Huit mois après le match de gala disputé contre le LS Variété, le projet LS4ALL, équipe constituée de joueurs en situation de handicap mental, poursuit son développement. Entretien avec son entraîneur Jean-Marie Perret.
Le sport reste l’un des meilleurs vecteurs d’inclusion et d’intégration. Cette maxime, Jean-Marie Perret l’a transformée en un véritable projet en 2019, en collaboration avec l’institution spécialisée L’Espérance. Voilà sept ans que le projet « On s’en foot » a vu le jour, avec la création du FC Espérance, une équipe réunissant des personnes en situation de handicap et des juniors du FC Epalinges. L’initiative a pris de l’ampleur au fil des années, jusqu’à la création en 2025 d’une équipe officielle du Lausanne-Sport : le LS4ALL. L’équipe dispute désormais chaque année un match de gala au Stade de la Tuilière, mais reste déterminée à poursuivre son développement. Point de situation avec l’entraîneur Jean-Marie Perret.

L’équipe du LS4ALL a le privilège de pouvoir disputer des tournois dans tout le pays. @sportframes._
Un projet qui ne cesse de grandir
Plus qu’un match de gala annuel, la formation lausannoise se veut une véritable équipe active tout au long de l’année. L’équipe entraînée par Jean-Marie Perret dispute plusieurs tournois nationaux par an à travers la Suisse, avec un certain succès. « Le LS4ALL continue son parcours de vie », a dit le coach du LS4ALL. « On a participé à un tournoi organisé à la Tuilière par le LS. C’est un tournoi de la SFL qui réunissait toutes les équipes pro qui avaient une équipe adaptée. On a fait ce tournoi, on a fini 2e. C’était un vrai régal de voir tous ces jeunes en situation de handicap y participer », a-t-il déclaré.
Au-delà du football, le LS4ALL permet aussi à ces joueurs de créer des liens et de partager des moments avec d’autres jeunes. « Dans le cadre de la Swiss Inclusive League, il était prévu de mélanger les joueurs. Certains jeunes valides d’Epalinges, des féminines du Lausanne-Sport et nous avons tous joué ensemble », a expliqué Jean-Marie Perret.
Contrairement à son grand frère « On s’en foot », le projet LS4ALL est une sorte de sélection des meilleurs joueurs des différentes institutions du canton. Une équipe dont le niveau ne cesse de progresser. « Ils commencent de plus en plus à avoir confiance en eux et c’est ça qui est la clé », a affirmé Jean-Marie Perret. « Plus ils ont confiance, plus ils vont pouvoir montrer leurs aptitudes athlétiques et techniques, et nous, on est là pour les coacher et surtout les encourager », a-t-il détaillé.
Un potentiel de développement encore important
Malgré cette progression, les moyens à disposition restent encore limités. Les équipes de juniors s’entraînent deux ou trois fois par semaine. Jean-Marie Perret regrette cette situation, qui constitue un véritable frein au développement du projet. « Il manque clairement des possibilités pour pouvoir s’entraîner », a clamé d’emblée Jean-Marie Perret. « Il faudrait peut-être deux entraînements par mois, voire trois. Ce qui nous manque, c’est cette régularité de s’entraîner deux fois par mois ; ce serait déjà énorme. Mais pour l’instant, on se contente de ce qu’on a et nous obtenons des résultats encourageant au vu de la fréquence de nos rassemblements », a-t-il détaillé.

Jean-Marie Perret est satisfait de l’évolution du projet, particulièrement au vu des réalités logistiques auxquelles il doit faire face. @sportframes._
Au-delà des infrastructures, les institutions jouent un rôle central dans le projet. Ces organisations jouent un rôle essentiel dans le suivi des jeunes en situation de handicap. Sans leur soutien, un tel projet ne pourrait pas continuer à se développer. Pour Jean-Marie Perret, ces organisations doivent prendre conscience que le sport est bien plus qu’une simple activité. « Il y a des institutions qui ont vite compris l’enjeu et qui partent du principe que le sport n’est pas qu’un loisir, mais une question de santé publique », a-t-il expliqué. « D’autres institutions sont un peu plus réticentes parce qu’elles comptent sur eux sur leur lieu de travail, et cela peut poser problème par rapport à ce qu’elles appellent l’égalité, alors qu’on parle plutôt d’équité. C’est une chance pour ces jeunes de participer à un projet comme celui-ci, car la reconnaissance et l’appartenance, c’est la clé de l’inclusion », a détaillé l’entraîneur du LS4ALL.
Grâce aux efforts de Jean-Marie Perret, le projet « On s’en foot » a été reconnu comme projet inclusif au niveau de la Suisse romande par l’Association suisse de football. Cette reconnaissance apporte une base solide au projet et à l’ambition de faire de l’inclusion par le sport une véritable norme. « Mon rêve est que les clubs puissent proposer une offre pour ces personnes », a expliqué l’entraîneur du LS4ALL. « Il n’est pas question de parler d’inclusion forcée, mais de permettre à des jeunes qui voudraient rejoindre le circuit traditionnel d’y participer », a-t-il développé.
Le prochain match de gala sera organisé dans le courant du mois de septembre, à une date qui reste à déterminer. Le LS4ALL tentera de prendre sa revanche sur le LS Variétés après sa défaite de l’an dernier (3-2).
Photo de couverture : sportframes._
