Jean-Michel Aeby : “Notre direction, ça doit être la haine de la défaite”

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A la veille de la reprise du championnat de 1ère ligue contre La Sarraz, l’entraîneur lancéen veut démarrer la saison du bon pied. Interview.

Arrivé à Lancy en octobre dernier pour “donner un coup de main jusqu’à Noël”, Jean-Michel Aeby a prolongé sa belle aventure du côté de Marignac. Et à raison, puisqu’il n’a qu’une défaite à son actif en 19 matchs sur le banc lancéen. Cet été, l’entraîneur genevois a pu préparer la saison à venir avec sérénité, sans l’urgence du maintien, pour bâtir une équipe qui veut aspirer à autre chose.

Le mercato est en tout cas prometteur avec notamment des arrivées du canton comme Kernou de Chênois, Correia de Servette M21 et Pais, Tato et Ntongo de Bernex, d’autres en provenance des voisins vaudois comme Vuzi de Terre Sainte et Ravet d’Aigle, ou encore celle du défenseur Aïachi en provenance de Saint-Priest (France). Côté départs, des joueurs emblématiques comme Ameti et Arifi sont partis du côté de Collex, et d’autres comme Baumgartner, Torres et Ajdini ont arrêté la compétition, ce qui fait que cinq Lancéens de longue date ont quitté le vestiaire. L’attaquant Kahlaoui s’en est allé faire trembler les filets de la Fontenette et Gomis, dont la présence a failli coûter la qualification à la sélection genevoise pour la Coupe des Régions de l’UEFA, a signé à Azzurri Lausanne.

Bien que les Lancéens reçoivent Lausanne en Coupe suisse le dimanche 14 août, Aeby reste fidèle à ses principes et ne pense qu’au match de samedi contre La Sarraz, un néo-promu dont l’entraîneur Jean-Philippe Karlen part assez défaitiste. Parce que comme aime le répéter l’ex-entraîneur de Meyrin, Servette, Xamax notamment : le match le plus compliqué est toujours celui qui vient.

 

Proxifoot : A la veille de la reprise du championnat contre La Sarraz, comment abordez-vous cette saison ?
Jean-Michel Aeby : On va essayer de repartir comme on a fini ! Une nouvelle saison est toujours différente. Avant le premier match, il y a toujours quelques points d’interrogation, on rentre dans la compétition qui est complètement différente des matchs amicaux. Les gars seront prêts et auront envie d’aller chercher les trois points, il faut comprendre qu’il faut tout de suite prendre le droit chemin afin d’avoir une saison avec plus de sérénité dès le début. On va jouer un néo-promu, ce ne sont pas forcément toujours les meilleurs adversaires car ils vivent sur l’euphorie de la montée. C’est clair que si on veut estimer qu’on aura un rôle de favori, il faudra le démontrer sur le terrain et s’imposer chez nous. S’il manque certains ingrédients comme l’agressivité ou l’humilité, ce ne sera pas simple. Il faudra être à 100%, je pars avec mes idées actuelles et dans l’ensemble, je suis satisfait de la préparation estivale.

Vous avez repris l’équipe en octobre 2015 pour une opération maintien réussie avec succès. Cette année, alors que vous avez l’équipe dès le début de saison, les ambitions sont-elles à la hausse ?
Bien sûr, nos ambitions sont claires, c’est-à-dire partir du bon pied pour jouer la première partie du classement en tout cas. Le plus important sera de ne pas avoir cette menace de la barre de relégation comme l’année dernière. On travaille différemment quand on n’a pas cette menace. Notre direction, ça doit être la haine de la défaite. L’ossature de la saison passée est restée, je ne vois pas pourquoi cela changerait. Mais chaque championnat est différent, donc il est impératif de bien partir pour conditionner la suite.

Vous jouez contre Lausanne le week-end prochain en Coupe suisse. Comment faire pour que les joueurs soient centrés sur La Sarraz et non sur ce qui pourrait être pour beaucoup d’entre eux le match de leur vie ?
On n’en a pas vraiment parlé. Les joueurs sont suffisamment intelligents pour faire la part des choses. La parenthèse Lausanne s’ouvrira dès mardi et se refermera dimanche après le match. Ce serait une erreur d’en parler avant. Il faut se concentrer sur La Sarraz. On passera le message pour Lausanne quand ce sera le bon moment.

Sauf erreur, vous n’avez perdu qu’un match sur les 19 que vous avez coachés à Lancy, dont une série de 13 en cours. Quelle est la clé de ce succès ?
Les joueurs ont pris conscience de leurs qualités individuelles et de la qualité du groupe. A Noël, nous avons remanié un peu l’équipe. Certains nouveaux joueurs ont eu une répercussion positive, ont commencé à marquer des buts. Et il y a surtout eu deux matchs cruciaux contre Bernex et Terre Sainte alors que la barre était encore proche et qui nous ont libérés. J’ai aussi pu mettre en place un discours où tout le monde peut demander un repos à un moment donné sans que cela ne pose problème, car il faut jongler entre le foot et les obligations professionnelles.

Justement, pour conclure, comment quelqu’un comme vous avec un grande expérience professionnelle s’est-il adapté à un rythme d’entraînements moins soutenu avec des joueurs qui ont pour la plupart un boulot la journée ?
Tout est une question de climat de confiance à instaurer. Le nombre d’entraînements est logique pour cette catégorie : quatre plus le match, avec un jour de repos en semaine, le jeudi. Il arrive que, parfois, les joueurs ne soient pas entièrement performants les soirs d’entraînement, et c’est compréhensible car il y a une journée de boulot derrière. Le but n’est pas de taper sur le clou. Par contre, si l’esprit n’est pas bon, alors c’est un autre problème, mais cela n’est encore jamais arrivé. Le discours est clair, la confiance est installée, les joueurs sont à l’aise, se confient… Je pense que c’est la bonne méthode, mais c’est toujours plus facile quand les résultats sont là. On peut perdre un match mais la défaite ne sera acceptée que si on a tout donné et que l’adversaire était meilleur. On perd moins d’énergie en cas de résultats positifs. Mais dans le foot, vous savez, tout va très vite !

 

Photo : OneClick-Photo

 

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