Pourquoi annuler la saison de football amateur est une bonne décision

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Sauf surprise générale, l’ASF devrait confirmer les souhaits de la Ligue Amateur et des 13 associations régionales d’annuler la saison 2019-2020. Pour une partie de la rédaction de Proxifoot, c’est la meilleure décision.

Lire ici l’article contre l’annulation de la saison

L’ASF devrait décréter jeudi officiellement l’annulation de la saison 2019-2020. Pour une partie de la rédaction de Proxifoot et d’internautes (45% sur nos différents réseaux sociaux), la décision prise par les instances du football suisse est juste. Et ce, pour plusieurs raisons.

Comment peut-on négliger le sprint final ?

Comment peut-on trouver légitime l’attribution de promotions et de relégations alors qu’il reste pratiquement 50% de la saison à jouer ? Autrement dit, combien d’équipes se sont sauvées ou au contraire ont tout perdu lors des deux ou trois dernières journées, voire au dernier match ? La plupart des relégations et promotions se jouent justement lors du sprint final. D’ailleurs, le classement à la mi-saison est rarement celui de fin mai. La preuve par les faits.

Partons des leaders. Lors des trois dernières saisons de 2ème ligue, par deux fois le champion d’automne n’a pas été sacré à la fin. Versoix et Aïre peuvent en témoigner. Et le discours est le même pour les équipes relégables. Est-ce que rater sa première moitié de championnat est synonyme de relégation ? La réponse est non. Les “miracles” existent et ils sont même assez nombreux. Depuis la saison 1999-2000, la moitié des équipes ayant pris les pires départs possibles ont réussi à se sauver, toujours en 2ème ligue.

En 2ème ligue inter, comment ne pas citer l’exemple de la saison passée pour deux de nos genevois. À cinq journées de la fin, UGS avait huit points à rattraper pour se sauver. Les joueurs d’Hervé Musquère s’étaient alors surpassés en réalisant un incroyable sans-faute qui leur avait permis de se sauver miraculeusement. Le perdant dans l’histoire avait été le CS Interstar, qui à l’inverse des Ugéistes, avait perdu ses neuf dernières rencontres! Sept points de pris au deuxième tour, contre les dix neuf du premier tour avaient fait chuter le club de Varembé, qui semblait pourtant à l’abri à la trêve…Et cette liste n’est pas exhaustive. Les exploits sportifs existent, et font même partie de l’essence du football. S’il y en a autant, c’est justement que cela fait partie du jeu.

Les deux tours sont très éloignés, près de quatre mois les séparent. C’est l’occasion pour les clubs de se renforcer, de changer de tactique, de méthodes d’entrainements et pourquoi pas de récupérer des joueurs blessés ou absents à l’automne. En somme, c’est quasiment un nouveau championnat qui reprend en mars. Pour eux, tout ce travail de refonte partirait en fumée si les résultats étaient arrêtés.

Ne pas reproduire l’exemple français

Pour ceux qui estiment que la saison blanche est une décision purement administrative, geler les résultats le serait tout autant. Les promotions et les relégations seraient proclamées dans les bureaux et non sur le terrain. Est-ce vraiment le langage du foot ?

Nul ne doute que la Suisse du football amateur grondera. L’exemple français le prouve. Depuis que la Fédération Française de Football a décidé d’arrêter tous ses championnats amateurs la semaine passée, elle subit la pression de clubs qui se sentent lésés. Entre pétitions, menaces de démission et recours en justice, la guerre est déclarée. La situation serait identique en Suisse.

La seule alternative valide pour pouvoir élire les promus et relégués aurait été l’organisation de play-offs et de play-out. Mais à partir du moment où il n’est pas possible de mettre en place une alternative sportive qui permette de terminer les championnats, du moins dans un futur proche, alors la meilleure solution est de repartir à zéro.

Lire ici l’article contre l’annulation de la saison

Pour Proxifoot, Matteo, Giacomo et Damian
Photo : Ian Vaney






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