« Je souhaite entraîner le plus haut possible »

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Après s’être occupé du Team ACGF et des FE-13 d’Etoile Carouge, Marcos Pereira prend actuellement son pied du côté de Villarreal où il effectue sa deuxième saison dans l’un des meilleurs centres de formation d’Espagne.

Le monde du football regorge de belles histoires. Celle de Marcos Pereira en est une. Alors entraîneur des FE-13 d’Etoile Carouge, il se met comme objectif de tenter le grand saut à l’étranger : “J’avais décidé d’aller en Espagne et pour ce faire, j’ai contacté un préparateur physique que j’avais côtoyé et qui avait des relations avec les clubs de Villarreal et de Grenade, détaille Marcos Pereira. J’ai profité d’un stage que nous avions avec Carouge à Barcelone pour le rencontrer. Il m’a dit apprécié ce qu’il voyait de mon équipe et qu’il parlerait de moi aux deux clubs sus-mentionnés“. Une offre concrète arrivera par la suite et quelques jours plus tard seulement, l’ancien carougeois entame sa nouvelle aventure dans la province de Castellon, sa première en tant que professionnel dédié 100% au football. Un rêve devenu réalité.

Football du matin au soir

C’est en tant qu’analyste vidéo du Villarreal C (la troisième équipe du club, ndlr) que Marcos Pereira est engagé. Chaque saison, les cartes sont redistribuées et il effectue cette année le même rôle pour le Juvenil A (16-18 ans) du sous-marin jaune. “Chaque équipe junior du club est encadrée par un staff garni de cinq à six personnes minimum, explique le genevois. Nous sommes plusieurs entraîneurs assistants avec chacun une fonction bien définie, mais qui peut varier d’année en année. La mienne actuellement est celle d’analyser les entraînements et les matchs qui sont tous filmés, et également de décortiquer nos futurs adversaires. Chaque entraîneur assistant s’occupe aussi d’une position sur le terrain tout au long de la saison. Pour ma part, je suis responsable des attaquants et je suis donc en charge de suivre leurs objectifs individuels et de leur organiser des spécifiques par exemple”.  

Avec une seule journée de repos par semaine, Marcos Pereira passe plus de huit heures par jour au stade. “Nous avons nos entraînements le matin avec le Juvenil A. Nous discutons des séances avec l’entraîneur principal, puis ensuite nous avons l’entraînement. Une fois ce dernier terminé, je charge l’entraînement filmé et je prépare l’analyse selon les objectifs et les demandes de l’entraîneur principal”. En ce qui concerne l’analyse des adversaires, les joueurs de l’équipe sont mis à contribution : “Un petit groupe de joueurs est désigné pour décortiquer notre rival du week-end avec moi, dans le but de les former et les amener vers cette réflexion. Ils présentent ensuite tout cela à l’équipe”.

Marcos Pereira parle à ses joueurs, lors d’un match avec les FE-13 d’Etoile Carouge.

Une fois rentré à la maison aux alentours de 16h, la journée de Marcos n’est pas terminée puisqu’il s’occupe entre autre d’envoyer les vidéos aux joueurs de manière individuelle. “Quand vous faites ce métier, vous ne comptez pas vos heures. Je me rends compte tous les jours de la chance que j’ai de faire cette profession. C’est incroyable, vraiment“.

Villarreal, pôle d’excellence de la formation

Ce club historique de la région de Castellon est une anomalie dans le paysage du football moderne. La petite ville de Villarreal ne compte que 50’000 habitants mais a vu son club évoluer en Europe lors de 15 des 20 dernières saisons. “C’est une petite ville qui vit pour le football, raconte Marcos Pereira. Cette stabilité dont fait preuve le club est une vraie exception”. Tout simplement épatant. Le secret ? Une excellente gestion du président Fernando Roig qui dès sa prise en main du club en 1997 a décidé de miser sur les jeunes avec l’ambition de devenir l’un des centres de formation les plus performants d’Espagne et même d’Europe.

