec le frein à main. Cela n’enlève toutefois rien à la performance du CSI, qui a ravi les nombreux supporters venus l’encourager. Récit d’un match de gala.

Quel plus beau cadeau pour un club qui fête cette année ses 70 ans d’existence ? Après la victoire en coupe genevoise l’an passé sur l’autre CSI (Interstar), le CS Italien ne pouvait pas rêver mieux que d’affronter en ce dimanche le grand FC Bâle. Ce sont entre autres 17 titres de champion suisse, 11 coupes de suisse et un quart de finale de Ligue des Champions qui se dressent devant les joueurs du coach Del Rosso. Avec, cerise sur le gâteau, la titularisation de Walter Samuel dans l’axe de la défense bâloise. « The Wall » ajoute à lui seul quelques titres nationaux en Italie et une Ligue des Champions en 2010 notamment.

Le stade des Arbères à Meyrin, réquisitionné pour l’occasion, a donc le cœur qui balance avant la rencontre entre le petit poucet qu’il imagine en héros et l’admirable étendard du football suisse sur la scène européenne. En témoignent les encouragements des enfants en tribune, alternant odes à leur couleurs et admiration envers l’équipe rhénane.

Comme des pros

Ce match, les joueurs du CS Italien l’ont préparé comme des professionnels. Mise au vert et mise en condition optimales de la part des partenaires et de l’encadrement, comme l’explique l’entraîneur Del Rosso : « Le club, notamment grâce aux sponsors, nous a organisé une préparation de match exceptionnelle qui nous a permis de tous nous réunir, de manger correctement et de nous reposer. J’avais peur que cela leur mette une pression supplémentaire, mais en fait, ça nous a fait le plus grand bien. De mon coté, j’ai veillé à ce que les entraînements soient intensifs, et que l’accent du coaching soit clairement orienté sur l’aspect défensif, car nous savions que nous n’allions pas avoir le ballon souvent ». Tous les voyants étaient donc au vert pour permettre au CS Italien de lutter le plus longtemps possible face au leader actuel du championnat suisse, et pourquoi pas créer l’exploit ?

Mais entre espoir et réalité il y a souvent un fossé que la machine bâloise n’entendait pas laisser combler. Le début de match est à l’avantage des visiteurs déjà. Après 7 minutes et sur un service d’Embolo, l’élégant Delgado ouvre la marque. Ce but d’entrée de jeu ne va toutefois pas plomber le moral des Genevois qui travaillent sans relâche pour récupérer le ballon, allant parfois chercher les Bâlois très haut, et s’activant afin de ne pas le perdre trop rapidement une fois le cuir en leur possession. On notera même à la 18ème minute, une frappe de Dias Chaves légèrement excentrée sur le coté gauche, que Vailati détourne finalement en corner ! L’occasion était réelle mais elle restera la seule obtenue par le CSI au cours de cette rencontre.

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C’est Dias Chaves qui a dû se heurter à “The Wall” durant la rencontre

“Il n’y a pas photo”

La différence était bien trop insurmontable, comme l’explique Maxime Antonilli, le latéral gauche et responsable junior du club : « La différence principale est le rythme de jeu. Ils font les mêmes gestes que nous, mais les pensent et les exécutent plus vite, et mieux. Ce qui m’a frappé aussi c’est le nombre d’appels de balle que les joueurs font. Ils sont toujours disponibles pour leurs coéquipiers et se démarquent très vite. » Une impression partagée par son entraîneur qui ajoute : « Il n’y a quasiment pas de déchet technique et les choix sont toujours les bons, cela fait bien évidemment la différence, de plus en y rajoutant les capacités physiques minutieusement préparées, il n’y a pas photo ».

Ces qualités vont se faire sentir à nouveau en fin de première mi-temps. Alors que les hôtes pensaient partir en contre-attaque, le ballon est rapidement récupéré à mi-terrain. La classe de Delgado fait le reste et sa déviation met sur orbite Embolo qui place une balle piquée par dessus Dewarrat. Le gardien, décisif à plusieurs reprises durant ce match, ne peut que s’incliner pour la seconde fois de la partie.

