Etoile Carouge s’envole pour l’Espagne pour un stage de préparation en ce mardi 6 janvier. L’entraîneur Pedro Nogueira fait le bilan du premier tour et se projette sur la suite.
Dans un peu plus de deux semaines, Etoile Carouge retrouvera la compétition. Avant-derniers de Challenge League, les Stelliens devront hausser le curseur s’ils entendent s’éviter les mauvaises surprises d’ici le mois de mai. Arrivé à la Fontenette cet été pour remplacer Adrian Ursea, parti à Yverdon, l’entraîneur Pedro Nogueira nous a accordé une interview avant de s’envoler avec l’équipe pour une semaine de stage de préparation dans la région de Málaga.
Proxifoot : À quel point cette coupure de quelques semaines a fait du bien ? Et, à l’inverse, à quel point c’était désagréable de se voir avant-dernier, à 3 points de la dernière place, pendant cette trêve hivernale ?
Pedro Nogueira : “Avoir une pause fait toujours du bien, il y en a peu dans le foot. On travaille ensemble depuis plusieurs mois et ça a fait du bien à tout le monde. Concernant notre classement, c’est une réalité qui est difficile, mais qui est là. On en conscient qu’on doit faire mieux. On a eu une période de réflexion afin de trouver des solutions qui nous permettront de repartir en redressant la barre”.
Votre dernier match a été le 19 décembre dernier contre le Stade Lausanne-Ouchy (défaite 1-2). Maintenant que tu as un peu plus de recul sur votre première partie de saison, quel bilan en tires-tu ? Qu’est-ce qui aurait pu être mieux fait ?
“Comptablement, c’est insuffisant, c’est clair. Il va falloir qu’on corrige le tir pour prendre plus de points. On a manqué d’efficacité offensive sur certains matchs, et on a eu des erreurs défensives ponctuelles qui nous ont parfois coûté cher. Mais je mettrais globalement l’accent sur la partie offensive. On doit davantage concrétiser nos actions. Au niveau du projet de jeu, je trouve que nous sommes cohérents entre les deux surfaces. Si on regarde nos expected points, on s’aperçoit aussi qu’on est l’équipe la moins bien payée de la ligue à ce niveau-là, puisqu’on a récolté 8 points de moins de ce qu’on aurait dû. Encore une fois, à nous de trouver les solutions pour être plus efficaces”.
« Si on regarde les Expected Points, on devrait avoir 8 points de + de ceux que l’on a aujourd’hui »
As-tu aussi eu l’occasion de faire le bilan avec la direction pendant cette trêve ? Qu’en est-il ressorti ?
“On a fait le bilan ensemble, et on a constaté qu’il y avait un certain nombre de choses à corriger pour que ça se passe mieux lors du deuxième tour. Il y a de l’exigence, mais je me sens aussi soutenu et appuyé. Je me sens très motivé à l’idée de relever le défi qui nous attend”.
« J’ai parlé avec la direction. Il y a de l’exigence, mais je me sens soutenu »
Et l’équipe, dans quel état l’as-tu retrouvée pour attaquer cette nouvelle année et cette deuxième partie de saison ?
“J’ai retrouvé une équipe motivée, qui a conscience de la mission qui l’attend sur ce deuxième tour. Une équipe déterminée et prête à travailler avec le bon état d’esprit, consciente des manquements qu’il y a parfois eu lors du premier tour et prête à faire mieux”.
Doit-on parler d’une mission commando qui attend Etoile Carouge ?
“C’est clairement une mission sauvetage. Nous voulons stabiliser le club dans la ligue pour cette deuxième saison consécutive en Challenge League. Nous serons clairement en mission. Nous ferons jouer l’équipe de la manière la plus efficace possible par rapport au groupe à disposition. Je reste convaincu que le chemin le plus court vers la victoire reste celui de jouer au ballon et d’avoir une mentalité offensive, mais on devra aussi faire preuve d’un mental à tout épreuve, d’une bonne agressivité et d’un esprit de sacrifice exemplaire pour aller chercher les points qui nous permettront de nous sauver”.
Vous allez 3 semaines de travail avant la reprise du championnat le vendredi 23 janvier prochain. Quelles seront les priorités pendant cette préparation ?
“Premièrement, il y a un travail mental à faire. On doit avoir cette mentalité de gagnant, cette envie de partir en mission et de se battre sur chaque ballon, de faire les efforts les uns pour les autres. On doit être plus dur avec nous-mêmes. Et bien sûr, on veut continuer à construire notre projet de jeu tout en travaillant notre efficacité dans les deux surfaces”.
« Premièrement, il y a un travail mental à faire »
Une de ces trois semaines de préparation se fera en Espagne (du mardi 6 au dimanche 11 janvier). Quelle est la plus-value d’un stage de ce type ?
“Je remercie tout d’abord le club, car partir en stage pendant une semaine représente un effort financier. On sera dans des conditions idéales. À Genève, à cette période de l’année, le terrain est parfois gelé ou à la limite de l’être. Partir pour ce camp d’entraînement en Espagne nous permettra d’avoir un gros volume de travail et de souder le groupe, avec les joueurs et le staff qui seront ensemble pendant toute la journée, tous les jours”.
Pourriez-vous compter sur des nouvelles recrues ou futures recrues pendant ce stage en Espagne ?
“Là, ce n’est pas mon domaine. Le directeur sportif Fabrice Sanches s’en occupe. Nous avons discuté ensemble d’un certain nombre de choses, bien entendu. Pour ma part, mon rôle est de tirer le maximum des joueurs que j’ai à disposition à l’instant T. Et je suis prêt à aller à la guerre avec eux”.

Revenu de Roumanie, Oscar Correia (61 buts en 147 matchs avec Etoile Carouge) s’entraîne avec le groupe. Son retour devrait être officialisé prochainement. Photo : Giuseppe Velletri
Vos premiers matchs de championnat de 2026 seront contre le Stade Nyonnais (23 janvier) et Rapperswil (30 janvier). Ce sont deux concurrents directs contre la relégation. À quel point ça rend la préparation actuelle encore plus importante ?
“À partir du moment où on est en mission maintien, on doit être en mesure de faire des points lors de tous les matchs. Tous les matchs compteront, aussi bien ceux contre Nyon et Rapperswil lors de la reprise que les suivants”.
La saison dernière, à la tête des M-21 du Lausanne-Sport, tu avais réussi un grand deuxième tour, jusqu’à être promu en juin. Dans une autre mesure, peut-on s’attendre à une deuxième partie de saison où Carouge saura monter en puissance ?
“Même si le contexte entre les deux réalités est différent, il y a des choses qui seront similaires. À commencer par le fait de croire à notre projet. L’année dernière, nous n’étions même pas parmi les favoris à la promotion, et nous avions finalement terminé à la première place du groupe. On avait réussi à passer un cap en terme de travail, et on devra être capable de le faire ici à Carouge aussi. On avait aussi fait des choix forts, pris des risques payants. Je crois à mes méthodes, à ma façon de coacher et de travailler. J’ai fait mon autocritique et je sais qu’il y a des choses à changer. Maintenant, nous devons simplement travailler avec humilité”.
Quel est ton sentiment actuel, avant d’attaquer cette deuxième partie de saison ? Plutôt de l’excitation, de la pression, un sentiment de revanche, une hâte à l’idée de reprendre…?
“Je suis conscient de la responsabilité qui m’incombe et du moment que traverse le club. Je suis très confiant et déterminé à faire en sorte qu’Etoile Carouge réalise un deuxième tour meilleur que le premier”.
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Photo de couverture : @labzprod











