À Carouge, le bras de fer entre Palma et Doglia touche à sa fin

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Étoile Carouge doit élire son nouveau président. D’un côté, Olivier Doglia représente un projet plus local, carougeois. De l’autre, Michael Palma fait de sa force financière son point fort. La décision sera connue le 1er juin. 

Le 1er juin, les Carougeois connaîtront leur nouveau président. Initialement prévue le 25 mars, la tant attendue Assemblée générale extraordinaire se tiendra en effet par correspondance, crise sanitaire oblige. Et la tâche est lourde pour les membres du club stellien, qui vont devoir choisir Olivier Doglia ou Michael Palma comme président.

Le projet local du clan Doglia-Pidancet

Partons du premier. Ancien joueur du club, il semble avoir les faveurs des membres. Et pour cause, il s’est entouré de personnalités du football genevois comme Claudio Morelli et Simon Pidancet. Mais aussi d’anciens Carougeois comme Dominique Vergnaud, qui ferait ainsi son retour en tant que directeur technique au sein du club, seulement quelques semaines après son départ à l’Olympique de Genève. « Notre projet est axé sur la formation et sur la jeunesse, avance celui qui travaille à l’UEFA au développement des joueurs. Nous avons alors renforcé notre équipe de formateurs et de responsables ». Ce projet « carougeois » laisse-t-il présager un retour au comité de l’ex-président Pierre-Alain Brodard ? « Il ne fait partie ni de loin ni de près de mon équipe dirigeante », assure le candidat.

Pour ce qui est de la première équipe, Olivier Doglia joue la carte de la prudence : « La Challenge League est un objectif sur le moyen et long terme, affirme-t-il. Carouge a les capacités pour être ambitieux, mais il faut avant tout avoir des bases solides pour ne pas faire l’ascenseur. Il faut être à jour au niveau des infrastructures. Pour monter, il faut avoir la licence, qui doit être acceptée par la SFL. À l’heure actuelle, le club ne répond pas à certains critères » (ndlr : le stade ne compte pas un espace presse, etc.).

Quid des finances? C’est peut-être sur ce point que l’élection se jouera. En plus du budget prévu, il va en effet falloir éponger l’ardoise. D’après nos informations, une estimation comptable a été faite pour la fin de cet exercice laquelle prévoit une perte d’environ 250’000 francs. « Nos garanties financières se trouvent auprès de plusieurs sponsors locaux, petits moyens et grands », assure Olivia Doglia. « Notre projet est plus dans une approche en diminuant la voilure, ajoute Simon Pidancet, possible futur directeur sportif du club. Nous prévoyons de dépenser uniquement ce que nous avons afin d’éviter toutes pertes ». Quant à la taille de l’enveloppe, nous n’en savons pas plus.

Quoi qu’il en soit, le trou financier reste important. Cette épée de Damoclès sur le club pourrait influencer les membres à chercher une sécurité financière et un budget plus grand avec d’autres ambitions.

Le projet international du clan Palma-Baobaid

En face justement, Michael Palma dispose d’une force financière incontestable. Président démissionnaire en novembre, il a finalement redistribué les cartes fin avril en présentant un projet pharamineux grâce à l’arrivée d’un sponsor émirati. L’ancien banquier a ainsi réussi à convaincre son ami Salem Baobaid d’injecter au moins un million de francs dès l’an prochain. Rien que cela. Dans son élan, l’homme d’affaires émirati a lancé son opération séduction auprès des Carougeois. En cas d’élection, il promet d’offrir toutes les cotisations pour la saison 2020-2021. « Le canton de Genève a besoin d’un deuxième club fort, juste derrière le Servette FC, annonce-t-il. Nous pouvons transformer l’Étoile Carouge en une marque internationale ».

Si la Challenge League est un objectif à court terme, le clan Palma-Baobaid souhaite également investir dans l’académie et développer la section féminine ainsi que le football pour les personnes souffrant de déficiences mentales.

On l’aura compris, ce sont deux dossiers que tout oppose. L’un plus local, l’autre international. L’un dirigé par des footeux, l’autre par des hommes d’affaires. Mais aussi l’un plus timide, et l’autre bien plus audacieux.

À présent, tout est entre les mains des 250 membres du club stellien décideront de l’avenir d’Étoile Carouge le lundi 1er juin.

 

 





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