Helder Silva revient sur sa séparation soudaine avec le FC Plan-les-Ouates.
Dans la foulée de l’annonce du départ d’Helder Silva, jusqu’ici entraîneur de la première équipe du FC Plan-les-Ouates, le directeur sportif Angel Bua a fait état d’une décision qui n’était “pas précipitée”. Joint par téléphone quelques heures plus tard, le coach sortant n’était, sans surprises, pas exactement du même avis : “Elle l’est quand même un peu…”. Mais que s’est-il passé ?
« Ça m’a surpris et déçu »
Le communiqué officiel du club, ainsi que les propos d’Angel Bua, indiquent que cette séparation s’est faite d’un commun accord. Sans le nier, Helder Silva apporte néanmoins quelques précisions : “Ça a été discuté ensemble, mais la première impulsion vient du club… Ça m’a surpris et déçu, car on avait un projet de deux ans, et on ne me laisse pas terminer mon boulot (ndlr: Helder Silva est arrivé avant le début de la saison 2024-25). Je trouve cela bizarre venant d’un club formateur. Le projet, c’était de réussir à monter au bout des deux ans, donc à la fin de la saison en cours. On n’a joué que deux journées sur ce deuxième tour, il reste 33 points en jeu… C’est logique qu’il y ait un sentiment de frustration”.
Les mots d’Helder Silva après le match de reprise contre Onex (1-2), le samedi 28 février dernier :
« L’impulsion ne vient pas des joueurs »
Y a-t-il autre chose que les mauvais résultats obtenus sur ce début d’année (ndlr : deux défaites) qui ont été reprochées à Helder Silva ? “Pas à ma connaissance. J’ai en tout cas la certitude que l’impulsion ne vient pas des joueurs”, assure le principal intéressé, qui s’est rendu au stade mardi soir pour dire au revoir à son groupe avant l’entraînement, dirigé par le nouvel entraîneur Michael Bleve. “J’ai construit l’équipe en partant d’une base de deux joueurs qui étaient restés de la saison précédente (2023-24, ndlr). Ce sont des mecs en adéquation avec mes valeurs footbalistiques et humaines. Je tiens d’ailleurs à les remercier pour leur implication, leur exigence et leur excellent état d’esprit tout au long de cette aventure. On se bat depuis un an et demi pour un objectif et on était encore en course pour l’atteindre. D’ailleurs, contrairement à d’autres entraîneurs, je n’ai jamais caché que je voulais monter”.
La conscience tranquille
Cette fin d’aventure brusque, comme l’avaient été les dernières expériences d’Helder Silva à Grand-Saconnex et à Saint-Prex, laisse forcément un goût amer à celui qui, avant de passer par ces 3 clubs, avait entraîné pendant une quinzaine d’années du côté d’Aïre-le-Lignon : “J’ai la conscience tranquille”, assure-t-il. “Partout où je suis allé, j’ai eu des résultats, en repartant quasiment de zéro, ou en tout cas de contextes pour le moins difficiles. Peut-être que certains clubs n’ont pas les mêmes ambitions que moi. Peut-être que j’ai trop d’ambitions pour certains clubs. Ou peut-être que les gens autour du club ne veulent pas la même chose que moi non plus. Encore une fois : je pars avec la conscience tranquille et convaincu d’avoir réalisé un très bon travail en peu de temps, en donnant aussi souvent la chance à des jeunes du club”.

Helder Silva, à gauche, célèbre après une victoire obtenue à Carouge en fin de saison dernière. @_zuodarfoto
Avant de tourner la page, le coach sortant a souhaité adresser un mot à certaines personnes spéciales pour lui lors de son aventure plan-les-ouatienne : “J’aimerais remercier tout particulièrement mon staff : Simon Lloves, Durim Lika…. Sans oublier mon capitaine emblématique Sergio Nascimento, qui a fait preuve d’un engagement sans faille. Enfin, j’aimerais aussi remercier le président Julien Chobillon pour sa confiance. C’est sa dernière saison au club et j’aurais aimé lui offrir une promotion…”.

Julien Chobillon quittera la présidence du FC Plan-les-Ouates à la fin de la saison, pour rejoindre le comité central de l’ACGF en tant que président de la Commission des manifestations et relations avec les clubs.
« Ça me manque déjà… »
À présent, qu’entend faire l’entraîneur de 46 ans ? “Ça me manque déjà (rires, ndlr). “Plus sérieusement, le foot est mon pain quotidien depuis plus de 25 ans et il le sera jusqu’à la fin de ma vie, certainement. Maintenant, je veux aussi prendre un peu de temps pour ma famille et pour moi. En attendant un projet intéressant…”.
Photo de couverture : Giuseppe Velletri