L’arbitre siffle donc la mi-temps sur le score de 2-0. Au Stade des Arbères, les supporters sont fiers de leur équipe. Le score rassure et l’on espère vivement ne pas les voir craquer physiquement en seconde mi-temps. Petite frayeur tout de même dès le retour des vestiaires quand Fabian Frei marque le troisième but de son équipe après un petit numéro plein axe.

Bâle lève le pied

On craint alors que le score ne s’alourdisse conséquemment mais c’est sans compter le professionnalisme bâlois : « A 3-0, le FC Bâle nous a respecté et a conservé le ballon en évitant les duels, c’est tout à leur honneur et ça reflète assez bien à l’élégance de Paulo Sousa (l’entraineur bâlois, ndlr). Néanmoins cela n’enlève pas le mérite de mes joueurs qui se sont battus avec le coeur pour éviter la correction », apprécie Del Rosso, en profitant pour relever à nouveau l’état d’esprit de son équipe.

Un 4ème but sera marqué dans les arrêts de jeu par Gashi. Deux réalisations par mi-temps, arrivées chacune en début et en fin de période, voici encore une illustration de la maîtrise bâloise. Serey Die, impressionnant d’activité, et ses coéquipiers ont respecté leurs adversaires sans toutefois leur laisser une chance d’y croire même l’espace d’un instant. Au final, cela importe peu. Le plus important était d’éviter la correction et de quitter le terrain la tête haute. Les coéquipiers du capitaine Idrizi, sorti sur blessure dès la demi-heure suite à un choc avec son propre gardien, peuvent être fiers d’eux.

Dès le coup de sifflet final, les yeux se tournent vers les joueurs du FC Bâle, dont les maillots s’arrachent. Une attention particulière suit celui de Walter Samuel, très demandé. C’est finalement l’argentin lui-même qui décidera d’appeler Maxime Antonilli, grand fan de l’Inter Milan, qui récupère le tricot et s’offre également le mot de la fin : « Je le lui avais déjà demandé à la fin de la première mi-temps. Je lui ai dit que j’avais l’abonnement à San Siro la saison du “Triplete”, et que j’étais au stade pour un Inter-Siena où il avait enlevé son maillot après avoir marqué le 4-3 à la 93ème, par -10 degrés!”

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Antonilli, au fond, observe Iseli entouré de quelques cadors bâlois

Et le latéral de poursuivre, ému : “Je lui ai également offert le mien car le club a offert à chacun des joueurs le maillot souvenir à double, justement pour que nous puissions en échanger un avec les Bâlois. À ce sujet, je tiens à remercier, au nom de toute mon équipe, notre Président Marco Longo, le co-organisateur de cet événement Angelo Palazzo ainsi que tous les membres du club qui ont travaillé pour permettre à mes coéquipiers et moi de jouer le plus beau match de notre vie dans les meilleures conditions ».

A n’en pas douter, ces souvenirs resteront gravés dans sa mémoire et dans celles de ses coéquipiers. Le retour à la réalité avec le championnat de 2ème ligue qui reprend ce week-end n’en sera que plus abrupt, mais laissons encore aux joueurs le temps d’en profiter comme il se doit. Profitons-en pour les féliciter d’avoir représenté avec honneur le football genevois !

 

 

CS ITALIEN – FC BASEL 1893  0-4 (0-2)
Stade des Arbères, 2650 spectateurs

Buts : 7′ Delgado 0-1, 30′ Embolo 0-2, 53′ Frei 0-3, 93′ Gashi 0-4

CS Italien (4-1-4-1) : Dewarrat – Kisunda-Visi, Idrizi © (41′ Matri), Nascimento, Antonilli – Makabi (51′ Huguenin) – Albuquerque (66′ Bongiovanni), Da Rocha, Blanco, Iseli – Dias Chaves.
Entraîneur : Raffaele Del Rosso

Bâle (4-2-3-1) : Vailati – Gonçalves, Ajeti, Samuel, Aliji – Serey Die, Frei © (73′ Gashi) – Calla (33′ Safari), Delgado (59′ Elneny), Hamoudi – Embolo.
Entraîneur : Paulo Sousa

Avertissements : Antonilli et Blanco (CS Italien)

 

Photos : IV Shoot

 

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