Daniel Villa : “Ce n’était pas prévu de revenir si rapidement à Veyrier”

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Après une année du côté de Champel, l’entraîneur de 36 ans est de retour à Veyrier-Village.

On pourrait écrire des pages et des pages sur l’aller et le retour de Daniel Villa entre Veyrier-Village et Vessy ces 12 derniers mois. Il y a d’abord l’aller, il y a tout juste un an, quand il acceptait la proposition de Champel pour un projet sportif intéressant sur le long terme. Puis il y a le retour au bercail, surprenant il faut l’avouer, après seulement une année de hauts et de bas au FC Champel. Aujourd’hui, il est le nouvel homme fort du FC Veyrier Sports, l’homme central sur lequel va s’appuyer le nouveau comité du club du pied du Salève, présidé désormais par Fabrice Schoch, successeur de Serge Zanicoli.

Mais la tâche ne sera pas aisée. Après avoir quitté les Vert et Jaune sur un brillant maintien en 2ème ligue inter en 2015, il retrouve une année plus tard un groupe récemment relégué en 2ème ligue qu’il devra remobiliser. Avec, forcément, l’étiquette de favori pour la saison prochaine. Interview.

 

Proxifoot : Daniel, c’est une vaste question, mais pourquoi avoir quitté Veyrier l’année dernière après huit années en grande partie remplies de succès ? Et surtout, pourquoi un retour si rapide ?
Daniel Villa : La saison 2014-2015 en 2ème ligue inter a été compliquée, on s’est sauvés à l’avant-dernière journée en faisant un deuxième tour quasiment parfait, mais j’y ai laissé des forces et passablement d’énergie. J’ai ressenti pour la première fois une sorte de “routine” tant du côté de certains joueurs dans leur approche, mais aussi du mien notamment dans mon discours général. J’ai senti le besoin de voir autre chose, de découvrir un autre club et de m’exposer à un autre groupe dans le but de progresser et m’améliorer sans cesse. Je pensais aussi que c’était le bon moment de le faire surtout après avoir coaché certains d’entre eux pendant tant d’années. Le poste qui m’a été offert à Champel me donnait aussi l’opportunité d’avoir une vision encore plus générale sur le club et de contribuer au développement de ce dernier et cela m’intéressait aussi. Après, ce n’était pas prévu en effet de revenir si rapidement à Veyrier. Mais un nouveau comité rempli d’enthousiasme et de motivation a su me convaincre de revenir au club. La saison a été décevante avec une relégation… Le club, ses membres, des amis et les gens en général m’ont manqué, alors j’ai estimé que c’était le bon moment pour revenir. En tout cas d’un point de vue humain. Après, sportivement, l’avenir nous le dira, mais je suis en tout cas heureux et déjà impatient à l’idée de retrouver l’équipe et démarrer cette nouvelle aventure.

Justement, la majorité des joueurs sont les mêmes qu’au moment de ton départ. Ne crains-tu pas un retour rapide de cette “routine” ?
Non. Le foot est fait de dynamiques liées à des états d’esprit et à une motivation générale. Pour être précis, plus qu’une “routine”, j’emploierais le terme “essoufflement” alors, mais qui à mon sens, après réflexion de ma part et discussion avec tous les joueurs, n’est plus et a laissé place à une certaine envie commune de revivre ensemble de belles émotions collectives. Après, le foot, même s’il reste un jeu simple, peut parfois être complexe et le terrain donnera ses réponses.

Ta saison avec Champel est allée crescendo en 2ème ligue. Vous terminez à un point de la deuxième place grâce notamment à un excellent second tour. N’avais-tu pas envie de continuer à bosser et à faire progresser cette équipe ?
C’est vrai, on a eu un début de saison difficile puis notre collaboration s’est mise en place et les prestations de l’équipe sont montées crescendo. On a fait un excellent deuxième tour en termes de résultats (ndlr : 24 points, un de moins qu’Interstar), mais aussi et surtout au niveau du jeu où je pense que l’équipe a progressé et a présenté un jeu plaisant basé sur la maîtrise technique en possession et un jeu vers l’avant. Certes, il a été difficile de prendre la décision de quitter ce groupe rempli de qualités humaines et footballistiques, à qui je souhaite d’ailleurs le meilleur pour la suite, car je pense aussi qu’on aurait pu en effet continuer cette progression. Mais j’ai estimé pour des raisons personnelles, mais aussi et surtout avec l’arrivée du nouveau comité à Veyrier, que ma place était à la tête de Veyrier avec comme objectif de m’épanouir pleinement dans la pratique de ma passion. Mais avec comme idée bien évidemment de mettre les joueurs au centre de cela et retrouver le plaisir quelque peu perdu cette année.

