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Quand les terrains impactent tout un club !

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Face à des terrains impraticables, plusieurs équipes vaudoises ont vu leur préparation estivale fortement perturbée. Entre délocalisations des entraînements, matchs annulés et complications logistiques, ces clubs ont connu une reprise loin d’être idéale.

Cet été, les fortes chaleurs ont fortement mis à l’épreuve les infrastructures sportives vaudoises. Plusieurs pelouses ont été lourdement touchées par la sécheresse, certaines allant jusqu’à devenir impraticables. Une problématique qui pourrait devenir de plus en plus fréquente avec la multiplication des épisodes caniculaires. Cela oblige les clubs à trouver, souvent dans l’urgence, des solutions de repli, dans une région où la disponibilité des terrains est déjà limitée. Pour le FC Forward-Morges et le FC Bursins-Rolle-Perroy, deux équipes confrontées à ces difficultés, les conséquences sont nombreuses : entraînements délocalisés, terrains à partager, coûts supplémentaires ou encore matchs de préparation annulés. On fait le point avec Guillaume Simersek, président du FC Forward-Morges, et José Caballero, entraîneur de la première équipe du FC Bursins-Rolle-Perroy.

Forward-Morges : un enchaînement de problématiques

À Morges, le terrain principal du Parc des Sports, remis à neuf après les inondations de juin 2024, n’a de loin pas été épargné. Après avoir été fortement touchée par la sécheresse, la pelouse a subi un problème de pression du système d’arrosage, empêchant certaines zones d’être correctement irriguées. À cela se sont ensuite ajoutés des vers blancs et des champignons. « Le terrain était devenu un véritable champ de mines, les terrains annexes aussi ont souffert de la sécheresse », résume Guillaume Simersek, président de Forward-Morges.

La dégradation du terrain du parc des Sports est saisissante. @forward_morges

Cette situation a directement perturbé la préparation du club, qui a été retardée par manque de terrain. Avec trois équipes d’actifs à faire fonctionner, les possibilités étaient limitées et les entraînements ont dû être réorganisés. Le club a notamment pu louer un terrain synthétique à Etoy, appartenant à Morges Natation, afin de disposer de deux séances hebdomadaires, à partager entre les trois équipes. Une solution nécessaire, mais qui a engendré des coûts supplémentaires et de nombreuses contraintes logistiques. « On n’a pu reprendre que très tard à cause de cette situation. On a pu aller à Etoy, mais on était trois équipes pour un seul terrain », explique le président. « De plus, on a dû à chaque fois déplacer le matériel et cet endroit convenait moins aux joueurs pour se déplacer que le terrain habituel ». Le terrain de rugby, prêté durant le mois de juillet, a également permis de compléter les créneaux disponibles, malgré, là aussi, l’absence de buts et de lignes tracées.

Le programme de matchs amicaux a lui aussi été fortement perturbé. Les rencontres prévues à domicile ont dû être annulées et remplacées dans l’urgence, lorsqu’un adversaire a pu être trouvé. Forward-Morges n’a finalement disputé que trois matchs de préparation face à des équipes externes, auxquels s’est ajouté un match interne contre la réserve. « Nous avons dû trouver des matchs à la dernière minute, ce qui n’est jamais facile », souligne Guillaume Simersek. Une situation qui, selon le président, se ressent encore dans ce début de championnat, avec une équipe encore en rodage.

Le président de Forward-Morges, Guillaume Simersek, a passé son été à jouer les pompiers de service.

Alors que le club pensait initialement pouvoir retrouver son terrain pour la reprise du championnat, il a finalement appris, dix jours avant le début de celui-ci, qu’il ne serait pas disponible avant le début du mois d’octobre. Après avoir étudié plusieurs solutions, notamment l’utilisation du terrain B du Parc des Sports, Forward-Morges a finalement trouvé un accord avec Tolochenaz pour y disputer ses quatre premiers matchs à domicile : « L’ACVF a accepté de nous faire jouer sur le terrain B, pour autant que 400 mètres de barrières y soient installés autour du terrain. C’était inimaginable, tant du point de vue financier que logistique, d’installer et d’enlever des barrières après chaque match ». Une solution provisoire a donc été trouvée du côté de Tolochenaz : « On a sondé plusieurs terrains et finalement, c’est avec le comité et la municipalité de Tolochenaz qu’un accord a été trouvé ». Le club espère retrouver son terrain dès le 4 octobre pour le derby face au FC Lonay. « Si ça continue comme ça, notre objectif de jouer le derby contre Lonay au Parc des Sports sera possible », espère Guillaume Simersek.

