« Nous sommes enfin pris au sérieux »

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En terminant champion d’automne du groupe 2 de 2ème ligue, Rapid-Montreux vient d’écrire la plus belle page de son histoire et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Depuis toujours dans l’ombre de son voisin du FC Montreux-Sports, le FC Rapid-Montreux est en train d’inverser une dynamique vieille de plus de 50 ans. Comme un symbole, ce derby remporté le 29 octobre dernier (4-2) : « C’est la première fois de toute notre histoire que nous battons Montreux-Sports en match officiel », se réjouissent le président Benjamin Moine et son bras droit Mario Gori. Deux hommes passionnés et fous de leur club, preuve en est la présence du vice-président au café du Majestic Hôtel, alors qu’il sort tout juste de l’hôpital avec sa main gauche bandée : « Je ne pouvais quand même pas manquer ce rendez-vous ». Sa blessure ? « Je me suis blessé à la main en allant récupérer un ballon dans la descente du stade de Chailly, il y a trois mois, le jour du derby. Heureusement que nous avons gagné », ajoute-t-il tout sourire. Quand on vous parle de symbole…

Mario Gori et Benjamin Moine, vice-président et président du FC Rapid-Montreux.

Passation de pouvoir

Créé en 1966 par un groupe de jeunes italiens, le Rapid-Montreux a toujours eu pour habitude de végéter en 4ème ligue. « Nous avions tout de même fait une saison en 2ème ligue en 1998, mais nous étions tout de suite retombés », rappelle Mario Gori avant d’ajouter : « Il y a une dizaine d’années, nous nous prenions des 9-0, nous perdions quasiment tous les matchs, puis Manu est arrivé… ». Emmanuel Zaccaria, plus connu sous le nom de « Manu », est l’entraîneur à succès de Rapid. Il vit déjà sa neuvième saison à la tête de l’équipe, alors qu’il a tout juste passé la trentaine. « Son arrivée a apporté une nouvelle dynamique au club, nous lui devons beaucoup », assure le président Benjamin Moine.

Sur les dernières saisons, le club ne cesse de progresser, que ce soit au niveau de sa structure avec un mouvement juniors florissant, ou au niveau des résultats de sa 1ère équipe. Après une première saison délicate en 2ème ligue, il y a deux ans, Rapid s’est hissé dans la première moitié de tableau la saison dernière, terminant même devant le grand rival Montreux-Sports. L’apothéose a été atteinte cet automne avec une première place glanée à la trêve, honorifique mais tellement significative. « Nous ne nous attendions pas à finir si haut, avoue le président. Néanmoins, nous avions l’objectif de faire mieux que l’année précédente. Manu a parfaitement renforcé l’équipe et la mayonnaise a pris ».

Rapid-Montreux compte une longueur d’avance sur le Racing Club Lausanne et Bosna Yverdon dans le groupe 2 de 2ème ligue. (Photo : Alain Schmitz)

Dans le même temps, Montreux-Sports se bat pour sa survie dans la catégorie. Une passation de pouvoir qui ne se retrouve pas que dans les résultats : « Avant, c’est toujours Montreux-Sports qui recrutait les meilleurs joueurs de Rapid, mais aujourd’hui la tendance s’est inversée », explique Mario Gori. « Nous sommes enfin pris au sérieux en tant que club, poursuit Benjamin Moine. Avant, Rapid n’était qu’une simple équipe, mais dorénavant, c’est un club solide et structuré ».

Ne pas brûler les étapes

Avec cette première place au classement, la 2ème ligue inter est évidemment devenue un sujet brûlant, mais elle n’en demeure pas une obsession. « L’important est de construire des bases solides pour le futur, assure Benjamin Moine. Nous allons encore renforcer le mouvement junior, puis à terme, nous espérons ainsi alimenter les actifs. Nous avons d’ailleurs créé une 2ème équipe qui joue les premiers rôles en 4ème ligue. Après, si l’équipe fait le travail et obtient sa promotion, on fera tout pour pouvoir évoluer un échelon plus haut ».

Cela ne dépendra évidemment pas uniquement du sportif, puisque l’aspect économique est crucial pour évoluer en 2ème ligue inter, avec notamment de nombreux déplacements prévus à l’autre bout du lac. « Si nous souhaitons monter, nous devrons trouver de plus gros partenaires en comptant notamment davantage sur l’aide des acteurs économiques de la région », explique le président. Actuellement, Rapid doit son salut à un président généreux, et à une forte activité locale. « Nous sommes présents à la plupart des manifestations organisées ici à Montreux. Nous étions à la cabane des bûcherons, nous serons au loto, dès qu’il y a quelque chose, nous y participons ».

L’équipe en fête après la victoire 3-1 contre Vevey II, lors du dernier match du premier tour. (Photo: Alain Schmitz)

Même si la première équipe venait à monter, Benjamin Moine et Mario Gori ne changeront en aucun cas ce qui à leurs yeux représente la plus grande richesse de Rapid : la camaraderie. « Avoir une bonne équipe, c’est génial, mais avoir une équipe de copains est selon nous primordial. On a renforcé l’équipe notamment lorsque nous sommes montés en 2ème ligue, mais nous avons fait attention à préserver cette ambiance de potes ». Les Montreusiens étaient d’ailleurs à Malaga le week-end dernier pour leur traditionnel voyage d’équipe avant de reprendre les choses sérieuses et d’entamer le gros de leur préparation.

Les six prochains mois seront cruciaux concernant la suprématie de la ville de Montreux. Rapid-Montreux pourrait frapper un grand coup en cas de promotion, alors que l’historique Montreux-Sports pourrait lui se retrouver deux ligues en-dessous, dans le pire des scénarios. Nul doute que ce second tour sera palpitant et que la date du dimanche 2 juin est déjà inscrite dans tous les agendas avec un derby retour qui pourrait se révéler décisif. 

 

Photo de couverture : Alain Schmitz

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