Des joueurs tels que Santi Cazorla, Pablo Fornals ou encore Rodri ont tous été formés au sein des catégories inférieures du sous-marin jaune. “C’est vraiment une volonté affichée et clamée à haute voix par le club. Villarreal souhaite être le meilleur centre de formation d’Espagne afin de fournir la première équipe. C’est l’une des raisons qui m’a notamment poussé à rejoindre cette magnifique institution“. De plus, le club jouit d’une excellente réputation : “En temps normal, hors COVID-19, tout est très ouvert ici, les joueurs et les entraîneurs sont très accessibles pour échanger et ceci est très enrichissant. Vous pouvez également assister à tous les entraînements de la première équipe par exemple, ce qui n’est pas le cas du côté du Barça ou du Real“.

La récente arrivée d’Unai Emery à la tête de la première équipe a apporté un nouveau souffle : “Un tel entraîneur a évidemment un gros impact. Il amène beaucoup de professionnalisme. De nombreux jeunes des Juvenil A ont la possibilité de s’entraîner avec la première équipe et étant donné qu’il y a désormais 25 joueurs convoqués par match dû au COVID-19, beaucoup de joueurs de notre équipe ont la chance d’y aller et d’apprendre à vitesse grand V“.

Le Villarreal C 2019-2020 avec Marcos Pereira (2ème rang, 4ème personne en partant de la droite).

Patience et ambition

Avec ce premier pas dans le monde du football professionnel, Marcos espère continuer à gravir les échelons sans pour autant brûler les étapes : “A court terme, mon but est de prendre en charge une équipe. Villarreal m’a proposé d’entraîner les Cadetes (14-15 ans) cette saison, mais j’ai préféré rester assistant pour le moment, car je veux d’abord passer ma licence UEFA Pro. Avec le COVID-19, certains cours ont été annulés et cela va prendre un peu plus de temps”. A plus long terme, l’ancien joueur de Chênois et Veyrier notamment ne se met pas de barrière : “Je souhaite entraîner le plus haut possible“.

Après une année et demie d’expérience en Espagne, Marcos Pereira a constaté plusieurs différences entre le football genevois et ce qu’il vit désormais au quotidien. “La première grande différence, ce sont les joueurs. Ici à Villarreal, ce sont les meilleures joueurs d’Espagne, ce qui se fait de mieux. A Genève, c’est un bassin plus réduit, les formateurs se doivent donc d’être plus exigeants et les joueurs plus exigés. Ici, si un joueur se relâche, un autre le double. Il y a beaucoup plus de concurrence entre les joueurs. En Suisse, les joueurs sont plutôt en concurrence avec eux-mêmes”.

Le second constat de l’ancien entraîneur carougeois concerne le rythme avec ballon : “En Suisse chez les plus jeunes, lorsque vous faites un 5 contre 2 par exemple, vous avez une source de ballon. Une fois que cette source est épuisée, vous arrêtez le jeu puis allez chercher l’ensemble des ballons. A Villarreal, nous avons un staff organisé de manière à ce que le ballon ne s’arrête pas et qu’il n’y ait ainsi jamais de pause. Ce qui donne beaucoup plus de rythme aux joueurs. Le fait d’avoir des staffs plus garnis qu’en Suisse, notamment chez les plus jeunes, où vous êtes généralement deux maximum par équipe permet d’imposer ce rythme aux entraînements”. 

L’aventure de Marcos Pereira en Espagne n’est qu’à ses débuts mais le Genevois est déjà conquis : “Ce que je vis en termes d’aventure humaine est incroyable. Les joueurs que nous entraînons, bien qu’ils soient professionnels, sont des personnes extrêmement simples et abordables. Ils sont toujours à l’écoute et c’est un véritable plaisir de travailler dans ces conditions“. Cette belle histoire vient tout juste de démarrer, mais ce qui est certain, c’est que nous avons déjà hâte de découvrir la suite de carrière de Marcos.

Le joueur à suivre : Yéremy Pino

Date de naissance : 20 octobre 2002, 18 ans
Lieu de naissance : Las Palmas
Taille : 1,72m
Position : Attaquant – ailier droit

Capitaine de la sélection U18 de l’Espagne, Yéremy Pino est entrain d’exploser du côté de Villarreal. Il est le joueur qui a le plus impressionné Marcos Pereira à ce jour : “Avec seulement 16 ans l’an dernier, il était au milieu de gars de 19-20 ans en 3ème division et il faisait des choses incroyables. Il arrive petit à petit en première. Il a déjà gagné le respect des leaders de l’équipe. Cette année il a disputé plusieurs matchs d’Europa League et de Liga, il a tout pour réussir“.

 

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