Revenir là où l’on a découvert le football, retrouver un maillot chargé de souvenirs et boucler la boucle. Après de riches carrières, Alain Rochat, Sandrine Gaillard et Muamer Zeneli ont choisi de revenir à leurs sources.
En fin de carrière, certains joueurs choisissent de retrouver leur club formateur. Non pas pour ajouter une ligne à leur palmarès, mais pour renouer avec le plaisir de jouer, se rapprocher de leurs proches ou porter à nouveau les couleurs du club qui leur a offert leur première chance. Malgré des parcours riches, Alain Rochat, Sandrine Gaillard et Muamer Zeneli ont tous fait le choix du cœur. Trois trajectoires différentes, mais une même destination : la maison.
Un retour rempli d’ambitions
Tout commence sur les terrains du FC Grandson-Tuileries. Formée dans le club nord-vaudois, Sandrine Gaillard rejoint ensuite les sélections Team Vaud avant de faire ses débuts en Ligue nationale A avec Yverdon Sport à seulement 15 ans. Sa carrière la mène ensuite au FC Zurich, où elle remporte à quatre reprises le doublé championnat-Coupe, puis à l’Eintracht Francfort, à Servette FCCF et au Sun de Tampa Bay, aux États-Unis. Internationale suisse, elle dispute les Euros 2017 et 2022 ainsi que la Coupe du monde 2023.

Sandrine Gaillard partage avec ses coéquipières à Yverdon Sport les bénéfices de sa riche carrière. @libsvisuals
Malgré les opportunités de poursuivre sa carrière ailleurs, l’envie de revenir dans le Nord vaudois ne l’a jamais quittée. « Au fond de moi, cela me tenait à cœur de revenir à Yverdon, proche de ma famille et de mes proches », a-t-elle confié. À 32 ans, la Vaudoise retrouve ainsi le club qui lui avait offert ses premiers pas dans l’élite. Un retour motivé autant par l’attachement au club que par l’ambition sportive. « Il y a un vrai projet ici à Yverdon, déjà bien lancé, qui peut encore faire évoluer les choses dans la région et promouvoir le football féminin ».
L’ancienne internationale espère désormais mettre son expérience au service de cette jeune équipe, fraîchement promue en première division féminine suisse. « C’est un beau challenge. J’espère pouvoir les aider grâce à mon expérience afin qu’Yverdon s’installe durablement comme une équipe sérieuse d’AXA Women’s Super League », a-t-elle expliqué. « Je me sens un peu comme chez moi ici, proche de l’endroit où j’ai grandi. Cela m’a fait un grand plaisir de retrouver ce maillot et des joueuses que je connaissais déjà ».
Revenir là où tout a commencé
Avant de connaître les plus grandes compétitions européennes et de fouler des pelouses prestigieuses, Alain Rochat était simplement un jeune garçon qui rejoignait le terrain des Tuileries à vélo. International suisse espoirs à 42 reprises, le défenseur effectue toute sa formation jusqu’à l’âge de 13 ans à Grandson-Tuileries avant de rejoindre Yverdon Sport, où il débute en première équipe en 1999. Suivent ensuite le BSC Young Boys, le Stade Rennais, deux titres de champion de Suisse avec le FC Zurich, une aventure en Major League Soccer avec les Vancouver Whitecaps, un retour à Young Boys, puis une dernière étape professionnelle au Lausanne-Sport.
Son parcours l’amène notamment à disputer la Ligue des champions avec le FC Zurich face au Real Madrid, à l’AC Milan et à l’Olympique de Marseille. Une riche carrière qui lui permet de côtoyer certains des plus grands joueurs de sa génération.
Lorsque le Vaudois met un terme à sa carrière professionnelle, il pense avoir définitivement raccroché les crampons. Mais son frère et plusieurs amis d’enfance en décident autrement. « Ce retour était toujours dans un coin de ma tête », a-t-il avoué. « Une fois que j’ai annoncé ma fin de carrière, mon frère m’a poussé à venir jouer à Grandson avec lui et d’autres amis d’enfance ».
Plus de vingt ans après avoir quitté son club formateur, Alain Rochat retrouve les couleurs jaune et bleu, cette fois en 3e ligue. « J’ai toujours été très attaché à la ville de Grandson. Les souvenirs de venir à vélo au stade et de jouer uniquement pour le plaisir m’ont rappelé mes débuts, quand je passais mon temps sur les terrains, parfois même après l’extinction des lumières », a-t-il détaillé. « C’était un endroit familier pour moi. J’y ai passé toute mon enfance et je connaissais les lieux par cœur. Je me suis senti de nouveau à la maison ».
L’ancien défenseur garde un excellent souvenir de cette expérience, ponctuée de plusieurs anecdotes. « Je suis arrivé en voulant jouer attaquant pour marquer des buts et prendre du plaisir. Finalement, pour le plus grand plaisir de tout le monde, j’ai terminé la saison à mon poste de prédilection, en défense », a-t-il raconté en souriant. Son retour fait rapidement parler dans le village. Fier de retrouver ses couleurs, il annonce même la nouvelle à ses anciens coéquipiers en leur envoyant une photo accompagnée de ce message : « Regardez, je suis de retour ! »
Muamer Zeneli : un retour gagnant
Muamer Zeneli représente parfaitement le parcours d’un footballeur des talus. Formé à Malley jusqu’en junior C, il poursuit sa formation au Lausanne-Sport avant d’évoluer au FC Echallens, à Bavois et Yverdon Sport. En 2021, il remporte la Promotion League avec le club nord-vaudois, avant de retrouver les Peupliers durant trois saisons.
En janvier 2025, l’envie de mettre de côté le football semi-professionnel pour consacrer davantage de temps à sa famille fait naître l’idée d’un retour à Malley. « J’avais envie d’arrêter avec ce haut niveau. Je me devais de lever un peu le pied », a-t-il confié.
Lorsque Renato Rocha reprend la présidence du club en novembre 2024, Zeneli est nommé directeur technique. Voir Malley évoluer en 3e ligue renforce son envie de s’investir. « Quand Renato a repris le club en tant que président, cela a renforcé chez moi l’idée que je devais leur venir en aide », a-t-il expliqué.

Muamer Zeneli a retrouvé les couleurs de Malley le temps d’une saison, afin d’aider le club dans sa reconstruction. @sportframes._
L’idée de retrouver les terrains prend rapidement forme avec deux autres anciens du club, Aziz Demiri et David Kilinc. « Avec Aziz et David, ce retour était toujours dans un coin de nos tête. Tout s’est aligné. On a voulu aider Renato et permettre à Malley de retrouver la 2e ligue », a-t-il conté.
Les souvenirs de ses débuts confortent son choix. « Il y a plein de souvenirs qui me sont revenus à l’esprit quand j’ai remis ce maillot pour la première fois. C’est là-bas qu’on s’est connus avec Aziz et David », a-t-il poursuivi. Directeur technique et joueur, Muamer contribue à la remontée de Malley en 2e ligue, objectif atteint à l’été 2026.
Après cette réussite, il poursuit son aventure au FC Crissier. Un départ qui ne ferme pas la porte à un nouveau retour. « On ne sait pas de quoi est fait l’avenir et je ne ferme pas la porte à un futur retour à Malley », assure-t-il.
De nombreux témoignages qui confirme que si l’argent prend souvent le pas sur le reste, l’identification à un maillot veut encore dire bien des choses en 2026.
Photo de couverture : @sportframes._
