Théo Gradaille: « Je ne pouvais pas refuser un club comme Bâle »

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Après quatre saisons dans l’académie du Servette FC, le prometteur latéral gauche a choisi de poursuivre sa carrière au FC Bâle. Gradaille a signé pour trois ans et intègrera dans un premier temps les M21.

Depuis le début du mois, Servette multiplie les communiqués annonçant la signature de contrats professionnels de la part de jeunes du club. En voyant plusieurs joueurs de la génération 2002 (Noah Henchoz, Theophilious Opoku et Matteo Regillo, ndlr) concernés, certains devaient s’attendre à ce que Théo Gradaille, dont le contrat chez les Grenat expirera le 30 juin, soit parmi les prochains. Pourtant, le choix de l’international suisse M18 de rejoindre le FC Bâle était pris depuis des mois. Explications.

Proxifoot : Raconte-nous comment s’est fait ce transfert à Bâle.
Théo Gradaille : Bâle est un club qui m’a toujours fait rêver. Depuis que je suis arrivé à Servette en M15, j’avais toujours une motivation supplémentaire contre eux. Le club rhénan a contacté Servette l’été dernier déjà, mais c’était compliqué car il me restait un an de contrat. Dès ce moment, Servette sentait que je préférais partir donc je ne pense pas qu’ils aient été étonnés lorsque j’ai refusé leur offre (qui était également un contrat de trois ans, ndlr). Je ne pouvais pas en parler avant l’annonce officielle du FC Bâle mais j’ai signé là-bas il y a un moment déjà.

Qu’est ce qui t’a poussé à choisir Bâle plutôt que Servette ?
J’ai l’impression que dernièrement, Servette met beaucoup de joueurs sous contrat, ce qui est bien pour les jeunes comme moi, mais propose à chacun d’entre eux les mêmes conditions. Cela ne m’inspirait pas particulièrement confiance. À Bâle, on ne m’a pas donné spécialement plus de garanties, les meilleurs joueurs seront sur le terrain peu importe qu’ils soient nouveaux ou au club depuis des années. Par contre, je serai inséré dans un groupe de quelques talents qui pourront potentiellement monter assez vite avec la première équipe en fonction de leurs performances.

Gradaille (au centre) avait marqué contre GC cet automne (Photo: S. Eursels)

Est-ce que tu aurais repensé ton choix si Servette M21 était monté en 1ère ligue ?
Honnêtement, je ne pense pas car c’est vraiment difficile de refuser quand un club du calibre de Bâle toque à la porte. C’est dommage car les M21 méritaient cette promotion. C’est vrai néanmoins que je ne me réjouissais pas à l’idée d’évoluer en 2ème ligue inter l’année prochaine. Je préfère être directement confronté à plus de difficultés dès mon arrivée chez les actifs. Pouvoir toucher à la Promotion League à 18 ans, ce sera déjà un sacré challenge car c’est une division difficile où il y a des adultes et des anciens professionnels entre autres.

En voyant tes coéquipiers de longue date signer pro à Servette, tu n’as pas remis ton choix en question ?
Il est vrai que lorsqu’ils ont pu annoncer leur signature tandis que moi je devais encore attendre, ça m’a un peu rendu impatient. Toutefois, ça ne m’a pas du tout fait regretter mon choix, je n’avais que Bâle en tête. Nous n’avions d’ailleurs pas discuté de nos futurs choix entre nous mais nous sommes tous fiers les uns des autres.

Financièrement, Bâle t’a fait une offre plus avantageuse ?
Je ne veux pas trop en parler. Le contrat était certes meilleur mais, en toute honnêteté, j’y ai à peine pensé. Si j’ai choisi Bâle, en plus de toutes les raisons à peine évoquées, c’est pour prendre du plaisir, relever de nouveaux défis et gagner. J’ai toujours joué pour ça.

Y a-t-il d’autres raisons qui t’ont fait pencher pour Bâle ?
Oui. Je pense tout d’abord que Bâle a les meilleures infrastructures de Suisse. L’organisation et le suivi individuel sont aussi excellents, les M21 sont traités pratiquement comme un groupe pro. En plus, Bâle disputera la Youth League l’année prochaine. Là aussi ce sera sans doute une expérience non négligeable. Et enfin, Alexander Frei, qui entraînait les M18 cette saison, sera l’entraîneur des M21. Comme entraîneur, il est exigeant, dur et il a la gagne. D’ailleurs, j’ai toujours été impressionné par la préparation physique de Bâle chaque fois qu’on les a affrontés. Lorsque l’on commençait à fatiguer en fin de rencontre, eux redoublaient d’efforts et faisaient la différence. On m’a d’ailleurs prévenu que la préparation allait être très dure.

