« Me concentrer uniquement sur le foot m’avait manqué »

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Adler Da Silva vient de passer du Stade Nyonnais au FK Pohronie (première division slovaque). Une chance à saisir pour l’attaquant brésilien qui a connu plusieurs désillusions au cours des dernières années.

Alors qu’il vient de fêter ses 22 ans, Adler Da Silva vient peut-être de connaître le tournant de sa carrière : “Je jouais en D3 suisse, la première division slovaque ne se refuse pas”. En effet, ce transfert est un vrai don du ciel pour le joueur formé dans les rangs du Servette FC : “Un scout était présent à Colovray lors de l’un de nos derniers matchs avant l’arrêt. Il est entré en contact avec moi après la rencontre, nous nous sommes vus pour qu’il m’explique le projet et un accord a vite été trouvé. Le 29 décembre, tout était signé”. Un prêt avec option d’achat au FK Pohronie jusqu’à la fin de saison qui vient récompenser la résilience du jeune attaquant du Stade Nyonnais, pas toujours chanceux lors de ses dernières expériences.

Début de carrière en flèche

Il n’y a pas si longtemps, Adler Da Silva était considéré comme une vraie pépite de notre canton. Entre capitanat des M-18 du Servette FC, convocations avec la première équipe, sélections en équipe de Suisse de jeunes et participation à la Youth League, le Brésilien traversait une période exceptionnelle. Mais alors qu’il avait participé au retour de Servette en Challenge League lors de la saison 2015-16, puis endossé à plusieurs reprises le maillot grenat à l’échelon supérieur, le rêve prend fin pour Adler Da Silva : “À la trève, Servette a engagé un nouvel entraîneur (Meho Kodro, ndlr) et mon profil ne l’intéressait pas. J’ai préféré aller en prêt à Carouge que de retourner en 2ème ligue inter avec les M-21″. Une mise à l’écart frustrante pour le numéro 11 grenat de l’époque, qui venait de faire sept apparitions en Challenge League sous les ordres d’Anthony Braizat.

Capitaine des M18 servettiens à l’époque.

Les mésaventures s’enchaînent

Suite à ce prêt peu prolifique du côté de la Fontenette, Da Silva revient à Servette, dispute le premier tour en 2ème ligue inter et est à nouveau prêté, cette fois du côté de Grasshoppers. “Là-bas, j’ai vécu l’événement le plus dur jusque-là. Sans faire des grandes stats en 1ère ligue, je jouais bien et je m’entraînais souvent avec la première équipe. À l’été 2018, j’effectuais la préparation avec eux et je m’attendais à signer un contrat avec GC, c’était prévu. Un matin je suis arrivé à l’entraînement et j’ai appris que j’allais devoir quitter le club car aucun accord avec le Servette FC sur les frais de formation n’avait été trouvé. Ça m’a vraiment blessé car j’étais persuadé que le transfert allait se faire”.

Alors que sa carrière avait débuté sur les chapeaux de roue, Adler se retrouve donc à ses 19 ans sans club pendant plusieurs semaines et s’entraîne individuellement, avant de recevoir une offre du FC Sion. Avec la réserve du club sédunois, militant en Promotion League, rien ne s’arrange pour le Brésilien qui ne trouve qu’une fois la chemin des filets sur toute la saison : “Il y a énormément de joueurs à Sion, c’est vraiment compliqué. Un jour tu joues, puis tu ne joues plus. Un jour tu t’entraînes avec la Une, puis tu es sur le banc avec la réserve. Je ne prenais plus vraiment de plaisir”. Un passage au Valais caractérisé par peu de hauts et beaucoup de bas qui ne lui permet donc pas de se relancer.

Une saison à Sion à oublier pour le Genevois.

“J’ai toujours cru en moi”

Mentalement, la situation était tout sauf simple pour Da Silva qui avait été champion de Promotion League avec la première équipe du Servette FC trois saisons plus tôt mais dont la carrière tardait à décoller depuis. Mais alors qu’il n’avait que 20 ans et que beaucoup auraient sans doute abandonné, l’attaquant brésilien a d’autres plans : “J’ai toujours cru en moi malgré ce qui s’est passé et les différends que j’ai pu avoir avec certains coachs. J’ai toujours voulu faire du football mon métier et je ne me suis jamais dit que j’allais lâcher et tout arrêter”. Adler arrive donc au Stade Nyonnais, son troisième club en autant de saisons, déterminé à rebondir.

Sa persévérance paie. Pendant cette année et demie du côté de Colovray, l’attaquant retrouve le “plaisir de jouer” mais également sa réussite (5 buts en 12 matchs avant l’arrêt) : “J’ai joué comme ailier la plupart de ma carrière mais cette saison l’entraîneur m’a déplacé en pointe et je me suis senti à l’aise”. Un changement de rôle tout sauf anodin puisque c’est dans cette position qu’il est repéré par le FK Pohronie.

Grande déception à Grasshoppers.

Objectif maintien et nouveau contrat

Cette opportunité en Slovaquie est donc une récompense tant inattendue que méritée pour un joueur qui n’a jamais baissé les bras. Adler devrait par ailleurs avoir des responsabilités dans son nouveau club, actuellement dernier du classement : “C’est un championnat à douze équipes où les six premiers disputent les playoffs et les autres les playout. Rien n’est perdu pour nous donc, surtout que nous avons des matchs en retard sur plusieurs équipes. L’entraîneur compte sur moi et veut clairement que je sois le 9 titulaire. Il m’a garanti du temps de jeu et compte sur mes buts”.

En attendant le 6 février (reprise du championnat), l’ancien servettien aura le temps de bien s’intégrer à l’équipe. Ses premières impressions sont en tout cas excellentes : “Bien que le club soit pour le moment à la dernière place, il y a une bonne ambiance et tout le monde m’a bien accueilli. La philosophie de jeu du coach et ses idées me plaisent et il y a beaucoup d’intensité aux entraînements. On s’entraîne même deux fois par jour souvent. Mais ce qui change beaucoup pour moi ici, c’est que je vis football, je n’ai pas le temps de penser à autre chose. C’est quelque chose qui m’avait manqué”.

Motivé à bloc pour cette nouvelle aventure, Adler Da Silva a désormais du pain sur la planche. En cas de maintien, il signera certainement un contrat avec le FK Pohronie. Si son club en venait à être relégué en revanche, il serait de retour au Stade Nyonnais. Le moment est venu de briller pour le Genevois !

Photo de couverture : C.M. Trigo

 

 

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