Les arbitres genevois iront désormais au pénal

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Nicolas Hervieu-Causse, arbitre et avocat genevois, lance un nouveau projet visant à protéger davantage les hommes en noir et faire baisser le taux de violence sur nos terrains.

Ce n’est un secret pour personne. S’il est vrai que la médiatisation des actes violents sur nos terrains est plus forte aujourd’hui avec les exemples récents des épisodes marquants vécus sur les pelouses des Libellules, de Versoix ou encore des Evaux, qui avaient notamment conduit les arbitres à faire grève, il est également vrai que la violence est en augmentation entre les joueurs ou envers les arbitres. “C’est un fait, les actes violents sont plus fréquents ces dernières années sur nos terrains, explique l’avocat et arbitre Nicolas Hervieu-Causse. Si certains cas sont médiatisés, la majorité ne le sont pas. Il arrive bien trop souvent que des arbitres soient verbalement et/ou physiquement agressés. Aujourd’hui, bien que l’ACGF les aient durcies, les sanctions sportives infligées aux joueurs/entraîneurs qui se montrent violents envers un arbitre ne sont vraisemblablement pas assez dissuasives. C’est pour cela que j’ai proposé à la Commission des arbitres de mettre en place un nouveau projet visant à sanctionner pénalement ceux qui agressent un arbitre”. 

Changer les mentalités

Nicolas Hervieu-Causse proposera donc gratuitement son aide en collaboration avec l’ACGF et assistera les arbitres genevois victimes de violences tout au long de la procédure judiciaire. “Jusqu’à présent, très peu, voire aucun arbitre victime de violences sur un terrain ne déposait une plainte pénale, explique celui qui siffle jusqu’en 2ème Ligue interrégionale, Pourquoi ? Essentiellement parce que la procédure peut paraître complexe si vous êtes seul et non familier avec le droit. Le but est ainsi de soutenir la victime durant toute la procédure”. Le projet a été accepté par la Commission des arbitres et est appuyé par l’ACGF, l’Union genevoise des arbitres de football (UGAF) ou encore la Ville de Genève.

Il aurait dû voir le jour durant ce second tour, mais avec l’épidémie de Covid-19 qui sévit actuellement, le projet sera certainement effectif dès que le football genevois pourra reprendre. En offrant ses services, Nicolas Hervieu-Causse espère parvenir à faire changer les mentalités et ainsi faire baisser le taux de violence observé ces dernières années sur les terrains genevois. “Je pense que le fait d’avoir un casier judiciaire pour un acte de violence commis sur une pelouse peut être dissuasif et que les joueurs réfléchiront davantage avant d’agir. Le but est vraiment d’encourager les arbitres à porter plainte lorsqu’ils sont victimes d’une infraction pénale, que ce soit pour un coup, une agression, une voie de fait, une insulte ou encore une menace”. 

Les joueurs qui se montrent violents sur un terrain de football à Genève envers un arbitre pourraient donc faire face à la fois aux sanctions de l’ACGF, mais également à des sanctions pénales dans le cas où la victime porterait plainte.

Un dépôt de plainte plus ou moins automatisé

Les arbitres ne seront en aucun cas obligés de déposer une plainte pénale à la suite de violences reçues, mais seront encouragés à le faire par l’ACGF avec l’appui de Nicolas Hervieu-Causse. “Il faudra évidemment analyser chaque situation et décider au cas par cas si une plainte doit être déposée ou non. Le but n’est évidemment pas d’obstruer la justice mais les joueurs doivent garder en tête que si l’arbitre victime d’une infraction pénale souhaite porter plainte, celle-ci sera plus ou moins automatisée”. 

L’objectif de ce projet mené par Nicolas Hervieu-Causse, qui accessoirement est aussi co-fondateur de l’université du football The Football Business Association, est de réduire, voire éliminer la violence de nos terrains : “Il faut que les joueurs et entraineurs prennent conscience de ce qu’ils risquent. Je suis persuadé qu’une prise de conscience collective peut permettre de réduire les violences à l’encontre des arbitres“.

A la suite des états généraux organisés par l’ACGF le mercredi 28 novembre 2018 entre différents acteurs du football genevois pour faire face à la vague de violence qui avait provoqué notamment la grève des arbitres, une solution concrète était attendue. Nul nous dit s’il sera idéal, mais le projet mené par Nicolas Hervieu-Causse a le mérite d’être cohérent et de proposer un réel plan pour tenter de retrouver le calme sur nos pelouses.

 

Photo : Image d’illustration, archives

 





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