Finalement, regrettes-tu ton départ ? On a l’impression que tout le monde y a perdu : tu n’as pas trouvé chaussure à ton pied et Veyrier a été relégué en 2ème ligue…
Non, je ne regrette pas. Je suis d’avis que dans la vie il y a du bon dans toute expérience. Je pense que j’ai beaucoup appris lors de cette année loin de Veyrier et que je reviens meilleur entraîneur que quand je suis parti. En tout cas, en termes de motivation, je suis persuadé que cette coupure aura été bénéfique tant d’un côté que de l’autre et je suis ultra motivé à ouvrir un nouveau cycle avec je l’espère autant de succès que ces dernières années.

Lors d’un match dirigé avec Champel cette saison

Ce nouveau cycle, justement, comment l’envisages-tu ? Tu avais laissé la barre assez haute avec deux montées en 2ème ligue, une montée en 2ème inter et une coupe genevoise, notamment.
Je l’envisage sereinement (rires). Ce qui a été fait dans le passé est certes positif, je pense qu’on doit s’appuyer là-dessus, mais cependant regarder devant nous et s’occuper de l’avenir. On démarre un nouveau projet avec ce nouveau comité, l’arrivée de Dario Basile dans mon staff comme assistant amène une nouvelle dynamique à la collaboration et un groupe de joueurs que je connais, mais qui va aussi subir quelques modifications : des jeunes issus des juniors, mais aussi quelques joueurs de l’extérieur.

Inévitablement, Veyrier aura l’étiquette de favori l’année prochaine…
Peut-être. Mais il y a premièrement une relégation à digérer et surtout des adversaires de qualité à affronter dans des contextes de matches pas toujours évidents. Je connais bien cette ligue pour y avoir évolué cette année et je pense que le niveau sera élevé la saison prochaine car les équipes progressent et avancent. Alors certes Veyrier aura une bonne équipe, au même titre que d’autres, et on tâchera de travailler dur pour gagner le plus de matches possible.

De qui faudra-t-il se méfier ?
D’abord de nous-mêmes. On doit se concentrer sur notre jeu et ne pas se disperser comme il me semble que ça été trop le cas la saison dernière dernière. Ensuite, je dirais que Vernier, Aïre, OG, CS Italien et Champel sont les équipes en progrès et qu’on les retrouvera à mon sens dans la première partie de tableau.

Comment as-tu vécu de l’extérieur la saison difficile des Veyrites ?
De manière assez détachée, pour être honnête. Je suis passé voir quelques matches, j’ai eu des échos de certains joueurs et amis, mais malgré la déception générale, il n’y a pas que des points négatifs, loin de là, alors il s’agira de rapidement regarder devant et s’occuper de ce qu’il y a venir !

Pour terminer, toi qui est Irlandais et Espagnol, comment vois-tu la suite de l’Euro pour ces deux pays ? [Propos recueillis avant le match France-Irlande]
Franchement, je ne suis pas encore complètement rentré dans cet Euro, hormis un déplacement à Lyon pour voir Belgique-Italie. Sinon, sur les quelques matches que j’ai regardés, j’ai été dans l’ensemble déçu. On joue pour ne pas perdre, on spécule et je n’aime pas ça. Même si je comprends que chaque équipe joue avec ses moyens. En ce qui concerne mes deux nations, je suis ravi qu’elles aient passé le premier tour. Le constat est toujours un peu le même: spectacle sur le terrain pour la Roja et spectacle en tribunes pour les Boys in green, alors je suis souvent comblé. Si je devais me mouiller alors je dirais que l’Irlande va faire un bon match, mais perdre contre la France et sortir la tête haute du tournoi. L’Espagne ? Malgré un programme difficile, je les vois monter en puissance dans les matches à élimination directe et je rêve bien sûr d’un 3ème Euro consécutif.

 

Photo de couverture : OneClick-Photo

 

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