En M13 avec le maillot de Carouge lors d’un derby contre… Servette

En plus de Servette et Bâle, avais-tu d’autres offres sur la table ?
D’autres clubs suisses et un club allemand qui joue le maintien en Bundesliga m’ont fait des propositions. Au premier tour, il y a aussi des scouts de clubs étrangers qui sont venus me voir jouer. Pour ma progression, je tenais à rester en Suisse. Il arrive que des jeunes d’ici partent tôt à l’étranger pour au final revenir. Je préfère continuer à faire mes preuves en Suisse et continuer à progresser étape par étape. Mais surtout, je ne pouvais pas refuser un club comme le FC Bâle avec un vrai projet autour de moi.

À quoi t’attends-tu pour la saison prochaine sur le plan personnel ?
À court terme, je souhaite bien m’intégrer au sein de l’équipe. Ce qui joue en ma faveur, c’est que je connais plusieurs de mes futurs coéquipiers car je les affronte depuis des années, mais aussi car on joue ensemble en équipe de Suisse depuis les M15 pour certains. C’est moins difficile lorsque l’on sait que l’on n’atterrit pas dans l’inconnu. J’essayerai aussi d’améliorer mon allemand. Par contre, c’est clair que j’irai à l’entraînement affamé. J’espère pouvoir gagner ma place dans le onze et pourquoi pas, à plus long terme, m’entraîner régulièrement avec la Une.

Depuis que tu as signé, es-tu retourné sur place ?
J’y suis retourné pour ma visite médicale, oui. J’ai pu visiter les infrastructures ainsi que mon futur appartement. J’ai aussi et surtout rencontré les gens qui s’occuperont de moi dont le “talent manager” et les entraîneurs spécifiques.

Parlons pour finir de l’équipe de Suisse, avec qui tu joues depuis ta période M15, que vises-tu sachant que l’Euro U19 se tiendra en fin d’année ?
Je vais donner tout ce que j’ai pour figurer parmi les joueurs convoqués aux matchs de préparation. J’espère vraiment faire partie de l’équipe de Suisse M19 pour cet Euro en Roumanie, mais je ne me focalise pas là-dessus pour le moment, chaque chose en son temps. Je me rappelle qu’en M17, jouer l’Euro avait été une expérience unique. Et chaque fois que je porte le maillot suisse depuis ma première sélection contre la Belgique en M15, c’est une vraie fierté. Il y a toujours un peu d’émotion aussi.

Quelques années plus tôt contre l’OL (photo: J.M. Varela)

Buteur à une reprise cette saison contre Grasshopper, Théo Gradaille se définit comme un latéral “plus offensif que défensif”. Ce dernier se dit même prêt à évoluer sur le flanc gauche dans un 3-5-2, mais est toutefois loin de négliger l’aspect défensif. Le renfort rhénan n’aura de toute façon pas le choix en rejoignant une équipe qui avait la deuxième meilleure défense de Promotion League avant l’arrêt de la saison. Son rôle dans l’équipe d’Alexander Frei la saison prochaine sera donc à surveiller.

Que ce soit avec l’équipe de Suisse ou en club, la trajectoire de Théo Gradaille –majeur depuis mercredi seulement– impressionne. Le latéral hispano-suisse garde cependant la tête sur les épaules et a tenu comme mot de la fin à relever les mérites de tous ceux qui le soutiennent : “Je dois bien sûr remercier ma famille qui m’accompagne depuis mon plus jeune âge que ce soit dans mes études ou dans mes choix sportifs. Mes proches m’ont particulièrement aidé dans mon choix entre la Suisse et l’étranger. Je remercie également mon agence MandA Sports Agency pour avoir rendu ce transfert possible et pour toujours être là même dans les moments compliqués. Au sein de l’agence, il y a notamment Henry Girod avec qui je suis proche et pour qui j’ai une pensée particulière”.

Le futur de Théo Gradaille sera à suivre de près, tant les profils de la sorte ne courent pas les rues en Suisse…

 

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