Parti en Angleterre pour ses études, le Genevois Matthew Bowman fait son trou dans le football semi-pro. Passé de la huitième à la sixième division, il évolue désormais à Bath City, où il vient d’inscrire son premier but.
Matthew Bowman fait partie de ces joueurs passés par Servette en Juniors non-retenus en raison de leur petite corpulence. Ce constat semble étonnant quand on voit le gaillard de 194 centimètres et 88 kilos gagner aujourd’hui des duels sur les terrains boueux de National League South, la sixième division anglaise. “J’ai grandi sur le tard”, justifie celui qui, à force de résilience, n’a jamais baissé les bras.
Le Genevois de mère suisse et père anglais a posé ses valises en terres britanniques en 2021 pour ses études. C’était le projet de départ, parce que bien qu’il ait fini son bachelor l’année dernière, il y est désormais installé pour le football. Et sa cote ne cesse de grimper.
Des problèmes de croissance
Si aujourd’hui, à 22 ans, Matthew Bowman aspire à continuer de gravir les échelons du football anglais, tout n’a pas été facile pour le milieu défensif. Il a commencé le football à l’US Meinier, puis a suivi la trajectoire classique d’un gamin genevois qui se débrouille bien avec le ballon: d’abord à Etoile Carouge, puis à Servette, de M-14 jusqu’en M-17. C’est là que le tri commence: “J’ai connu beaucoup de problèmes de croissance”, explique le Genevois. “J’ai grandi de 20 centimètres vers la fin, mais je me blessais souvent. J’avais des problèmes de dos et de talon. Mon corps ne supportait pas la charge de travail”.
Non-retenu par Servette, Matthew Bowman décide de revenir aux sources à Meinier, en intégrant le groupement Team Rive Gauche avec Choulex et Coheran, à l’été 2020, en période Covid.

Période Servette FC, sous la houlette de Raffaele Del Rosso
En Angleterre pour les études
Après un titre de champion en Juniors A et une montée en A inter, il décroche aussi la maturité au Collège Calvin. Le timing était bon pour traverser la Manche. Le voici à l’Université de Bath, à 180 kilomètres à l’ouest de Londres, pour un bachelor en management du sport.
Niveau football, il ne chôme pas, puisqu’il joue dans l’équipe de l’université en semaine, mais également dans un club de D8, Larkhall Athletic, le week-end, où il gagne déjà un peu d’argent. “C’est totalement différent de la Suisse, même en D8 tu peux être payé et il y a des milliers de spectateurs qui vont au stade”, s’émerveille-t-il.
He shoots, he scores @Mattybwmn 💪 pic.twitter.com/mqX0FildQz
— Larkhall Athletic FC (@LarkhallAFC) February 4, 2024
Les croisés à Portalban
La troisième année d’université se faisant en emploi, Bowman la fera au Centre national de sport de Macolin, dans le canton de Berne. S’étant affirmé dans le football amateur britannique à Larkhall, il en profite pour signer à Portalban, club broyard de 1ère Ligue Classic.
Malheureusement, lors de son premier match titulaire, en amical contre Meyrin, il se fait les ligaments croisés. “Le bon côté des choses, c’est que j’ai pu faire ma rééducation à Macolin”, positive celui qui passera la saison 2024-2025 sur le carreau.

Contre Andy Carroll (Dagenham & Redbridge) en novembre dernier.
L’éclosion à Bath City
A l’été 2025, Matthew Bowman retourne en Angleterre du côté de Larkhall, en D8, où il joue quelques matchs avant de recevoir une offre en D7 financièrement intéressante. Mais le destin l’amène une ligue plus haut : “Le jour où j’allais signer, Bath me contacte sur les conseils du président de Larkhall. Je fais deux entraînements avec eux et je signe en D6”. Depuis ses débuts avec Bath City en novembre dernier, il est titulaire indiscutable et jouit de plus en plus de visibilité. Il a même marqué son premier but la semaine dernière contre le leader Worthing (victoire 3-2).
Dans une ligue de 24 équipes avec 46 journées de championnat, en plus de la FA Cup et du FA Trophy, le rythme est effréné, avec quasiment deux matchs par semaine, ce qui réduit le nombre d’entraînements: “On a uniquement deux entraînements par semaine, mais ce sont des grosses séances avec salle de musculation, séance vidéo et grosse session de foot”.
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Une cote qui ne cesse de grimper
Environ 2.000 spectateurs par match, des vrais fans qui chantent, un poste de titulaire, un premier but marqué et une cote qui ne cesse de grimper: tout roule en ce moment pour le corpulent milieu de terrain, qui est comme un poisson dans l’eau dans un football ultra physique. “Cela se passe super bien ici”, reconnaît-il. “Un agent m’a contacté et le but est d’aller encore plus haut. Mon contrat à Bath est jusqu’au mois de mai. Mon objectif est d’essayer de signer plus haut ou de prolonger à Bath, si je n’ai rien. C’est une expérience de fou d’être ici, cela n’a rien à voir avec ce que j’ai connu en Suisse, rien qu’au niveau des spectateurs”.
Avec une progression constante, celui qui a récemment affronté Andy Carroll sur le rectangle vert veut désormais profiter du momentum et s’accorder une chance dans le monde professionnel: “J’ai déjà un bachelor en poche, je mets de côté la vie professionnelle pour le moment. C’est maintenant que ça se joue. Pour l’instant, je suis uniquement semi-pro et je pousse pour essayer d’être 100% professionnel dans le foot”. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Les performances de Matthew Bowman sont à suivre dans notre rubrique hebdomadaire des Genevois de l’étranger.

“Un corner, ici, c’est comme un penalty”, déclare Matthew Bowman
Photos (sauf SFC): Bath City FC