FC Bursins-Rolle-Perroy : une préparation sans terrain

Du côté du FC Bursins-Rolle-Perroy, les difficultés ont commencé avant même l’arrivée des fortes chaleurs. Le club, qui dispose pourtant de trois sites à Bursins, Rolle et Perroy, s’est retrouvé progressivement privé de l’ensemble de ses terrains. À Bursins, le terrain de la Perrausaz était déjà indisponible en fin de saison dernière. En cause, la présence du scarabée japonais, qui s’était installé sur la pelouse. Pour lutter contre cet insecte, il est nécessaire de ne plus arroser le terrain, ce qui a contraint le comité à fermer le terrain le 1er juin dernier. Les Bursinois ont ainsi dû se délocaliser et disputer leurs finales à Perroy.

La situation s’est compliquée avec l’arrivée de la canicule et de la sécheresse. Face aux restrictions d’arrosage, le club ne disposait plus de solution de repli. Le terrain de Bursins est le seul des trois sites pouvant être arrosé en cas de fortes chaleurs, grâce à un système qui puise son eau dans le lac. Mais celui-ci était déjà fermé en raison du scarabée japonais. Avec le terrain de Bursins hors service et la sécheresse qui frappait à son tour les sites de Rolle et Perroy, le comité a pris la décision de fermer ces deux derniers sites. Malgré trois infrastructures à disposition, le club s’est retrouvé sans aucun terrain disponible pour préparer sa saison. « On a repris mi-juillet à Perroy et on n’a pu faire qu’une seule semaine de vraie préparation sur un terrain qui n’était plus arrosé et presque déjà impraticable. À partir du 17 juillet, avec la décision de fermer les autres sites, on s’est retrouvé sans terrain pour notre préparation », explique José Caballero, entraîneur de la première équipe.

L’absence de terrain a rendu la préparation estivale très difficile pour BRP. @portillavisuals

Contraint de trouver une solution de repli, le club a trouvé un terrain à Etoy, mais les possibilités y étaient particulièrement limitées. « On a pu s’entraîner une fois par semaine à Etoy durant trois semaines seulement et on avait un petit synthétique de 5 contre 5 qui était aussi disponible. Autant dire qu’à 25 dessus, il était impossible de travailler efficacement ». La préparation s’est donc transformée en véritable cauchemar. « On a improvisé tant bien que mal pour se préparer. On s’est retrouvé avec un seul entraînement par semaine, voire aucun, et ensuite, on complétait avec du travail individuel que chacun faisait de son côté. Certains ont des abonnements de fitness, ce qui a permis de s’entraîner un peu plus. Je ne pouvais pas imaginer une préparation plus catastrophique que cela ». Malgré ces conditions, BRP a tout de même réussi à disputer cinq matchs amicaux. « C’était notre seul moyen pour toucher un peu le ballon et travailler tactiquement », explique José Caballero.

Les fortes chaleurs désormais passées, le club voit enfin le bout du tunnel. Le comité a rouvert les terrains de Rolle et Perroy, permettant à BRP de retrouver progressivement un rythme d’entraînements plus régulier et de disputer ses matchs à domicile à Rolle. Toutefois, les conséquences de cette préparation tronquée se font déjà sentir sur le terrain. Défait 4-0 la semaine dernière face à la deuxième équipe de Bavois, José Caballero constate les dégâts. « On ressent qu’on a un très grand retard physique. Il va falloir compenser cela au plus vite. La semaine dernière, le comité a rouvert les terrains. Heureusement, car si la situation continuait sans pouvoir s’entraîner, je préférerais déclarer forfait ».

José Caballero déplore les dégâts causés par la fermeture des terrain @max_gb_px

BRP peut enfin reprendre un rythme d’entraînements plus normal, mais dans des conditions encore loin d’être idéales. Si le terrain de Bursins reste indisponible pour une période encore indéterminée, les sites de Rolle et Perroy ont rouvert, mais ont souffert du manque d’arrosage durant l’été. « Les terrains ont été rouverts, mais leur état reste pathétique », constate le coach. « En s’entraînant sur les terrains sur lesquels on joue, l’état des terrains s’améliore difficilement. On fait avec ce que l’on a ». Le club disputera son premier match à domicile samedi 5 septembre à 17 h, à Rolle, face à Echichens.

Une problématique appelée à se répéter ?

À travers les exemples de Forward-Morges et du FC Bursins-Rolle-Perroy, une tendance se dessine : les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs, appelés à devenir de plus en plus fréquents, pourraient avoir un impact toujours plus important sur la préparation des équipes vaudoises. Face aux restrictions d’arrosage et à des températures qui rendent les pelouses naturelles impraticables, les clubs devront peut-être réfléchir à davantage recourir aux terrains synthétiques. Une solution qui permet de garantir une certaine continuité, mais qui n’est pas sans conséquences, notamment pour les articulations des joueurs, et qui modifie aussi la nature du football pratiqué.

Pourtant, dans certaines situations, ces surfaces pourraient apparaître comme l’une des rares alternatives pour assurer la continuité des entraînements et des compétitions. Car, au-delà des difficultés logistiques et financières, ces situations soulèvent également une question sur l’équité sportive entre formations impactées ou non par des soucis d’infrastructures sportives sur lesquelles elles n’ont souvent aucun pouvoir.

Photo de couverture : @forward_morges

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