Leila Marrel, les adieux d’une pionnière

0

Après sept saisons avec la première équipe d’Etoile Carouge, celle qui restera la première fille à avoir rejoint le club de la Fontenette a choisi de poursuivre son parcours ailleurs. Entretien.

Une page se tourne, à Etoile Carouge. Il y a une vingtaine d’années, à une époque où le club ne possédait pas encore de section féminine, Leila Marrel devenait la première fille à s’y inscrire. De ses premiers pas à la Fontenette avec les garçons à ses sept saisons de suite avec la première équipe féminine, la Genevoise en a vu de toutes les couleurs avec ce club, à qui elle fait aujourd’hui ses adieux. “J’avais besoin de nouvelles ambitions, de choses plus concrètes et d’un nouvel environnement pour repartir après ma blessure”, nous glisse-t-elle. Entretien. 

 

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Une publication partagée par Etoile Carouge FC (@etoilecarougefc)

Un parcours riche, mais semé d’embûches

Bien que qualifiable de véritable clubiste, Leila Marrel a connu d’autres aventures que celle stellienne jusqu’à présent dans sa carrière. Pendant sa jeunesse, la défenseure genevoise a transité par le FF Chênois et les sélections de l’ACGF, et ce jusqu’en M-16. Elle a ensuite rejoint le Servette FC Chênois Féminin à l’époque où l’équipe évoluait en LNB, avant de redescendre avec la réserve suite à une blessure, et de redevenir carougeoise en 2019. Au cours des dernières années, la sélection du Maroc U23 (un de ses pays d’origine avec l’Italie) lui avait même ouvert ses portes. Certains contacts avec les sélections de jeunes de l’équipe de Suisse avaient également eu lieu.

Mais la trajectoire de Leila Marrel en tant que joueuse a malheureusement aussi été caractérisée par des blessures, souvent à des moments charnières de son parcours. Qu’il s’agisse de la rotule (2017) du ménisque (2023) ou des ligaments croisés (2025), la Genevoise n’a pas été épargnée et a dû plusieurs fois passer sur le billard.

Elle traverse d’ailleurs en ce moment-même une phase de réathlétisation après une opération au genou subie il y a quelque mois. “Mes blessures sont toujours arrivées à des moments importants pour moi. C’était comme un coup de massue à chaque fois que j’approchais d’un objectif que je m’étais fixé”, explique-t-elle. “Mais ça m’a aussi permis de développer une résilience et beaucoup de discipline. Lorsque je me blessais et que je voyais que des gens autour de moi pensaient que je n’allais pas être capable de revenir à un bon niveau, ça me donnait encore plus envie de leur donner tort”.

En 2023, Etoile Carouge et Leila Marrel décrochaient une montée historique en LNB.

Sur et au bord du terrain

Même lorsque ses blessures lui ont contraint de laisser les crampons de côté pendant quelques temps au cours de ces dernières saisons, la jeune femme n’est pas restée loin des terrains pour autant. Le parcours de Leila Marrel dans le football genevois ne se limite en effet pas à celui de joueuse, pour celle qui entraîne la jeune génération depuis 2015. À l’académie du Servette FCCF, d’abord, puis avec les sélections féminines de l’ACGF, et ce jusqu’à aujourd’hui.

Ce rôle m’a permis de garder cet amour pour le football même quand ça devenait personnellement compliqué en tant que joueuse”, explique-t-elle. “Mon parcours et mon expérience personnelle de joueuse m’ont aussi permis de ne pas transmettre ce que j’ai pu endurer, en faisant passer l’humain en priorité”. 

Leila Marrel est engagée en tant qu’entraîneure depuis bientôt 10 ans. Elle possède le diplôme B UEFA.

Retrouver le plaisir

Avant de penser à la suite, Leila Marrel tient surtout à remercier Etoile Carouge pour toutes ces années au club, et tous ces souvenirs accumulés. “Je suis très reconnaissante pour cette opportunité qui m’a été donnée ici, et pour les efforts fournis par le club pour nous permettre d’évoluer dans de bonnes conditions. Je suis aussi reconnaissante d’avoir croisé le chemin de personnes qui ont humainement été très présentes pour moi et qui ont toujours cru en moi. À présent, j’espère retrouver le plaisir de jouer au football et pouvoir retrouver des ambitions au sein d’un groupe”. Avant de retrouver, un jour, la Fontenette ? 

Les yeux rivés vers le futur, toujours avec le sourire.

Photo de couverture : @_amartinezphotos

Share.

Comments are closed.