Daniel Soares, de la Praille au freestyle

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Après avoir arrêté le football en 2017, l’ex-Servettien vient de se reconvertir au freestyle. Et sur Instagram, il cartonne.

Tout a commencé très tôt pour Daniel Soares. En 2012, il débute avec Servette en Super League, à seulement 19 ans. Pour sa seconde apparition, il s’offre même une prestation de choix contre Sion (2-2) avec un but et un penalty provoqué. « Au début, j’allais souvent avec les M21 le week-end, se rappelle-t-il. Ensuite, il y a eu un changement d’entraîneur : Joao Alves a été remplacé par Joao Pereira, et c’est cet entraîneur qui m’a changé en tant que joueur. Il m’appelait souvent le soir pour me conseiller. J’ai pu gagner petit à petit du temps de jeu ». Problème : au moment où sa carrière décolle, Pereira est licencié et est remplacé par… Alves, dont Soares ne jouissait pas de la confiance. « A partir de ce moment, j’ai commencé à baisser les bras, à perdre confiance en moi ».

Avec Servette, contre Saint-Etienne, en match amical (Photo: OneClick)

Dégoûté du football amateur

A l’instar d’autres jeunes comme Ludovic Paratte ou Hugo Fargues, qui n’ont pas vraiment connu la continuité  espérée sous le maillot grenat, Daniel Soares n’est pas une exception à la règle. Le Portugais n’aura finalement fait que quatre bouts de match, avant de cumuler les prêts dans la région : Carouge, Stade Nyonnais, Meyrin. Des expériences courtes et pas vraiment concluantes. A la fin de son contrat avec Servette, il signe à City, en 2ème ligue genevoise, malgré des propositions en 1ère ligue. « Après cette étape très décevante, j’ai voulu rejoindre mes potes à City ». Il devient meilleur buteur de 2ème ligue en 2015, avant de filer à Meyrin, Aïre et une nouvelle fois à City.

C’est au Bois-des-Frères que sa carrière prend fin suite au triste match entre City et Benfica où il a pris un coup de boule dont « encore aujourd’hui j’en ignore la raison ». Soares s’est défendu, avant qu’une bagarre générale éclate. Cet événement l’a éloigné à tout jamais du football amateur. « Je suis dégoûté du football à Genève, à vrai dire. J’en garde des séquelles à vie, j’ai des cicatrices sur ma jambe. J’ai dû me battre au tribunal, j’ai perdu 10 kilos et je suis entré dans une période compliquée pendant une année ».

Soares avec City en 2014 (Photo: OneClick)

Reconversion dans le freestyle

Malgré ce regard méfiant qu’il porte désormais sur le football amateur, le ballon ne l’a pourtant jamais quitté. Daniel Soares a toujours aimé filmer ses exploits techniques. Au début de l’année 2020, il décide de se lancer sérieusement dans les vidéos : place désormais à “d9freestyle”, son compte Instagram. « Depuis 2-3 ans, je suis un collectif qui s’appelle “F2 Freestylers”, 8 millions d’abonnés sur Instagram. J’adore ce qu’ils font, ça m’a donné envie de me lancer et le 1er janvier dernier, j’ai publié ma première vidéo. Au fur et à mesure, les gens ont apprécié ce que je fais et ça me donne de la force, comme quand j’étais joueur et que j’avais un coach qui me faisait confiance ».

Il faut dire que le bonhomme est doué. Et pour ceux qui pensent qu’il y a des centaines d’essais avant la séquence réussie, détrompez-vous : « Les vidéos où je vise une poubelle de loin, honnêtement, en 15 minutes, c’était fait. Pour les frappes, au bout de 7-8, c’est dedans. Quand on maîtrise un geste, on arrive assez rapidement à son objectif ».

 

 
 
 
 
 
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Après la balle levée, voici la balle arrêtée💫⚽️😁 After the volley, here’s the dead ball💫⚽️😁

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Comme au début de sa carrière de footballeur, tout est en train d’aller vite pour lui. Le compte Instagram 433 –27 millions de followers– a publié trois de ses vidéos ces dernières semaines, faisant exploser ses abonnés : il en compte plus de 15’000 aujourd’hui. Il a même eu droit à des likes d’Angel Di Maria (PSG) ou de Bruno Fernandes (Manchester United), ou encore à un partage humoristique de Gary Lineker sur Twitter. « Le soutien des gens, les commentaires, ça donne une force incroyable. Et quand j’ai eu un like de Di Maria, pour moi c’était mieux que de jouer à La Praille. Avec toute la force qu’on me donne en ce moment, ma confiance en moi a doublé par rapport à l’époque où je jouais à Servette ».

Le football à onze définitivement oublié, Soares compte s’employer à fond dans le freestyle. Secrètement, il rêve de vivre un jour de sa nouvelle passion. Cela passera par une amélioration constante de ses skills : « Viser des poubelles ou un panier de basket, c’est des gestes qu’on voit souvent. Les vidéos de gestes techniques comme des frappes à effet contraire, qui sont des gestes assez rares, marchent beaucoup mieux. C’est ça que je vais continuer à développer. Et je vais aussi lancer prochainement une chaîne Youtube, les gens me le demandent souvent ».

L’ancien footballeur est désormais un fervent défenseur du freestyle, que le monde du football peine à reconnaître, jugeant ces gestes inutiles sur un rectangle vert. « Il faut faire la différence entre les deux mondes, tranche Soares. Mais les gens vont au stade pour voir du spectacle, les freestylers en proposent, donc allez les regarder aussi. Sean Freestyle (Arnaud Garnier), qui a une technique surnaturelle, fait des gestes que les footballeurs professionnels sont incapables de reproduire. Bien sûr que cela n’est pas utile dans le football à onze, mais il faut faire la part des choses ».

d9freestyle, le nouveau Daniel Soares






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