En tête de la LNB féminine à mi-championnat, Yverdon Sport féminin n’a jamais été aussi mûr pour une promotion. L’entraîneur Arnaud Vialatte garde son calme malgré tout.
Neuf points. C’est l’avance que compte Yverdon sur son dauphin, le FC Winterthur à mi-parcours. La formation nord-vaudoise reprend son championnat ce samedi 14 février à Wil, avec la ferme intention de ne pas laisser filer cette opportunité.
Proxifoot : Arnaud, leaders à la trêve, toi et tes filles comptez 11 points d’avance sur Winterthur, première formation qui ne figure pas parmi les actuels finalistes. Une occasion immanquable ?
Arnaud Vialatte, entraîneur principal d’Yverdon Sport féminin : “On se doit de finir tout en haut avec l’écart de points et le jeu proposé. Je reste convaincu qu’en maintenant cette ligne, nous pourrons atteindre le titre de champions. J’espère que ce sera le cas le plus rapidement possible. C’est potentiellement immanquable, mais on sait que le football va très vite”.
En plus de cette première place, l’équipe a effectué un parcours tout à fait honorable en Coupe de Suisse avec une élimination en huitième de finale aux tirs aux buts contre St-Gall. Qu’est-ce que l’équipe et le staff a retenu de positif dans cette expérience pour la progression du groupe ?
“On est maintenant habitués depuis la saison dernière à la Coupe et à affronter des équipes de ligue nationale, ce qui est toujours le petit su-sucre dans une saison de LNB. Ce match nous a démontré encore une fois que nous ne sommes pas loin et que nous travaillons dans la bonne direction. Bien sûr que l’on aurait pu faire mieux mais on aurait pu aussi faire moins bien. Je suis content de voir que l’on a mis à mal une équipe qui, à ce moment-là, était quatrième. Nous avons mis cette équipe en difficulté par notre hargne et agressivité mais aussi par notre organisation. Que du positif pour la suite”.
Qu’est-ce qui a fait la différence ce soir-là ?
“L’expérience du haut niveau et le calme dans des instants-clés comme les tirs au but. Mais nous avons aussi manqué de réalisme. Nous avons raté des occasions qu’on ne devait pas rater, et ça s’est joué aussi sur des faits de jeu. Nous avons du travail dans cette zone trois”.

Le groupe a axé sa préparation principalement sur le focus mental. @nkphoto001
Sur quels aspects as-tu plus particulièrement mis l’accent dans cette préparation prolongée après le renvoi du match de reprise le week-end dernier contre le FC Sion ?
“Principalement sur le focus mental. Il faut toujours y aller étape par étape et ne surtout pas se voir en finale de promotion. On a d’abord insisté sur la préparation physique, parce que c’est ce qui va nous permettre d’être prêts à performer à haute intensité le plus longtemps possible. Ensuite, on a pris volontairement des gros adversaires pour nos matchs amicaux, ce qui allait nous donner des indicateurs aussi pour la suite. Et enfin, focus sur le deuxième tour avant de penser aux finales. Je n’en parle pas beaucoup, car on n’y est pas encore. Pour la partie mentale il était important de sectionner les différentes étapes dans la tête des joueuses. Sur le plan physique, nous avons fait avec les moyens du bord et les terrains à disposition”.
Qu’as-tu pris comme certitude supplémentaire avec ces matchs amicaux ?
“Ce genre de match est toujours très bénéfique. Cela permet de situer où nous en sommes. On est en phase d’apprentissage, et on travaille aussi des principes que l’on cherche à mettre en place face à ces équipes-là. Par exemple les sorties de zones. On les travaille de plus en plus. Plus on avance, plus on travaille précisément. Et plus on traite du concret sur le plan footballistique. Là on rentre dans une période où l’on doit être beaucoup plus précis sur ce qu’on propose, et on a mis l’accent dessus sur les premières semaines de travail. On a vraiment axé sur des éléments-clé : les touches, les coups de pied arrêtés, les sorties de zone et le bloc haut. Tous ces aspects ont été travaillés et mis en place contre ces équipes-là. On en ressort confiants et positifs. On a vu nos filles à l’écoute, concentrées et gérant un peu mieux la pression face à ces équipes-là. C’était le moment idéal pour les affronter et nous tester pour la suite”.

L’équipe n’a affronté que des formations de Women’s Super League en préparation. @juanjo_creation
L’équipe reprendra le championnat ce samedi 14 février à Wil mais affrontera ses deux poursuivants les plus proches dans le premier mois de compétition. L’occasion de mettre fin à tout suspense rapidement ?
“Bien évidemment que si tu gagnes contre ces adversaires-là ça accroît encore plus ton avance. Je ne prépare pas forcément spécifiquement ces matchs-là. J’ai conditionné aussi la préparation en pensant aux finales. Si tu veux être prêt pour celles-ci, tu ne peux pas caler une préparation pour être à 200% le 7 février. Même les moments de repos sont programmés afin d’être à 100% au mois de mai. Ce qui est sûr c’est qu’il y a une différence entre les filles et moi. S’il est vrai que je dois anticiper, elles doivent penser au championnat”.
T’attends-tu à une attitude particulière de vos adversaires du fait de votre première place mais aussi de votre large avance ?
“J’ai lu des articles que l’on était intouchables. Je ne sais comment l’interpréter. Est-ce que ces clubs vont absolument jouer le coup à 100%, ou au contraire libérer des joueuses ? Je ne suis pas dans la tête des autres coachs. Je sais que chaque équipe voit une victoire contre nous comme une source particulière de motivation. Dans la tête de nos adversaires, une victoire contre nous veut dire qu’ils sont capables de battre chaque adversaire. C’est certain que l’on est attendu. On a amené des éléments supplémentaires dans notre jeu que les autres équipes ont analysé. On a fait en sorte d’en amener toujours plus afin qu’ils soient surpris”.
Photo de couverture : nkphoto001
