Servette Chênois est champion suisse !

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La victoire face à YB (2-0) a officialisé le titre de champion du Servette FC Chênois Féminin. Un sacre tant historique que mérité pour l’équipe d’Éric Sévérac.

Ça y est ! En l’emportant mercredi soir contre YB, le Servette FC Chênois Féminin s’est assuré le premier titre de champion suisse de son histoire, le premier en absolu pour un club romand dans cette catégorie. Une récompense on ne peut plus méritée pour la troupe d’Éric Sévérac, stoppée net dans sa conquête du Graal la saison passée et dominatrice tout au long de l’actuelle. Pas de doutes : cette rencontre du 19 mai 2021 face à YB restera dans les mémoires…et dans l’histoire.

« Mes jambes tremblaient dès la première minute »

Les calculs étaient simples avant d’entamer cette rencontre : faire au moins le même résultat que Zurich, en déplacement au même moment à Bâle, équivalait à être sacré champion. La victoire garantissait donc le titre, quoi qu’il arrive. On sent d’ailleurs que c’est pour ce résultat que jouent les Grenat dès les premiers instants, et ce malgré la naturelle nervosité que ressent une personne sur le point de toucher au but. La centrale de la défense servettienne Thaïs Hurni en témoigne : « Il y avait une énorme pression, j’avais les jambes qui tremblaient dès la première minute. On s’est serré les coudes, surtout derrière, et au final on a réussi ».

Difficile donc de mettre en place un plan de jeu ou de faire abstraction de la potentielle finalité dans ce genre de contexte où le côté émotionnel prend le dessus sur la tactique ou encore la raison. L’entraîneur Éric Sévérac, qui vivait sans doute l’une des rencontres les plus importantes de sa carrière d’entraîneur, était lui aussi conscient des réactions que l’enjeu pouvait engendrer : « C’est toujours un peu tendu quand tu as une balle de match comme ça. On a essayé de jouer le mieux possible en étant détendus mais ce n’était pas simple en face, avec YB qui est troisième du championnat et qui a fait son match ». Le visage affiché par les Servettiennes, supérieures à leur vis-à-vis dans le jeu, est plutôt convaincant. Mais dans les faits, le plus important reste cette réalisation contre son camp, provoquée par un coup franc de Marta Peiró (32′, 1-0). Une ouverture du score à la demi-heure de jeu qui change tout et qui offre déjà la quasi-totalité du titre à Servette Chênois.

« On court après ça depuis deux ans »

Le plus dur étant fait, les Grenat passeront leur seconde période à attendre le coup de sifflet final plus qu’autre chose. Le but à dix minutes du terme de Léonie Fleury, son quatorzième en championnat, viendra quant à lui disséminer les derniers doutes : c’est officiel, Servette Chênois est champion suisse. Un sentiment de travail accompli qui n’a pas de prix pour Éric Sévérac : « C’est un grand soulagement. On court après ça depuis deux ans. Je suis très heureux pour les filles qui travaillent et qui font des sacrifices depuis des années. C’est mérité ».

On ne contredira certainement pas Éric Sévérac pour ce qui est du mérite. Servette Chênois, en ne perdant que deux fois en vingt-six rencontres de championnat, a été un modèle de régularité. Une régularité que relève Thaïs Hurni : « C’est très dur d’être régulier tout au long d’une saison et on a réussi à le faire. Je suis fière de toute l’équipe. C’est incroyable, vraiment ». L’entraîneur servettien est du même avis : « On a été réguliers sur les quatre tours de championnat et c’est là-dessus que ces compétitions se gagnent ».

Une équipe qui, dans les rares moments durs connus pendant ces derniers mois, n’a jamais traîné avant de rebondir. Éric Sévérac relève une réaction du début de saison par-dessus toutes : « Après notre défaite en début de saison contre Zürich, on s’est rendu à Bâle qui était aussi en haut du classement. On a gagné avec la manière, on s’est remis dans la peau du leader et ça nous a lancé. Nous n’avons à partir de là pratiquement plus fait de faux-pas jusqu’au match contre Zurich du mois dernier ». Zurich, qui aura d’ailleurs été l’unique bête noire des Genevoises cette saison, en les battant deux fois en championnat et en les éliminant en Coupe. Insuffisant ceci dit pour maintenir le cadence sur la durée.

Les Servettiennes étaient trop fortes pour la concurrence cette saison.

Du 4 novembre 2017 au 19 mai 2021

Privées de titre il y a un an alors qu’elles y filaient tout droit, les Servettiennes ont dû être patientes, mais l’attente en valait la peine. Un destin incroyable et un succès immédiat pour ce club né d’une fusion il y a moins de cinq ans. C’est d’ailleurs avec fierté qu’Éric Sévérac, présent depuis le début de l’aventure, se remémore les débuts : « Notre premier match était justement contre YB, c’était ici, le 4 novembre 2017 en Coupe. Dès lors, on n’a jamais cessé de travailler et de monter les échelons. Au fil des saisons, on a su construire une équipe capable de mener à bout notre projet de gagner un titre en suisse romande et d’accroître la présence du football féminin dans notre région ». Mission accomplie avec brio.

Souverain à l’échelon suisse, le Servette Chênois Féminin peut jeter à présent un œil vers le futur avec confiance et détermination. Pour ce qui est du futur proche, il reste deux matchs au Grenat avant de s’accorder des vacances méritées dès le 29 mai : GC à l’extérieur et Bâle de nouveau à domicile. Si l’on se projette maintenant sur la saison suivante, l’équipe d’Éric Sévérac, qui a d’ailleurs logiquement été confirmé sur le banc grenat, aura la tâche jamais simple de conserver sa couronne. En plus de cela, Servette Chênois a d’autres défis qui l’attendent : une seconde campagne en Ligue des Champions et une revanche à prendre en Coupe de Suisse. Le futur promet du spectacle.

 

SERVETTE FC CHÊNOIS FÉMININ – BSC YB-FRAUEN  2-0 (1-0)
Stade de Genève

Buts : 32′ Salm (CSC) 1-0, 82′ Fleury 2-0

Servette Chênois (3-4-1-2) : Thalmann – Hurni, Gillioz, Spälti – Revelli, Serrano (77′ Padilla), Maendly, Soulard (90′ Duclos) – Lagonia (90′ Dumauthioz) – Peiró (63′ Arfaoui), Sarrasin © (77′ Fleury).
Entraîneur : Éric Sévérac

YB (3-4-1-2) : Bürki – Schmid, Salm, Frey – Suter (83′ Redondo), Stöckli (59′ Schreurs), Widmer ©, Bachmann (59′ Neuhaus) – De Alem da Eira – Waeber (77′ Jost), Strode.
Entraîneur : Charles Grütter

Avertissements : Revelli (Servette Chênois) ; Schmid (YB)






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