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« J’ai toujours voulu jouer à l’étranger »

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Formée en Suisse, révélée à Yverdon puis à Grasshopper, Noémie Potier s’est engagée cet été avec le FC Nantes. À 20 ans, la Vaudoise aborde cette première expérience à l’étranger comme un nouveau chapitre de sa carrière.

Il y a des trajectoires qui s’accélèrent d’un coup. Celle de Noémie Potier en fait partie. À tout juste 20 ans, la joueuse au profil offensif, capable d’évoluer au milieu comme en attaque, a quitté le championnat suisse cet été pour s’engager avec le FC Nantes. Un transfert qui la propulse dans le football français, l’un des meilleurs championnats du monde. Portrait de l’un des nouveaux visages de notre rubrique des Vaudois de l’étranger.

Un projet et un coach qui ont fait la différence

La joueuse vaudoise a toujours impressionné par sa précocité. Formée à l’ES Malley, à Yverdon Féminin et au Lausanne-Sport, elle a franchi très tôt les échelons pour se retrouver, en 2021, au plus haut niveau helvétique du côté d’Yverdon Sport, alors qu’elle était âgée d’à peine 16 ans. Elle y disputa deux exercices avant de rejoindre le Grasshopper Club Zürich durant l’été 2023. Après trois saisons en terre zurichoise (44 matchs de championnat, six buts), Noémie Potier a tapé dans l’œil au-delà des frontières. Le déclic, Noémie Potier le portait en elle depuis longtemps. Partir tenter sa chance ailleurs n’était pas un hasard, mais un objectif mûrement réfléchi. « J’ai toujours voulu jouer à l’étranger. J’ai commencé très jeune en Suisse au niveau pro et j’ai énormément appris ici, c’était le moment de mettre ça à exécution ailleurs », explique-t-elle.

Malgré son jeune âge, Noémie Potier dispose d’une solide expérience dans notre championnat national.

Reste que le déclencheur concret est venu de Nantes. C’est Pierre-Alain Picard, nouvel homme fort des Nantaises, qui a approché en premier l’attaquante vaudoise. « C’est l’entraîneur de Nantes qui a contacté mon agent et expliqué le projet, j’ai beaucoup aimé l’approche du coach », confie-t-elle. À Nantes, la Vaudoise débarque dans un club qui disputait seulement sa deuxième saison dans l’élite française, sortant d’une saison historique, conclue à la quatrième place de la saison régulière et par une élimination au stade des demi-finales des play-offs. Les Nantaises n’ont cessé de renforcer leur effectif avec un mercato estival très actif dans le sens des arrivées. « J’ai bien découvert Nantes, je me suis bien intégrée au groupe, et il y a beaucoup de nouvelles joueuses, donc nous sommes toutes dans le même bateau », raconte-t-elle.

L’installation, elle, n’a pas été le plus simple. Comme souvent lorsqu’on change de pays, les tracas du quotidien ont pris le pas sur le terrain pendant quelques semaines. « J’ai eu un peu de mal à trouver un logement. Ça a pris un mois pour trouver un appartement. Nantes, c’est une jolie ville et il y a ce côté historique », sourit-elle. Malgré ces débuts mouvementés, la joueuse savoure. Le recul, en revanche, elle ne se l’autorise pas encore. Repenser au chemin parcouru depuis l’ES Malley jusqu’au football français ? Trop tôt, quand on est happée par le présent. « C’est difficile de réaliser, de se poser deux minutes et de voir le chemin parcouru, parce qu’actuellement je suis en plein dedans. Il n’y a pas trop le temps de cogiter, il faut être focus sur le moment présent », glisse-t-elle.

Trouver ses marques et viser l’équipe nationale

Sur le plan sportif, Noémie Potier ne se cache pas : l’adaptation à un nouveau championnat demande du temps et l’exigence a grimpé d’un cran. Lucide, elle mesure le travail qu’il lui reste à accomplir. « Ce début est compliqué. Il y a beaucoup de choses à améliorer dues au niveau. Par contre, on arrive à créer notre propre identité de jeu sans s’adapter à l’adversaire, même s’il y a encore deux, trois choses à travailler. Je suis assez contente de ma préparation, il faut juste travailler offensivement pour être encore plus incisive », analyse-t-elle. Une philosophie tournée vers l’engagement, sans jamais brûler les étapes. « On travaille ensemble, chaque match on le prend comme si c’était le dernier, et on avance pas à pas. Donner le meilleur de soi-même, c’est le plus important », insiste-t-elle.

De bonnes performances à Nantes pourrait ouvrir les portes de la sélection nationale à Noémie Potier.

Passée par les équipes de Suisse U-16, U-17 et U-19, la joueuse au double passeport suisse et panaméen a donc déjà connu les couleurs helvétiques chez les jeunes. Chez les A, en revanche, rien n’est tranché : le choix entre la Suisse et le Panama reste ouvert. « Je ne peux pas encore me prononcer là-dessus, parce qu’il n’y a aucune information de sortie et que rien n’est encore sûr », explique-t-elle. Avant de penser à la sélection, ses ambitions restent avant tout tournées vers son épanouissement à Nantes. Pour que sa première saison soit réussie, il faudra passer par des réussites collectives, tout autant que par une progression personnelle. « Il faudra m’améliorer, apprendre constamment de nouvelles choses, aider l’équipe, réaliser de bonnes performances et individuellement me donner à 100 % pour aider l’équipe », résume-t-elle.

Avec un regard toujours tourné vers le haut, Noémie Potier, qui a récemment fêté son 21e anniversaire, n’a pas fini de faire parler d’elle. En France comme, peut-être un jour, en sélection.

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